SCAF : le torchon brule entre Dassault Aviation et Airbus DS

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’optimisme n’était pas de rigueur au sujet du programme d’avion de combat de nouvelle génération SCAF lors du Paris Air Forum. De toute évidence, les deux principaux acteurs du programme, le français Dassault Aviation et l’Allemand Airbus Defense&Space, ne sont pas pas parvenus à s’entendre sur la répartition des rôles autour du pilier Next Generation Fighter, le plus imposant du programme qui doit concevoir l’avion de combat au coeur du Système de Combat Aérien du Futur, ou SCAF. Et pour Eric Trappier, président de Dassault Aviation, il est désormais nécessaire que la décision soit prise au niveau politique, pour espérer sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le programme qui, selon lui, a déjà pris plusieurs années de retard, et ne devrait pas être en mesure de produire un avion de combat pleinement opérationnel avant 2050.

Pour Dassault Aviation, il n’est pas question de partager la direction du pilier NGF avec Airbus DS, comme ce dernier le réclame. Le groupe aéronautique français estime en effet avoir une expertise bien plus riche dans ce domaine, avec l’experience acquise autour du programme Rafale mais également des autres avions légendaires conçus par Dassault Aviation comme le Mirage 2000, le Mirage F1, le Super Etendard, le Mirage III/5 et le Mirage IV, alors que Airbus DS ne peut s’appuyer que sur une experience partielle concernant le programme Eurofighter Typhoon et Panavia Tornado, deux appareils conçus en grande partie conçus par l’industrie aéronautique britannique. En outre, Eric Trappier a rappelé que pour s’assurer la direction du pilier NGF, la France a accepté de céder le controle de 5 des 7 autres piliers du programme SCAF, de partager la direction du pilier propulseur avec l’Allemand MTU, et de confier à Berlin le pilotage du programme Eurodrone, avec les conséquences que cela implique. Bien que ce ne soit pas évoqué par le dirigeant français, il est également utile de rappeler que les entreprises allemandes ont obtenu 6 des 9 piliers du programme de char de combat MGCS franco-allemand, là encore dans le but d’équilibrer le partage industriel entre la France et l’Allemagne.

la decision d’Airbus DS de se tourner vers un moteur américain pour l’Eurodrone a encore renforcé la défiance de la BITD française vis-à-vis de la coopération franco-allemande

Pour Airbus DS et son PDG Guillaume Faury, la perception est toute autre. En effet, l’avionneur européen ne se considère en aucune manière en état d’infériorité technologique ou de savoir-faire vis-à-vis de son homologue français, d’autant que le groupe a développé ces dernières années des capacités avancées dans certains domaines clés, comme en matière de furtivité. En outre, relayant en cela les positions du Bundestag et de la Luftwaffe, il n’est pas question pour l’Allemagne de financer une programme dont elle n’aurait pas un controle complet, même si celui-ci devait être partagé avec Paris, y compris pour ce qui concerne les technologies embarquées. Enfin, même si cela n’est jamais ouvertement abordé, Berlin redoute qu’en cédant le controle du NGF à Dassault Aviation, le SCAF évolue vers un appareil répondant avant tout aux attentes et besoins des forces aériennes et aéronavales françaises, en minimisant les besoins exprimés par la Luftwaffe.


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