La chasse embarquée française est-elle menacée par la prochaine loi de programmation militaire ?

Afin de répondre aux enjeux sécuritaires imposés par les évolutions géopolitiques et technologiques, en particulier l’émergence de nouvelles menaces militaires significatives y compris en Europe, le président Emmanuel Macron a annoncé, peu après sa ré-élection, qu’une nouvelle Loi de programmation militaire serait conçue pour être présentée au premier trimestre 2023, et votée dans la foulée par le Parlement, probablement avant la coupure estivale. Au delà d’une revue stratégique des plus obscures, mélangeant dans ses conclusions des objectifs stratégiques, de moyens et de coopération, il est depuis très difficile d’obtenir de la part du Ministère des Armées comme des Etats-Majors, des informations sur le contenu de cette nouvelle LPM qui couvrira la période 2024-2030. Au mieux pense-t-on savoir désormais que le budget alloué aux armées sur cette période atteindrait 410 Md€, soit 58,5 Md€ par an en moyenne.

Mais il est certains aspects de cette LPM à venir qui apparaissent d’ores et déjà définis, comme le renforcement de l’artillerie et des capacités de frappes à longue portée, de la défense anti-aérienne et des capacités de manoeuvre, en réponse aux enseignements issus de la guerre en Ukraine. Ainsi, selon le blog Blablachars, toujours très bien informé dans son domaine, il semblerait que l’Armée de Terre envisagerait de se doter de nouveaux véhicules de combat d’infanterie chenillés basés sur la plate-forme suédoise CV90 et la tourelle CT40 qui équipe déjà l’EBRC Jaguar, de sorte à disposer d’un des meilleurs VCI du moment, alliant mobilité, protection et une puissance de feu remarquable. De même, l’Armée de l’Air semble bien destinée à disposer, dans les années à venir, d’une défense anti-aérienne renforcée, avec l’arrivée de nouvelles batteries SAMP/T Mamba disposant entre autre de capacités anti balistiques avancées depuis l’arrivée du missile Aster Block 1NT.

Le PANG était incontestablement l’attraction principale du salon Euronaval 2022. Ici de gauche à droite, l’Amiral Vandier, Chef d’Etat-major de la Marine, Emmnuel Chiva, DGA et Sebastien Lecornu, ministre des Armées.

Mais au delà de ces « bonnes nouvelles potentielles », et en dépit d’un budget qui sera une nouvelle fois considérablement accru pour atteindre un effort de défense supérieur à 2,25% du PIB, il semble que des arbitrages sévères soient également envisagés, comme le retrait avancé des Mirage 2000 de l’Armée de l’Air, de sorte à libérer des capacités humaines et budgétaires pour répondre aux objectifs définis. Et dans ce domaine, l’hypothèse qui revient le plus souvent dès lors que l’on s’adresse à des personnes dites « proches du dossier », n’est autre que l’annulation du programme de porte-avions de nouvelle génération PANG, voire de la suppression pure et simple des capacités de chasse embarquée de l’aéronautique navale, pour les remplacer par des capacités basées sur des drones et de projection de puissance aérienne à longue portée traditionnelle. Si pour l’heure, aucun arbitrage ferme n’a été fait à ce sujet, un tel abandon constituerait une rupture profonde des moyens militaires à disposition des armées françaises pour peser dans des crises au delà de ses bases aériennes nationales ou alliées.


Le reste de cet article est réservé aux abonnés

Les articles en accès intégral sont accessibles dans la rubrique « Articles Gratuits« . Les abonnés ont accès aux articles Analyses, OSINT et Synthèse en intégralité. Les articles en Archives (plus de 2 ans) sont réservés aux abonnés Premium.

A partir de 6,50 € par mois – Sans engagement de durée.


Related posts

Meta-Défense

GRATUIT
VOIR