La commande de Rafale des EAU pourrait engendrer de nouveaux contrats à court terme

La commande de 80 avions Rafale signée vendredi dernier par les Emirats Arabes Unis a profondément boulversé la dynamique industrielle autour de l’avion de combat français, en sécurisant la pérennité et la production de la ligne d’assemblage sur les dix années à venir, et en mettant sur un pied d’égalité le Rafale et le F35, Abu Dabi ayant confirmé qu’il était toujours déterminer à acquérir les 50 avions de combat américains auprés de Lockheed-Martin pour évoluer aux cotés du nouvel avion français. Mais cette commande met également sous pression plusieurs partenaires de la France, qui avaient signifié une intention potentielle de commande de l’appareil, alors que la ligne de production de Merignac passera dans les mois à venir un à rythme de production de 3 avions par mois, considérée comme la limite haute de celle-ci. En effet, plusieurs pays, comme le Qatar, l’Égypte, l’Inde ou l’Indonésie, sont actuellement en pour-parler avec Dassault Aviation, la Team Rafale et les services de l’Etat français, pour d’éventuelles commandes supplémentaires.

Le Qatar fut le second client à commander l’avion de combat français en 2015, peu après l’Egypte. Les 24 appareils commandés initialement furent complétés en 2017 par la levée d’une option pour 12 appareils supplémentaires, ainsi que la modernisation au standard F3R de l’ensemble de la flotte. A cette occasion, Doha prit également une nouvelle option, cette fois sur 36 appareils supplémentaires. Dans le même temps, le petit état gazier commanda 24 Eurofighter Typhoon et 36 F-15QA pour compléter sa flotte de chasse, ce qui laissait alors peu d’espoir à la France de voir cette option se réaliser. La situation est désormais toute autre avec la commande des 80 Rafale Emirati, Abu Dabi étant le principal concurrent géopolitique de Doha dans le Golfe Persique. De fait, Doha pourrait être rapidement tenté de passer une commande supplémentaire en levant l’option de 36 appareils au standard F4, de sorte à aligner 72 Rafale dans une flotte de 132 avions de combat modernes, soit autant que les 130 Rafale et F35 visés par les EAU.

Le Qatar a toujours une option sur 36 Rafale supplémentaires, option qui pourrait être lever sur l’autel de la compétition que se livrent Doha et Abu Dabi dans le Golfe Persique

Pour Le Caire, l’intérêt concernant le standard F4 avait été clairement annoncé alors même que le pays commandait 30 Rafale supplémentaires au printemps dernier, avec l’objectif annoncé d’opérer à terme une flotte de 80 appareils de ce type. Pour les forces aériennes égyptiennes, qui mettent également en oeuvre des F-16 américains mais aussi des Mig-29 et des Su-35 russes, l’intérêt du Rafale est double. En premier lieu, il permet de communiquer aussi bien avec des plate-formes américaines qu’avec des plate-formes russes, la France étant moins rigide que les Etats-Unis dans ce domaine. En second lieu, du fait de l’acquisition de materiels russes, et notamment de chasseurs Su-35 et Mig-29, Le Caire se sait pertinemment exclue de la possibilité d’acquérir à court ou moyen terme le F-35 américain, et le Rafale, dans sa version F4, offre précisément des capacités comparables à celle de l’avion américain.

L’Inde est également l’un des prospects les plus sérieux pour Dassault Aviation, et ce à plusieurs niveaux. En premier lieu, les forces aériennes indiennes pressent New Delhi de commander en urgence un second lot de 36 Rafale, afin de compléter les deux escadrons en cours de formation avec les 36 premiers appareils commandés, et dont la livraison est presque intégralement effectuée. En effet, ces appareils constituent désormais un outil critique aux mains des Forces aériennes Indiennes, pour tenir en respect leurs homologues chinoises et pakistanaises qui, elles aussi, se modernisent à grandes enjambées, avec l’arrivée d’appareils très modernes comme le J-20 ou le JF-17 BlockIII. Dans le même temps, l’avion français est engagé dans une compétition face au Super Hornet américain pour équiper les futurs porte-avions indiens, tout en participant à la compétition MMRCA 2 qui porte sur l’acquisition de 114 appareils légers ou moyens en production locale.

L’Indian Air Force ne cesse de réclamer une seconde commande de 36 Rafale afin de renforcer ses capacités face aux forces aériennes pakistanaises et chinoises.

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