Le futur porte-avions sud-coréen pourrait être bien plus imposant que prévu, et doté de catapultes

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le programme de porte-avions sud-coréen ne manque pas de rebondissements. En octobre 2019, le chef d’Etat-major sud-coréen, le Général Park Han-ki, annonçait que l’administration du Président Moon Jae-In avait avalisé la construction de deux porte-aéronefs de 30.000 tonnes capables de mettre en oeuvre des avions de combat F-35B, version à décollage et atterrissage vertical ou court du célèbre appareil de Lockheed-Martin, notamment mise en oeuvre par l’US Marines Corps mais également la Royal Air Force, les forces aériennes d’autodéfense nippones et l’aéronautique navale italienne. Un an plus tard, en 2020, il n’était plus question de 2 porte-aéronefs dérivés de la classe Dokdo, mais d’un unique porte-avions de 40.000 tonnes capable d’emporter 16 F-35B et 8 hélicoptères. Le programme, désigné CVX, commençait alors à se montrer sous forme de maquettes lors des salons, alors que Seoul annonçait que la dernière tranche de 20 F-35 que le pays s’était engagé à acquérir, porterait sur la version ADAC/V F-35B.

Toutefois, le programme ne manquait pas de détracteurs, notamment au sein du parlement sud-coréens. Plusieurs parlementaires estimaient en effet que le navire serait à la fois très onéreux (2 Md$), et très vulnérable aux nombreux systèmes antinavires adverses potentiels. Outre le fait que ces crédits et moyens humains pouvaient s’avérer, selon eux, plus efficacement dépensés dans d’autres composantes de défense comme les missiles balistiques ou la defense anti-missile, le porte-avions ne répondait pas à la doctrine de défense sud-coréenne, basée sur des capacités de frappes préventives fulgurantes visant à décapiter le commandement, les communications et les capacités de frappes stratégiques de l’adversaire, en l’occurence la Corée du Nord. A l’occasion du changement d’administration au printemps 2022, et l’arrivée du président Yoon Seok-youl à la Maison Bleu, de nombreux facteurs tendaient à indiquer que le programme de porte-avions n’avait plus le vent en poupe à Séoul, et se trouvait même directement menacé.

Initialement, le programme CVX devait être équipé d’un pont droit, ne permettant de mettre en oeuvre que des appareils ADAC/V comme le F-35B

Ainsi, début juillet, les autorités du pays ont annoncé que la commande portant sur les 20 derniers F-35 sud-coréens ne porteraient pas sur la version B pouvant armer un porte-aéronef, mais sur la version A basée à terre, à l’instar des 40 premiers appareils commandés. A la fin du mois d’aout, dans le cadre de la préparation du budget de la Défense 2023, il est apparut que le programme CVX avait disparu des lignes de crédits, laissant supposer que l’administration Yoon Seok-youl s’était rangée aux avis des détracteurs du programme, alors que dans le même temps, ce budget prévoit une hausse sensible des investissements de défense, pour atteindre 51,9 Md$ en 2023 contre 48 Md$ en 2022. A terme, en 2027, Seoul prévoit de porter son effort de défense à 66 md$, soit 3,3% du PIB, contre 2,85% aujourd’hui. De fait, le destin du programme CVX semblait alors bel et bien scellé, y compris pour la presse locale. Mais les déclarations faites par le Chef d’Etat-major des Armées, le général Kim Seung-kyum,  le 19 septembre lors d’une conférence de presse, rebattent les cartes. En effet, le programme de porte-avions sud-coréen n’est nullement annulé. Au contraire, Séoul s’interrogerait sur l’opportunité de s’équiper d’un porte-avions plus imposant, et peut-être doté de catapultes.


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