L’Inde veut developper ses propres sièges éjectables pour faciliter l’exportation de ses avions de combat

S’il existe aujourd’hui sur la planète de nombreux constructeurs proposants des avions de combat, certaines technologies clés restent l’apanage d’une poignée de pays triés sur le volet, leur conférant un puissant levier de controle sur les flottes de chasse mondiales. Ainsi, seuls 5 pays maitrisent effectivement la technologie des turboréacteurs, les Etats-Unis avec General Electric et Pratt & Whitney, la Grande-Bretagne avec Rolls-Royce, la France avec Safran, la Russie avec EUC Saturn et Klimov, et la Chine avec Shenyang et Xian. Il en va de même de l’offre en matière de sièges éjectables, une technologie maitrisée en occident par 2 sociétés, le britannique Martin-Baker et l’américain Collins Aerospace, alors que la Russie avec NPP Zvezda et la Chine avec HTY (essentiellement des copies de modèles britanniques et russes) maitrisent effectivement cette technologie. De fait, les constructeurs de sièges éjectables offrent un puissant bras de levier à leur gouvernement, comme c’est le cas de Martin-Baker, employé depuis 40 ans désormais pour empêcher la vente d’avions de combat européens et asiatiques à l’Argentine par le gouvernement britannique.

De toute évidence, cette dépendance n’est pas du gout du gouvernement indien, d’autant que les sièges éjectables britanniques sont considérés comment particulièrement onéreux (de l’ordre de 400.000 $ contre 100.000$ pour un modèle russe), et que Collins Aerospace n’a pas jusqu’ici accepté d’équiper des appareils non américains, permettant à l’entreprise britannique de s’imposer sur 75% du marché mondial. Et ce d’autant que New Delhi espérait trouver en l’Argentine une première opportunité d’exportation pour son Tejas Mk1A, alors que Buenos Aires cherche à moderniser sa flotte de chasse sous embargo britannique depuis la guerre des Malouines, et qui ne parvient désormais plus qu’à faire voler une poignée de A4 Skyhawk et peut-être quelques Super Etendard, après que Londres ait systématiquement posé son veto depuis 40 ans sur les possibles exportations vers l’adversaire d’hier. Au point que désormais, l’Argentine envisage de s’équiper de JF-17 sino-pakistanais, pouvant potentiellement être équipés de sièges éjectables chinois, au détriment des offres sud-coréennes (FA-50), israéliennes (Kfir C7) et Indiennes (Tejas Mk1A), ne laissant comme seule alternative occidentale que les F-16 américains équipés du sièges ACE II de Collins.

La Chine est l’un des 4 pays disposant d’une offre de siège éjectable pour avions de combat

Quoiqu’il en soit, le géant aéronautique indien HAL aurait entamé les consultations afin de créer une Joint Venture pour developper une offre de siège éjectable nationale, qui se voudrait économique et débarrassée d’interférence étrangère, que ce soit pour les besoins de ses propres forces aériennes comme pour soutenir l’exportation de ses modèles. Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur le sujet, si ce n’est qu’il s’agit, comme dit précédemment, à la fois de disposer d’un modèle plus économique que ceux proposés par Martin-Baker, et débarrassés des contraintes de licence d’exportation, afin de soutenir la compétitivité budgétaire et politique des offres indiennes en matière d’avions de combat sur la scène internationale. On notera, par ailleurs, qu’un effort similaire est entrepris afin de developper un turboréacteur performant et fiable de facture nationale, alors que les Tejas MK1 sont équipés de F404 américains, et que le Tejas Mk2 sera lui équipé de F414, domaine dans lequel le français Safran semble en bonne position pour accompagner l’effort de New Delhi.


Le reste de cet article est réservé aux abonnés

Les articles en accès intégral sont accessibles dans la rubrique « Articles Gratuits« . Les abonnés ont accès aux articles Analyses, OSINT et Synthèse en intégralité. Les articles en Archives (plus de 2 ans) sont réservés aux abonnés Premium.

A partir de 6,50 € par mois – Sans engagement de durée.


Related posts

Meta-Défense

GRATUIT
VOIR