Après l’Iran, la Russie va-t-elle aussi moderniser les armées nord-coréennes ?

Depuis le cessez-le-feu de Panmunjeom signé le 27 juillet 1953, la péninsule coréenne est restée l’un des points de tension les plus intenses de la planète. La nucléarisation de Pyongyang, à partir du premier essai réussi d’une arme nucléaire nord-coréenne le 9 octobre 2006, puis d’une première bombe à hydrogène en janvier 2016, a considérablement fait évoluer le statut de ce conflit gelé mais non terminé en l’absence d’armistice officielle. Toutefois, si les armées nord-coréennes alignent des forces considérables, avec prés de 1,3 millions d’hommes sous les drapeaux, 600.000 réservistes, plus de 4000 chars, 2500 véhicules blindés, 8000 systèmes d’artillerie ou encore 500 avions de combat, ainsi qu’une force de missiles balistiques et de croisière estimée à plus de 3000 vecteurs, celle-ci est presque exclusivement composée d’équipements obsolètes datant des années 60 ou 70, et faiblement modernisés depuis du fait des sanctions internationales appliquées depuis plus de 3 décennies au pays, y compris par Pékin et Moscou.

Ces dernières semaines, toutefois, plusieurs informations, certes difficiles à vérifier de manière indépendante mais crédibles, font état de la possible livraison de munitions et d’équipements militaires par Pyongyang vers Moscou afin de soutenir l’effort militaire en Ukraine. Il s’agirait, pour l’essentiel, de munitions d’artillerie comme des obus de 122 et de 152 mm, ainsi que des roquettes de 122mm pour les systèmes Grad et de 220 mm pour les systèmes Ouragan, tous deux employés par les lance-roquettes multiples nord-coréens. La consommation de munitions est en effet un important problème pour les deux camps qui s’opposent dans ce conflit, les ukrainiens ayant par exemple une consommation mensuelle d’obus de 155mm de prés de 40.000 unités, là ou l’ensemble de la production de munitions de ce type en Europe n’excède pas les 32.000 pièces. Si les stocks d’avant guerre russes étaient considérables dans ce domaine, la consommation de munitions de l’artillerie russe excéderait, selon les observateurs, celle des ukrainiens dans un rapport de 1 pour 5 voire 1 pour 10, en particulier pour compenser le manque de précision de l’artillerie russe, de sorte que, là encore, les capacités de production de l’industrie russe ne sont pas suffisantes pour compenser la consommation opérationnelle des forces.

Les armées nord-coréennes mettent en oeuvre un grand nombre de LRM M1985/1991, des productions locales de copies chinoises des systèmes Grad russes

Si Moscou a cherché dès le début du conflit, comme l’Ukraine d’ailleurs, des partenaires internationaux pouvant transférer équipements et munitions, les efforts des négociateurs russes ont le plus souvent été stériles, et seuls 3 pays ont effectivement répondu favorablement aux demandes répétées du Kremlin : la Biélorussie, l’Iran et la Corée du Nord. Pour Minsk, il s’agissait avant tout de préserver la protection russe, seule garante du régime du président Loukashenko. Pour Téhéran, le soutien appuyé à l’effort de guerre russe, il est vrai considérable avec la livraison de milliers de drones munitions Shahed et, semble-t-il, prochainement de missiles balistiques, s’est accompagnée d’accords critiques sur la modernisation des forces armées iraniennes sous sanction depuis plusieurs décennies, et comme les armées nord-coréennes, très majoritairement obsolètes en dehors de certaines capacités comme les missiles. Ainsi, plusieurs sources convergentes indiquent que les 24 Su-35ES construits initialement pour l’Egypte mais dont la livraison a été annulée, pourraient prochainement être livrés à Téhéran alors que pilotes et techniciens de maintenance iraniens seraient déjà formés en Russie. De même, il serait question pour l’Iran de moderniser ses forces navales en acquérant des navires de factures russes, avec dans les deux cas, une redéfinition sensible du rapport de force sur le théâtre moyen-oriental.


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