La Grande-Bretagne n’aurait pas les moyens de ses ambitions de défense

Ces derniers mois, les autorités britanniques ont fait montre d’un volontarisme, ou tout du moins d’ambitions affichées, que certains qualifiaient d’exemplaire en matière de défense. Ainsi, en septembre, avant le départ de Boris Johnson du 10 Downing Street, le secrétaire à la défense Ben Wallace annonçait fièrement qu’il entendait amener l’effort de défense britannique à 100 md£ d’ici la fin de la décennie, et de le maintenir à 3% du PIB. Il fallait d’ailleurs au moins cela pour financer l’ensemble des programmes promis par le gouvernement britannique, qu’il s’agisse de l’avion de combat Tempest, des frégates Type 31 et Type 32, de la nouvelle classe de sous-marins nucléaire d’attaque Dreadnought ou du remplacement des hélicoptères de manoeuvre Puma, sans parler de la modernisation du corps blindé avec le très contesté programme Ajax.

Depuis l’arrivée de Rishi Sunak à la tête du pays, une vague de réalisme économique semble déferler sur les ministères britanniques y compris sur le ministère de la défense, toujours aux mains de Ben Wallace. Ainsi, il y a quelques semaines le ministre des finances jeremy Hunt, a annoncé que Londres respecterait ses engagements et maintiendrait son effort de défense au delà 2% du PIB. (br)Exit donc les 3% annoncés en septembre, et avec eux, une grande partie des programmes annoncés jusqu’ici, annulés, réduits ou, au mieux, reportés à une date indéfinie. C’est ainsi que le programme de frégate Type 32, sensé compenser la perte de capacités anti-sous-marines de la flotte de surface de la Royal Navy, ne sera pas lancé avant plusieurs années, probablement pas avant la fin de cette décennie. Les avions de transport stratégiques supplémentaires A400M attendus par la Royal Air Force, sont quant à eux purement et simplement abandonnés. Quant au programme Ajax, il demeure une énigme, les correctifs apportés pour résoudre les problèmes de vibration et de bruits n’étant pas, à ce jour satisfaisant, alors que ni Lockheed-martin, ni le ministère de la défense britannique, ne veut être à l’origine de l’annulation du contrat.

La commande de 8 A400M supplémentaires pour la Royal Air Force a été annulée par Londres, jugeant l’opération impossible à financer dans le contexte actuel

Quoiqu’il en soit, il existe, outre -manche, un organisme indépendant destiné à la vérification des comptes publics, le National Audit Office ou NAO, équivalent de la Cours de Comptes en France. Et les conclusion de son dernier rapport au sujet de la soutenabilité budgétaire des programmes de défense engagés par le gouvernement britannique, s’avèrent particulièrement sévères et sans appel : il est impossible, dans la trajectoire budgétaire actuelle, pour le ministère de la défense britannique de financer l’ensemble des programmes en cours par le plan d’équipement 2022-2032, l’équivalent d’un Loi de Programmation Militaire en France. Et d’ajouter que « ce plan d’équipement est à ce point dysfonctionnel, qu’il se positionne comme une référence mondiale pour prendre des crédits, et les bruler ».


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