Le rapport qui fait mal à la Défense anti-missile US

Depuis les premiers travaux dans le domaine des systèmes d’interception de missiles balistiques, le Pentagone investit pas loin de 350 Md$ dans ce domaine spécifique destiné à protéger le sol américain, et dans moindre mesure, certains de ses alliés, contre des frappes de missiles balistiques potentiellement nucléaires. Depuis quelques années, le sujet s’est trouvé revitalisé par la résurgence des menaces stratégiques venues de Russie, de Chine mais aussi de Corée du Nord, disposant désormais de missiles balistiques certes intercontinentaux, mais aux capacités opérationnelles bien inférieures aux derniers modèles de missiles ICBM et SLBM russes et occidentaux. Pourtant, selon un rapport rendu public par la American Physical Society, une association regroupant de nombreux physiciens américains, les capacités actuelles de cette défense anti-missile US, et celles qui seront en service dans les 15 prochaines années, seraient dans l’incapacité de protéger le sol américain d’une attaque par missile balistique, y compris menée par la Corée du Nord et ses systèmes de génération antérieure.

Selon ce rapport, si des progrès ont été faits dans certains domaines, de nombreuses impasses subsistent pour apporter une défense effective contre les missiles balistiques intercontinentaux, en particulier en matière de densité des systèmes, des délais nécessaires pour la détection, l’identification et l’engagement des cibles, et la fenêtre effective d’intervention trop restreinte qui résulte de ces éléments pour mener une interception sure et efficace contre les menaces. Concrètement, si pendant les exercices, les simulations montrent effectivement une efficacité avérée des systèmes déployés, dans un cadre opérationnel ne permettant pas de lever les inconnues dans des délais comparables (a-t-on détecter un missile ou un lanceur spatial ? la chaine de commandement est-elle disponible ? les systèmes d’interception sont-ils placés au bon endroit ?), les capacités réelles et objectives d’interception seraient largement détériorées, y compris contre des systèmes d’arme relativement anciens ou datés téchnologiquement comme ceux mis en oeuvre par Pyongyang.

Le 10 octobre 2020 à Pyongyang, les autorités nord-coréennes ont présenté un nouveau missile balistique intercontinental ICBM mobile sur un véhicule lourd à 11 essieux.

Dans ce même rapport, l’APS estime que les solutions actuellement développées par la Missile Defense Agency, comme les armes à énergie dirigée et les systèmes d’interception spatiaux du programme Space-based Interceptor’s ne seront pas opérationnels avant une bonne quinzaine d’années. En outre, concernant ce dernier programme, l’APS estime que la densité de systèmes spatiaux nécessaires pour simplement couvrir la menace nord-coréenne est incompatible avec des investissements soutenables par le Pentagone. En conclusion, le rapport interroge sur la pertinence des investissements US dans ce domaine, sachant que d’autres domaines sont obligés de réduire ou reporter leurs propres investissements critiques pour entrer dans les contraintes budgétaires du Pentagone.


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