Avec l’AbramsX, l’américain General Dynamics veut répondre au KF-51 Panther allemand et au K2 Black Panther sud-coréen

A la suite de la guerre froide, nombreux furent ceux qui prédirent la fin du char de combat dans les engagements à venir. Pour beaucoup d’experts, en effet, les progrès des armes antichars d’infanterie ainsi que l’arrivée de nouvelles menaces comme les drones et les munitions rôdeuses, rendait les blindés lourds trop vulnérables sur le champs de bataille, tout au moins en comparaison des prix croissants de ces monstres d’acier. Les deux guerres d’Irak, de Tchétchénie ainsi que la guerre du Haut Karabakh semblaient en effet attester de cette vulnérabilité accrue, et la plupart des armées mondiales ont considérablement réduit le format de leurs flottes de chars, parfois au point d’envisager de la supprimer totalement comme ce fut le cas un temps au Canada. En dépit des lourdes pertes enregistrées de part et d’autre par les flottes de chars au cours de la guerre en Ukraine, celle-ci a cependant démontré, de manière incontestable, que le char lourd demeure aujourd’hui encore, et en dépit des menaces, le pivot de la manoeuvre offensive et défensive terrestre. De fait, dans une dynamique déjà entamée en amont de cette guerre, de nombreuses forces armées y compris en Europe, ont entrepris de moderniser voire d’étendre leurs parcs de chars, l’attaque russe contre l’Ukraine ayant agit tel un accélérateur/multiplicateur de cette dynamique.

Pour autant, si la demande grandit rapidement, l’offre, quant à elle, reste fortement empreinte de modèles développés dans les années 70 et 80, comme l’Abrams américain, le Leopard 2 allemand, le Challenger britannique et le Leclerc français, ainsi que les T-72, 80 et 90 russes et les Type 99 chinois, dans des versions largement modernisées. A ce jour, un seul modèle de char lourd moderne de conception récente est effectivement proposé sur le marché occidental, le K2 Black Panther du sud-coréen Hyundai Rotem, un nouveau venu sur ce marché qui se taille déjà d’importantes parts de marché, comme ce fut le cas en signant un contrat de 180 blindés pour la Pologne, avec une perspective de coproduction de 750 chars supplémentaires, soit le plus important contrat de chars lourds de ces 20 dernières années. Les modèles hérités ont également retrouvé des couleurs sur le marché international, notamment le M1A2 Abrams américain retenu par la Pologne, l’Australie et Taiwan, le Leopard 2 en Hongrie, ou le T-90 russe en Inde et en Egypte. Mais c’est bel et bien de K2 qui aujourd’hui attire les regards, le blindé sud-coréen étant souvent présenté comme le favori de compétitions en Norvège et en Egypte. Paradoxalement, les deux programmes majeurs visant à remplacer les chars occidentaux, le Main Ground Combat System franco-allemand et le programme visant à remplacer l’Abrams américain, ne prévoit de livrer les premiers blindés qu’au delà de 2035.

GDLS va présenté lors de l’AUSA 2022 aux cotés de l’AbramsX, le StrykerX doté d’un APS hard-Kill et d’un système de visualisation avancé; le Leonidas, un Stryker équipé d’un canon à Micro-onde pour compléter la gamme SHORAD, et le TRX Breacher, un véhicule robotisé de breachage de 10 tonnes.

C’est précisément dans ce créneau que s’est positionné l’allemand Rheinmetall avec le KF-51 Panther, un char présenté lord du salon Eurosatory 2022 qui défraya la chronique y compris outre atlantique. Synthèse des évolutions disponibles à ce jour, le Panther est présenté par son concepteur comme prêt à produire, et même comme une alternative à l’ambitieux mais onéreux programme franco-allemand MGCS, non sans de nombreuses arrières pensées industrielles il est vrai. C’est sur ce même créneau intermédiaire que l’américain General Dynamics, concepteur du célèbre Abrams mais également du véhicule blindé Stryker, entend lui aussi se positionner avec l’AbramsX, un concept qui sera présenté lors du salon AUSA qui se tiendra dans la banlieue de Washington du 10 au 12 octobre 2022.


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