La compétition fait rage entre Naval Group, Fincantieri et Damen pour les corvettes grecques

La compétition pour la construction et la livraison de 5 corvettes pour la Marine Helléniques pourrait bien être la redite de celle qui fit rage au sujet des frégates, et qui vit, finalement, Athènes arbitrer en faveur de la Frégate de Défense et d’Intervention ou FDI Belharra de Naval Group en septembre dernier, à l’issu de deux années de tractations intenses et de revirements sensationnels. Comme précédemment, en dépit des discussions avancées à ce sujet entre le constructeur français et les autorités grecques, les concurrents européens et américains de Naval Group sont déterminés à ne pas faciliter les négociations, à grand renfort de contre-propositions et de coups médiatiques. Aujourd’hui, donc, 3 modèles sont officiellement proposés à Athènes dans cette compétition portant sur la construction locale de 5 corvettes polyvalentes de 2.500 à 3000 tonnes et la modernisation des 3 frégates Meko 200HN en service au sein de la Marine helléniques : le Gowind 2500 de Naval Group, la Sigma 10514 de Damen et la Doha de l’italien Fincantieri, dérivée du modèle vendu au Qatar en 2016.

Les 3 modèles proposés à la Grèce

Longue de 102 mètres pour un deplacement de 2,500 tonnes, la Gowind 2500 de Naval Group est une corvette polyvalente très équilibrée et économique, déjà exportée en Egypte (4 unités), en Malaisie (6 unités allongées) et commandées par la Roumanie (4 unités) et les EAU (2 unités). Modulaire et polyvalente, elle emporte, en configuration standard, un canon de 76mm, 4 ou 8 missiles anti-navires à longue portée comme le MM40 Block 3C Exocet, 16 cellules verticales pour missiles anti-aériens MICA VL(NG), ainsi que 2 lance-torpilles triples pour torpilles anti-sous-marines légère Mu-90. Le navire dispose également d’un hangar et d’une plate forme pour mettre en oeuvre un hélicoptère de la classe 10 tonnes. Très équilibrée dans tous les domaines, la Gowind 2.500 est particulièrement efficace dans le domaine de la lutte anti-sous-marine, avec notamment l’excellent sonar tracté à profondeur variable CAPTAS-2 et un sonar de coque Kingklip, et dispose d’un puissant radar 3D SMART-S Mk2 de Thales. Cette confirmation, retenue par l’Egypte, n’est toutefois qu’indicative, puisque par exemple les corvettes émirati emportent 16 silos Mk56 pour missile ESSM, en lieu et place des cellules MICA VL, et un système SeaRam d’autodéfense.

La Gowind 2500 de Naval Group offre un excellent rapport performances-prix et des performances avancées notamment dans le domaine de la lutte anti-sous-marine et anti-surface

La Sigma 10514 du néerlandais Damen a des dimensions comparables à la Gowind, avec une longueur de 105 mètres pour un deplacement de 2.350 tonnes. Elle a été retenue à ce jour par la Marine Indonésienne qui commanda 2 navires à Damen pour former la classe Martadinata, et 8 navires de patrouille armés à longue endurance commandés par la Marine Mexicaine dérivés de ce même modèle. L’équipement proposé à la Marine Hellénique par Damen est strictement identique à celui des Gowind 2500 de Naval Group, avec 16 MICA VL, un canon de 76mm, 8 MM40 Exocet, et 2 tubes triples pour torpilles Mu90, adossés à un radar 3D Smart-S Mk2, et une suite sonar Kingklip/CAPTAS 2. La configuration de la section aviation est également identique.

La corvette Sigma 10514 est, en de nombreux aspects, parfaitement comparable à la Gowind. Le modèle proposé à la Marine Hellénique reprend d’ailleurs les mêmes composants et systèmes que la corvette de Naval Group

Dernières arrivées dans la compétition, les corvettes de la classe Doha de Fincantieri sont plus imposantes, avec une longue de 107 mètres et un deplacement de 3.250 tonnes. Elles sont également, au moins dans leur version exportées au Qatar, mieux armées, avec 2 systèmes Sylver 50 permettant d’accueillir 16 missiles anti-aériens à longue portée Aster 30 mis en oeuvre grâce au radar Kronos de Leonardo, aux cotés de 8 missiles anti-navires Exocet, d’un canon de 76mm et d’un système SeaRam. En revanche, le navire n’a pas été conçu pour la lutte anti-sous-marine, n’ayant ni sonar de coque ni de sonar tracté dans la version vendue au Qatar. En outre, elles sont plus chères que leurs homologues françaises et néerlandaises, avec un tarif annoncé de 2 Md€ pour 5 navires, contre 1,65 Md€ pour Damen et 1,7 Md€ pour Naval Group.

Les clés de l’arbitrage grec

Même si elle a ses qualités, l’offre de Fincantieri apparait donc pour le moins excentrée vis-à-vis des offres françaises et néerlandaises, qui elles répondent mieux aux besoins de la Marine Hellénique. En effet, celle-ci a déjà commandé 3 navires parfaitement capables dans le domaine de la Défense antiaérienne avec les FDI Belharra de Naval Group, pour contrôler la menace aérienne adverse, avec notamment un très puissant radar SeaFire 500 capable de créer une zone d’exclusion aérienne de 35.000 km2 par navire. En revanche, même si les FDI sont également d’excellentes plate-formes de lutte anti-sous-marine, le besoin dans ce domaine, et dans celui de la lutte anti-navire, nécessite une répartition plus large des moyens pour protéger la Mer Egée. En outre, comme dit précédemment, même si les Doha venaient à être équipées d’un système sonar, ces navires n’ont pas été conçus pour cette mission, et leurs performances seraient de fait limitées dans ce domaine.

Conçue pour la lutte anti-aérienne, les corvettes de la classe Doha souffrent en revanche de l’absence de capacités anti-sous-marine dans la version exportée au Qatar.

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