Le programme de Réacteur Nucléaire transportable Pele du Pentagone prend son essor

Chaque jour, le Pentagone consomme, pour ses forces armées, 50 millions de litre de carburant, et ce chiffre pourrait plus que doubler en cas d’engagement majeur. Outre les couts exorbitants que représentent une telle consommation même pour un pays producteur de pétrole comme les Etats-Unis ,et l’impact de plus en plus problématique pour les quelques 100 millions de kg de CO2 rejetés chaque jours dans l’atmosphère, cette dépendance constitue également un casse-tête logistique permanent pour les forces américaines déployées hors du territoire, alors même que la Guerre en Ukraine a démontré l’immense vulnérabilité des chaines logistiques face aux systèmes d’armes modernes et à une infanterie motivée exploitant des techniques de guérilla efficaces. Par ailleurs, le problème ne pourra aller que croissant avec l’entrée en service de plus en plus de capacités opérationnelles liées à la production électrique, comme les armes à énergie dirigée, les véhicules à propulsion électrique ou hybrides, les systèmes informatiques, de détection et de communication de plus en plus puissants, et donc gourmands en énergie.

L’idée de déployer un mini-réacteur nucléaire pour produire l’énergie électrique nécessaire aux forces ne date pas d’hier aux Etats-Unis. Ainsi, le Pentagone avait lancé des le milieux des années 50 des études pour répondre à ce besoin spécifique, et les progrès techniques enregistrés ces dernières années ont permis de revigorer ce concept dès le début des années 2010. Il faudra toutefois attendre 2020 pour que la DARPA s’empare officiellement du projet, et finance une étude préalable pour la conception d’un réacteur nucléaire d’une puissance de 1 à 5 GW, capable d’être embarqué à bord d’un container 20 pieds aérotransportable. Trois entreprises furent sélectionnées pour mener ces recherches préalables, BWX Technologies, Inc en Virginie, Westinghouse Government Services de Washington D.C et X-energy dans l’Etat du Maryland, et le programme fut officiellement nommé « Programme Pélé », du nom de la déesse du feu et des volcans de la mythologie hawaïenne.

Le programme Pelé tel que présenté en 2020 par la DARPA

Mercredi 13 Avril, le Departement de La Défense américain a annoncé que le programme Pelé allait franchir une nouvelle étape, avec la construction d’un prototype par l’un des deux finalistes sélectionnés, en l’occurence BWX Technologies et X-Energy, l’attribution du contrat définitif devant intervenir dans les semaines à venir. L’objectif annoncé est de pouvoir entamer les tests du nouveau réacteur en 2024 sur le site de l’Idaho National Laboratory, et une démonstration opérationnelle dès 2025, selon le Dr. Jeff Waksman en charge de ce projet. A terme, les réacteurs Pélé pourront être aérotransportés par avion C-17 partout ou cela sera nécessaire pour soutenir les déploiements de forces américaines, et ainsi considérablement simplifier la chaine logistique pour soutenir ces efforts.


Le reste de cet article est réservé aux abonnés

Les articles en accès intégral sont accessibles dans la rubrique « Articles Gratuits« . Les abonnés ont accès aux articles Actualités, Analyses et Synthèses en intégralité. Les articles en Archives (plus de 2 ans) sont réservés aux abonnés professionnels.

A partir de 5,90 € par mois (3,0 € par mois pour les étudiants) – Sans engagement de durée.


Related posts

Meta-Défense

GRATUIT
VOIR