L’US Air Force veut accélérer et étendre l’acquisition de drones XQ-58A Valkyrie

Le programme Valkyrie, basé sur le drone XQ-58A de Kratos, est-il en passe de devenir un programme majeur de l’US Air Force ?

Le fait est, alors que le drone, qui est une adaptation d’un drone cible de la société Kratos, spécialisée dans ce domaine, vient d’effectuer son second test en vol, Will Roper, le directeur des acquisitions de l’US Air Force, semble déterminé à trouver les moyens pour accélérer et étendre le programme, dans le but de fournir un « Loyal Wingman » opérationnel au plus vite aux escadrons opérationnels.

Pour cela, il entend user de fonds d’urgence, pour acquérir rapidement 20 à 30 autres drones, de sorte à pouvoir étendre et accélérer les tests et le prototypage du système, en y intégrant capteurs et systèmes d’armes, et en étudiant comment l’appareil peut agir dans un combat moderne. Capable d’atteindre des vitesses supersoniques et disposant d’un rayon d’action de plus de 1000 km, le XQ-58A est assurément taillé pour accompagner les chasseurs modernes.

Mais c’est surtout son prix unitaire qui fait sa spécificité. En effet, son constructeur, Kratos, estime qu’une commande de 100 appareils permettrait de faire baisser le prix d’acquisition à 2 millions de $, faisant entrer le drone dans la catégorie des équipements réutilisables, mais sacrifiables. Cette solution prend particulièrement d’intérêt dès lors qu’il s’agit d’éliminer des systèmes de déni d’accès, par une attaque saturante, attaque qui aurait un cout important en matière d’avions, et de pilotes, en user des technologies actuelles (F35 compris).

De fait, ce qui ne devait être qu’un projet d’étude, est sur le point de se transformer en projet de première importance pour l’US Air Force, au point qu’elle songe, désormais, à intégrer des capacités d’Intelligence Artificielle, pour permettre au Valkyrie d’évoluer avec des appareils pilotés, en identifiant ce qui est attendu de lui, et même en anticipant les besoins des équipages. Dès lors, le programme XQ-58A fusionnerait avec le programme « Skyborg », pourtant prévu sur un planning bien plus long.

Le déroulé du programme Valkyrie peut apparaitre comme l’antithèse des programmes des l’US Air Force ces 30 dernières années. Plutôt que de bâtir le programme sur un ensemble d’objectifs et de technologies à développer, il repose sur des briques technologiques existantes, fiables, et bon marchés, et montre de remarquables capacités à évoluer rapidement, au point d’en surprendre même les chefs de l’Air Force au Pentagone. De plus, le programme est maintenu dans un planning très contraint, avec des ambitions technologiques accessibles, de sorte à obtenir des bénéfices opérationnels rapides, même s’ils ne seront pas de très longue durée.

En effet, lorsqu’entreront en service les UCAV de seconde génération, comme l’Okhotnik S-70 russe, le CH-7 chinois, ou le RC du programme SCAF, les Valkyries seront dépassés par les capacités d’emport, la furtivité et les performances des nouveaux systèmes. Mais, dans la fenêtre intermédiaire, c’est à dire entre 2025 et 2035, l’US Air Force aura un avantage tactique flagrant, pour venir à bout des systèmes de déni d’accès modernes, tout en apportant aux forces un retour d’experience précieux sur la réalité du combat collaboratif avions-drones.

Il s’agit, dès lors, d’un programme qui devrait être étudier rapidement, et avec attention, tant par les états-majors européens, que par les industriels, car les forces aériennes du vieux continent vont rapidement être confrontées à la même problématique que celle que le Valkyrie se propose de solutionner …

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