Le MQ-Next, futur remplaçant du drone MALE MQ-9 Reaper, prend forme pour General Atomics

En service au sein de 10 forces aériennes, dont 9 sont membres de l’OTAN, le drone Moyenne Altitude Longue Endurance MQ-9 Reaper de l’américain General Atomics, constitue aujourd’hui la référence occidentale dans le domaine des drones de combat de cette gamme. Capable de tenir l’air pendant 15 heures à plus de 7 km d’altitude et à plus de 300 km/h tout en emportant 4 missiles air-sol Hellfire ou Brimstone, le Reaper est aujourd’hui une composante centrale des opérations menées par les armées occidentales, en particulier au dessus des vastes étendues en Afrique et au Moyen-Orient, tant pour surveiller les mouvements d’adversaires potentiels que pour mener des frappes d’opportunité. Depuis leur entrée en service, le Predator MQ-1 et surtout son successeur, le MQ-9 Reaper, tous deux produits par General Atomics, ont profondément transformé la conduite des opérations militaires sur des théâtres dits de basse et de moyenne intensité. En revanche, dès qu’il s’est agit de les employer au dessus de zones contestées disposant de systèmes anti-aériens, l’efficacité pourtant essentielle des drones MALE fut largement entamée.

Ce fut notamment le cas lors de la guerre civile Libyenne qui opposa les forces du gouvernement de Tripoli à celles du général Haftar contrôlant la région e Benghazi. Les forces des deux cotés disposant de systèmes anti-aériens SA-8 et SA-6 à courte et moyenne portée, ainsi que des systèmes plus récents comme le Pantsir russe, ces systèmes d’arme anti-aériens portèrent de rudes coups aux Predator et autres Wing Loong tentant de surveiller les forces adverses de part et d’autres. Même le redoutable Reaper ne parvint pas à évoluer en securité au dessus du ciel libyen, comme ce fut également le cas au dessus de la Syrie quelques mois plus tôt. La vulnérabilité des drones MALE et HALE actuels n’est cependant en rien une découverte récente pour l’US Air Force, qui entreprit dès 2019 de developper un remplaçant au MQ-9 capable précisément d’évoluer au dessus des espaces contestés présents et à venir. Ce programme, qui répond pour l’heure au nom de code MQ-Next, vise l’entrée en service de ce nouveau modèle de drones MALE entre 2030 et 2035, et entend disposer de capacités bien supérieures à celles des MQ-9 actuels.

L’arrivée des drones MALE comme le MQ-9 Reaper a offert de nombreuses capacités jusqu’ici hors de portée aux forces armées qui les mettent en oeuvre, comme ici pour l’Armée de l’Air dans le ciel malien

A l’occasion de la conférence 2022 de l’Air Force Association, le concepteur du Reaper et du Predator, General Atomics, a présenté sa vision de ce que pourrait être le prochain drone MALE MQ-Next de l’US Air Force (en illustration principale). Et force est de constater à la vue des ambitions affichées par l’avionneur américain, que cette future génération de drone entend offrir un gain capacitaire majeur vis-à-vis de la génération actuelle, bien au delà, par exemple, de ce qu’apporte aujourd’hui la 5ème génération d’avions de combat vis-à-vis de la 4ème. En effet, même si l’essentiel des recherches sur le sujet sont encore sous le sceau du secret, General Atomics a présenté certaines des capacités majeures de son MQ-Next. Ainsi, le drone sera conçu sous la forme d’un aile volante furtive de sorte à réduire autant que possible la surface équivalente radar de l’appareil pour permettre son utilisation au dessus des espaces contestés. De même, les équipements et armements seront intégrés à la cellule ou transportés en soute pour ne pas dégrader la furtivité de l’engin. Il sera par ailleurs doté d’une nouvelle propulsion hybride électrique améliorant les performances de son turboréacteur de sorte à lui conférer une autonomie de plus de 60 heures de vol, 4 fois plus que le Reaper, à une vitesse de croisière bien supérieure, lui offrant des performances inégalées en matière de distance franchissable de l’ordre de 35.000 km voire davantage, permettant potentiellement au MQ-Next de décoller de Hawaï, de traverser le Pacifique pour mener une mission de surveillance de 20 heures dans le ciel de la Mer de Chine, avant de revenir à sa base de départ, et ce sans ravitaillement en vol ni escale, et de manière des plus discrètes.


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