Les forces russes bien plus exposées à la guerre électronique et cyber qu’anticipé

Depuis le début des combats en Ukraine le 24 février, les armées russes ont montré un visage qui surprit jusqu’aux plus circonspects des analystes quant à la réalité de sa puissance militaire : faible moral, mauvaise coordination des forces, stratégie très contestable, logistique défaillante, mauvais fonctionnement des armes de précision, les révélations se sont succédées pour expliquer les échecs répétés de l’offensive russe face à une résistance ukrainienne bien plus modeste, et disposant d’un budget défense annuel 10 fois inférieur à celui de Moscou. Les plus surprenantes de ces révélations concernent la vulnérabilité des forces russes aux attaques cyber, ainsi que leur mauvaise maitrise du spectre électro-magnétique, considérés jusqu’ici comme des domaines de prédilection de la Russie et de la fameuse et pourtant très mal nommée doctrine Gerasimov.

Il est vrai que ces dernières années, les démonstrations de force des unités russes, tant dans le domaine cyber qu’en matière de guerre électronique, laissaient supposer d’un avantage important de la Russie dans ce domaine, contre l’Ukraine mais également contre l’OTAN. Ainsi, dans le domaine de la guerre électronique, les forces russes démontrèrent lors d’exercices leur capacité à altérer la précision du signal GPS et à détériorer les capacités de communication des forces alliées, que ce soit à proximité des frontières russes ou de leurs zones de déploiement, comme en Syrie. Certaines rumeurs non confirmées ont d’ailleurs fait état d’un brouillage exercé par une corvette russe à proximité des frégates françaises lors de l’opération Hamilton en 2018, ceci étant avancé pour expliquer le mauvais fonctionnement de certains missiles de croisière MdCN. Dans le domaine Cyber, les groupes de hacker russes se sont taillés une réputation d’efficacité ces dernières années, parvenant à infiltrer plusieurs administrations occidentales, mais également les systèmes d’information de très grandes sociétés, et sont même désignés responsables du piratage des boites mails du camps Démocrate lors de l’élection de 2016.

L’hypothèse d’un brouillage exercé par une corvette russe à proximité des frégates françaises a été avancée pour expliquer la défaillance de certains missiles MdCN lors de l’opération Hamilton pour frapper les installations chimiques syriennes

Cette perception d’excellence de la Russie a été par ailleurs exacerbée par la faiblesse relative des armées et des services occidentaux dans ces deux domaines. En effet, focalisées sur les interventions exterieures en Afghanistan, Irak ou en Afrique Sub-Saharienne, les armées occidentales ont longtemps sous-investi dans ces deux domaines après la fin de la Guerre Froide, et furent contraintes de réagir plus que d’agir une fois confrontées aux capacités révélées de la Russie. De fait, en amont du conflit Ukrainien, et même lors des premiers jours de combat, la majorité des analystes s’attendaient à ce que les armées russes prennent possession de l’ensemble du spectre Electro-magnétique en Ukraine, et neutralisent les systèmes de communication et de géolocalisation employés par les défenseurs ukrainiens. Il n’en fut rien, et il devint même rapidement évident que dans ces domaines, les ukrainiens faisaient au moins jeu égal avec l’adversaire russe.


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