La Russie a testé son missile anti-navire hypersonique 3M22 Tzirkon à sa portée maximale de 1000 km

Les armes hypersoniques, et plus particulièrement les armées hypersoniques russes, alimentent depuis plusieurs années de nombreux débats, qu’il s’agisse de la vulnérabilité des grandes unités navales comme des systèmes aptes ou non à s’opposer à de telles missiles évoluant au delà de Mach 5. Moscou exploite depuis l’annonce de l’entrée en service du missile balistique aéroporté Kinzhal en 2019, cette inquiétude très perceptible en occident, souvent relayée par des médias manquant de recul sur le sujet. Pour autant, la Marine russe vient de lever un des doutes qui planaient depuis plusieurs mois quant aux performances annoncées de son missile anti-navire hypersonique 3M22 Tzirkon, en annonçant le succès d’un tir de validation s’étant tenu ce week-end en Mer Blanche, à la portée maximum du système, soit à 1000 km de distance de la cible.

Jusqu’à présent, tous les tests annoncés par la Marine russe s’étaient tenu à des distances plus réduites, allant de 200 à 450 km de portée, ce qui laissait planer un doute quant à la portée annoncée du Tzirkon à 1000 km. Ce week-end, la frégate Admiral Gorshkov, a donc levé l’ambiguïté, en tirant son nouveau missile à sa portée maximale à partir de ses silos standards UKSK. La semaine dernière, les autorités russes avaient par ailleurs confirmé leur intention de doter les batteries côtières russes K-300 Bastion du nouveau missile hypersonique aux cotés du P800 Onyx supersonique déjà en service, de sorte à leur conférer une capacité de frappe à longue portée et de dissuasion très efficace contre les flottes adverses.

La fregate Admiral Gorshkov (project 22350) a effectué samedi 26 Mai un tir de missile 3M22 Tzirkon à portée maximale de 1000 km en mer blanche

Pour autant, de nombreuses questions restent sans réponse concernant ce nouveau missile. En effet, s’il est admis qu’il soit équipé d’un propulseur à poudre pour l’éjection et la prise de vitesse initiale, et d’un Scramjet ou superstatoreacteur pour maintenir un vol de croisière hypersonique entre Mach 5 et Mach 8, à une altitude pouvant atteindre 28 km, sa capacité à pouvoir atteindre des cibles mobiles, même de grande taille comme un porte-avions, restent encore sujet à débat. En effet, un missile évoluant entre Mach 5 et Mach 10 engendre un important dégagement de chaleur sur ses parties saillantes, en particulier sur sa coiffe sensée abriter le système de guidage terminal. Pour résister à ces chaleurs extrêmes, il est donc nécessaire d’employer des alliages spéciaux qui s’avèrent particulièrement opaques aux ondes radars, sans même parler des systèmes de guidage infrarouge actuellement employés pour permettre aux missiles antinavires de repérer leur cible et de l’identifier si besoin.


Le reste de cet article est réservé aux abonnés

Les articles en accès intégral sont accessibles dans la rubrique « Articles Gratuits« . Les abonnés ont accès aux articles Analyses, OSINT et Synthèse en intégralité. Les articles en Archives (plus de 2 ans) sont réservés aux abonnés Premium.

A partir de 6,50 € par mois – Sans engagement de durée.


Related posts

Meta-Défense

GRATUIT
VOIR