Une nouvelle version du chasseur embarqué lourd chinois J-15 bientôt en service ?

Comme pour le chasseur de supériorité aérienne J-11 qui fut dérivé du Su-27, ou le chasseur bombardier J-16 dérivé du Su-30, le chasseur embarqué standard de l’aéronavale chinoise, le J-15, résulte d’une rétro-ingénierie d’un chasseur russe de la famille des Flanker, en l’occurence un Su-33 acquis auprés de l’Ukraine lorsque Pékin fit l’acquisition de la coque du porte-avions Varyag, laissé en friche dans les chantiers navals ukrainiens après l’implosion de l’Union Soviétique. Mais contrairement au J-11B, et surtout au J-16, le J-15 n’avait subit que peu de modernisation dans le processus de conversion, et souffrait de plusieurs défauts qui frappaient déjà son grand-frère soviétique, notamment un manque de fiabilité ayant entrainé de nombreux accidents. Pour autant, et en dépit de l’arrivée prochaine du chasseur furtif embarqué de nouvelle génération désigné pour l’heure sous le terme J-35, la Marine Chinoise continue de faire confiance à son chasseur bombardier lourd pour équiper ses porte-avions, qu’il s’agisse des 2 navires dotés de tremplins déjà en service, ou des futurs porte-avions dotés de catapultes Type 003, dont le lancement de la première unité devrait intervenir dans les prochaines semaines.

Pour cela, la Marine Chinoise a entrepris de concevoir une nouvelle version de son appareil, désigné à ce jour sous le code non officiel de J-15T, un appareil plus moderne et surtout capable d’employer les puissantes catapultes du futur porte-avions chinois pour décoller du pont d’envol à pleine charge. On savait toutefois bien peu de chose jusqu’à présent sur ce nouvel appareil, mais une photo récemment publiée sur les reseaux sociaux chinois montrant le chasseur tracté sur un taxiway, permet d’observer plusieurs changements importants. Eu égard à l’angle de la photo, et à la présence d’un tracteur devant l’avion, seuls quelques éléments sont visibles, comme de nouveaux pylônes en bout d’aile identiques à ceux du J-16 et permettant de fait d’embarquer le nouveau missile air-air à courte portée PL-10 bien plus performant que son ancêtre le PL-8, un nouveau capteur frontal infrarouge IRST, ainsi qu’un cône radar transformé, laissant supposer la présence d’un nouveau radar, très probablement doté d’une antenne AESA, comme tous les autres avions modernes chinois du J-10 au J-20.

Le cliché du J-15T sur le taxiway publié sur les RS chinois

Il est interessant de constater que la Marine Chinoise fait le choix d’une flotte composée de deux modèles d’avions de combat pour ses porte-avions lourds, le J-35 furtif d’un coté, et le J-15T de l’autre. Ce dernier étant plus lourd, il disposera a priori d’une capacité d’emport supérieure et d’une allongée étendue par rapport au J-35, et jouera probablement le rôle de « camion de munitions » au profit des appareils furtifs, tout en restant à distance de sécurité puisque le J-15 n’est ni furtif, ni même discret. En outre, une version de guerre électronique, comparable au J-16D des forces aériennes chinoises, et pour l’heure baptisée J-15D, est également à l’essais, afin de conférer au groupe aérien embarqué des performances comparables à celles du GAE américain à bord des porte-avions de la classe Nimitz. Enfin, de nombreuses indications amènent à penser que les porte-avions chinois mettront également en oeuvre des drones de combat furtif de la famille du GJ-11, pour compléter la panoplie offensive du navire.

Sur le papier, donc, et d’ici l’entrée en service d’ici 2024 du premier porte-avions Type 003 et de ses nouveaux appareils de combat J-35, J-15T/D, GJ-11 et KJ-600 de veille aérienne, celui-ci disposera d’un potentiel opérationnel aéronaval n’ayant rien à envier à celui des porte-avions américains. Reste à déterminer le temps qui sera nécessaire aux marins chinois pour apprendre à mettre en oeuvre efficacement un tel outil, d’une complexité extraordinaire, qui plus est dans un contexte de compétition croissance avec le plus expérimentée des forces navales du moment, l’US Navy. Deux écoles s’affrontent sur cette question, entre ceux qui estiment qu’il sera nécessaire de plusieurs années, voire d’une décennie pour que la Marine Chinoise parviennent à employer efficacement cet outil, et ceux qui estiment que ce délais pourrait être beaucoup plus court, sur la base de la montée en puissance qui semble parfaitement maitrisée de la Marine Chinoise dans d’autres domaines, comme celui des sous-marins ou des navires de combat de surface. Une chose est certaine, le jour ou les Forces Navales de l’Armée Populaire de Libération s’estimeront parfaitement prêtes à défier l’US Navy, il est plus que probable qu’elles le feront clairement savoir …

Le J-35 sera la pièce maitresse du groupe aérien embarqué à bord des porte-avions Type 003 et ultérieurs de la Marine chinoise

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