Le F/A-18 E/F Super Hornet s’éloigne encore un peu plus de l’Allemagne

Lorsqu’en mars 2020, Berlin annonçait son intention d’acquérir 45 avions de combat F/A 18 E/F Super Hornet et EA-18G Growler aux cotés de 90 nouveaux Eurofighter Typhoon pour remplacer, entre autres, les Tornado de guerre électronique et ceux dédiés aux missions de partage nucléaire de l’OTAN, les autorités allemandes savaient qu’elle prenait un risque important, en particulier pour ceux qui, après elles, devront mettre en oeuvre ce programme d’acquisition. En effet, le Super Hornet de Boeing, pas davantage que l’Eurofighter Typhoon, n’étaient alors prévus d’être en mesure de recevoir la nouvelle bombe nucléaire gravitationnelle employée par l’OTAN dans ce cadre spécifique, la B-61-Mod12. Afin de respecter ses engagements pris auprés de Paris de ne pas se doter de F-35A pour cette mission, au grand damn des Etats-Unis et de l’OTAN, les autorités allemandes avaient alors fait le pari qu’avec cette commande potentielle, Washington serait contraint d’intégrer le Super Hornet dans le programme de certification de la B-61-12, afin de ne pas perdre son plus précieux allié dans cette mission en europe.

Depuis, beaucoup d’eau a passé sous les ponts, avec la victoire de Joe Biden face à Donald Trump outre-atlantique, et celle de la collation de centre-gauche menée par Olaf Sholtz face à la CDU d’Angela Merkel. Pourtant, pour ce qui est de dossier précis, la situation est aujourd’hui exactement la même qu’elle ne l’était il y a bientôt 2 ans à l’annonce de l’arbitrage allemand en faveur sur Super Hornet. En effet, dans une mise à jour de l’organisme américain pilotant les programmes nucléaires aussi bien civils que militaires publiées en Novembre, la NSSA expose clairement la liste des appareils qui seront effectivement en mesure de transporter la bombe nucléaire modernisée américaine, dont le F-15E, le F-16 C/D, le B-2 Spirit, le F-35 et le B-21 Raider, ainsi que, chose interessante, le Panavia Tornado. En revanche, il n’est nullement fait référence au Super Hornet, ni aujourd’hui, ni à l’avenir.

Le F35 est aujourd’hui l’appareil désigné pour la mise en oeuvre de la B-61Mod12 au sein de l’OTAN

Cette liste d’appareils susceptibles de mettre en oeuvre la munition nucléaire de 75 kt pose donc un important problème à Berlin, qui voit ses espoirs de pouvoir acquérir des Super Hornet pour rester dans le programme de partage nucléaire de l’OTAN sérieusement altérés. En outre, considérant que le F-15E n’est pas proposé à l’exportation, et que Berlin n’envisagera probablement jamais d’acquérir des F-16 pour cette mission, il ne reste guère que deux solutions aux autorités allemandes dans ce dossier, soit prolonger la vie opérationnelle des Tornado, ce qui est hautement improbable, soit se tourner vers l’acquisition d’un flotte de F-35A, comme Washington et Bruxelles ne cessent de faire pression pour que ce soit le cas.


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