Top Gun : Maverick, le film tant attendu par les forces aériennes occidentales

Il est rare qu’un film ait eu à lui seul un impact aussi significatif sur toute une génération de jeunes pilotes. De sa sortie en 1986, et aujourd’hui encore, l’immense majorité des candidats aux sélections de pilote militaire aux Etats-Unis, en Europe et plus globalement, dans l’ensemble du monde occidental, a été plus qu’influencée par ce film. Alors que les forces aériennes occidentales font face, pour la plupart et depuis plusieurs années, à un important déficit de candidats, l’arrivée prochaine de Top Gun : Maverick représente donc un espoir important et non dissimulé, alors même que les tensions dans le monde ne cessent de croitre, et que la composante aérienne des forces devient de plus en plus technique et requiert des profils en conséquence, et que les campagnes de recrutement peinent à y répondre ces dernières années.

En 1991, lorsque je participais aux sélections du cours pilote de l’aéronautique navale française, il n’y avait pas un candidat qui ne connaissait par coeur le film, et qui ne se rêvait pas à bord d’un de ces appareils. Plus tard, après avoir passé les sélections en vol et rejoint le tronc commun avec l’Armée de l’Air à Cognac, tous les élèves pilotes arboraient des blousons bardés de patch et des lunettes de soleil à peine mettaient ils le pied hors de la base. Quelques années plus tard, une fois en unité opérationnelle, je constatais que l’influence de film dépassait largement le petit milieu des pilotes, et avait touché l’ensemble des nouveaux venus, qu’ils soient volant ou pas, dans l’aéronautique navale, comme dans l’Armée de l’Air. Le phénomène fut d’ailleurs le même partout en Europe et aux Etats-Unis, avec un afflux massif et constant de candidats pour l’ensemble des spécialités liées à l’aéronautique pendant de longues années.

Le film chinois Sky Fighter de 2011 reprend de nombreux codes issus de Top Gun (1986), y compris dans la trame scénaristique

Pour la Marine Nationale comme pour l’Armée de l’Armée de l’Air, l’US Air Force et l’US Navy, ce film avait en effet constitué la meilleur campagne de promotion et de recrutement jamais organisée, et ce d’autant que son efficacité perdura pendant plus d’une décennie, et comme dit en introduction, continue même de se faire ressentir plus de 35 ans après sa sortie dans les salles obscures. D’ailleurs, de nombreuses armées ont tenté de reproduire la méthode avec d’autres films, que ce soit la Russie avec le récent Nebo (2021), la Chine avec Sky Fighter (2011), la Corée du Sud avec Windfighter (2013) ou la France avec les Chevaliers de Ciel (2005). Au delà du seul sujet des avions de chasse, les armées ont a plusieurs reprises soutenues des projets cinématographiques précisément pour susciter des vocations, comme ce fut le cas pour l’US Navy avec le film de sous-marins Hunter-Killer de 2018, mais aussi au travers de series télévisées, comme The Last Ship (2014-2018) et JAG (1995-2005) pour l’US Navy, ou l’excellent Sea Patrol (2007-2011) de la Marine Royale Australienne, sans oublier les deux séries françaises Les Chevaliers du Ciel (1967-1970 et 1988).


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