Les armées US préparent leur évolution vers la guerre des drones avant 2030

L’emploi de drones militaires n’est pas un sujet récent. Déjà, pendant la seconde guerre mondiale, des tentatives de transformation de certains avions de chasse et bombardiers furent menées, ainsi que d’employer des systèmes télécommandés pour mener des reconnaissances à courte portée. Durant la guerre du Vietnam, les forces américaines employérent fréquemment des drones pour mener certaines missions de reconnaissance risquées, ou pour amener les défenses anti-aériennes nord vietnamiennes à se révéler. Mais la première armée qui fit un usage intensif et coordonné des drones au combat fut l’armée de l’air israélienne qui, en 1982 lors de l’opération Paix en Galilée, employa intensément des drones pour localiser et détruire les défenses anti-aériennes syriennes SA-2, SA-5 et SA-6 qui menèrent la vie dure aux forces aériennes israéliennes 9 ans plus tôt lors de la guerre du Kippour. Quelques dix années plus tard, inspiré par les succès israéliens, l’américain d’origine irakien Abraham Karem conçu le drone Predator, premier drone Moyenne Altitude Longue Endurance ou MALE américain, créant au passage l’entreprise qui aujourd’hui controle l’essentiel du marché des drones de combat en occident, General Atomics.

Que ce fut au Moyen-Orient, en Afghanistan, en Afrique ou en Asie-Pacifique, les drones de combat ont depuis pris part à une grande partie des opérations de surveillance et de frappes sur des théâtres de moyenne à basse intensité. Le MQ-1 Predator, d’une tonne et de 16 mètres d’envergure, capable d’emporter au mieux deux missiles Hellfire, céda sa place dix années plus tard au MQ-9 Reaper de 4,5 tonnes et de 20 mètres d’envergure, capable d’évoluer deux fois plus haut à des vitesses deux fois plus importantes que son prédécesseur, tout en emportant jusqu’à 8 missiles Hellfire ou 2 bombes guidés de 250 kg GBU-12 Paveway II. Dans le même temps, des drones plus imposants et évoluant plus haut apparurent, comme le MQ-4C Triton de 15 tonnes et 40 mètres d’envergure, spécialisé dans les missions de surveillance à haute altitude. A l’opposé du Triton, le turc Baykar développa le drone MALE léger TB2 Bayraktar qui se distingua en Libye, en Syrie, en Arménie et plus récemment en Ukraine. Malgré une envergure de seulement 12 mètres et une masse maximale de 700 kg, le petit drone de combat turc s’est distingué grâce à d’excellentes capacités de conduite d’artillerie, mais également grâce à un arsenal de munitions légères très efficaces, y compris contre des cibles blindées et retranchées.

Le MQ-9 Reaper offre des performances et des capacités d’emport considérablement plus importantes que le MQ-1 Predator

La dynamique drone est donc désormais fermement implantée dans les armées du monde entier. Toutefois, outre Atlantique, industriels et militaires sont engagés dans un effort aussi ambitieux que discret, afin de doter les forces armées américaines d’une nouvelle génération de drones aux performances et capacités sans commune mesure avec ceux actuellement en service de par le monde. Qu’il s’agisse de l’US Air Force, de l’US Navy, du Marines Corps et du l’US Army, toutes les armées américains, épaulées du departement de La Défense et de la DARPA, sont engagées dans une trajectoire destinée non seulement à intégrer la réalité drone à tous les niveaux de l’engagement, mais également à disposer de drones ayant une avance technologique marquée sur leurs éventuels compétiteurs, qu’ils soient sur le champs de bataille ou dans les salons feutrés des salons de l’armement, et ce avant la fin de la présente décennie.


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