La Corée du Sud est-elle une menace pour l’industrie de défense européenne ?

Depuis quelques années, un nouvel acteur est apparu sur la scène internationale des exportations d’armement. Alors que la Corée du Sud exportait moins de 1 Md$ d’équipement au début des années 2010, elle a enregistré, en 2021, plus de 10 Md$ de prise de commandes, et l’année 2022 semble encore plus prometteuse, notamment avec une succession de contrats majeurs avec la Pologne, mais également d’autres succès en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Le fait est, aujourd’hui, l’industrie de défense sud-coréenne est devenue un partenaire de poids, que ce soit dans la sphère occidentale y compris face aux Etats-Unis et aux Européens, et dans la sphère non-alignée, face aux européens mais également à la Russie. La croissance rapide de la présence sud-coréenne, notamment dans certains domaines clés pour les entreprises de défense européennes, comme les véhicules blindés, l’artillerie, les missiles et les sous-marins, vient désormais directement menacer les exportations européennes, elles-mêmes dépendantes de leurs exportations pour garantir leur pérennité.

Il faut dire que l’offre sud-coréenne en matière d’exportation d’armement ne manque pas d’atours susceptibles de séduire leurs éventuels clients. D’une part, ceux-ci sont bien souvent reconnus comme performants, comme c’est le cas du désormais célèbre système d’artillerie autotracté K9 Thunder, en service depuis le début des années 2000, et exportés vers 8 forces armées, dont 5 membres de l’OTAN (Estonie, Finlande, Norvège, Pologne et Turquie pour plus de 600 exemplaires). Concurrent direct du Pzh2000 allemand et du M109 américain, le K9 offre en effet des performances qui n’ont rien à envier à ses deux compétiteurs, que ce soit en terme de mobilité, de protection et de puissance de feu, grâce à un canon de 155mm/52 calibres alimenté par un système de chargement automatique à 48 coups, capable de soutenir une cadence de tir soutenue de 6 à 8 tirs par minutes.

Puissant, bien protégé et peu onéreux, le K9 Thunder a déjà séduit 5 pays européens

Le second argument clé mis en avant par Séoul n’est autre que le prix de ses équipements, à l’achat comme à la mise en oeuvre. Ainsi, le K9 est proposé à un tarif de 5 à 6 m$, soit plus de moitié moins cher que ses principaux concurrents occidentaux Pzh2000 et M109, et à un tarif proche de celui des versions exportés du 2S19 Msta-s russe, pourtant sensiblement moins performant. Il en va de même du char de combat K2 Black Panther, considéré par certains comme le plus équilibré des chars de combat modernes, proposé à la vente autour de 8 m$ l’unité, là encore moitié moins cher que les Leopard 2 allemands et les M1A2 Abrams américains, certes plus lourds et probablement mieux protégés, mais également moins mobiles. Cette agressivité en terme de tarif ne concerne pas uniquement les blindés, les sous-marins Dosan Anh Changho sud-coréens, des navires parfaitement modernes de 3700 tonnes, sont proposés à l’exportation sous la barre du Md$, soit le même tarif que le Type 212CD allemand, pourtant 30% plus léger, et dépourvu de système de lancement vertical de missiles pouvant accueillir missiles de croisière et balistiques à changement de milieu.


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