Le sénat US s’opposera à la vente de F-16 à la Turquie jusqu’à l’adhésion de la Suède et la Finlande à l’OTAN

Depuis l’annonce conjointe faite par Stockholm et Helsinki au sujet d’une candidature des deux pays à l’OTAN dans une procédure se voulant urgente du fait de la guerre en Ukraine, Ankara et son président R.T Erdogan a de manière répétée, fait valoir son droit de véto au prétexte que les deux pays, et la Suède en particulier, accueillerait des « terroristes » du parti des travailleurs kurdes et de la mouvance Guleniste responsable, selon les autorités turques, de la tentative de coup d’état de 2016. Malgré les tentatives de négociations entre les 3 capitales, il est rapidement devenu évident que les exigences formulées par Ankara étaient inacceptable pour les deux pays scandinaves très attachés aux respects des droits de l’homme et à l’état de droit. De fait, aujourd’hui, tout indique que la Turquie n’autorisera pas l’adhésion de la Suède, et peut être également de la Finlande, à l’Alliance Atlantique, ce qui bloquerait l’ensemble du processus qui requiert l’unanimité des voix pour une extension de l’OTAN.

Dans le même temps, Ankara a envoyé au Etats-Unis, une demande d’exportation d’équipement de défense très importante, de l’ordre de 20 Md$, portant notamment sur l’acquisition de 40 F-16 Block 70 Viper et de 80 kit pour faire évoluer 80 de ses appareils vers ce standard. Il s’agit, pour Ankara, de moderniser ses forces aériennes, face à la Russie peut-être; à la Grèce et l’acquisition de 24 Rafale, la modernisation de 80 F-16 vers le standard Block 70 et bientôt de F-35, surement. Jusqu’à présent, bien qu’appartenant à l’OTAN, Ankara était dans l’impossibilité de commander des équipements militaires aux Etats-Unis suite aux sanctions promulguées par le Sénat suite à l’entrée en service du système S-400 acquis auprès de la Russie. Sans que ce ne soit jamais officiellement abordé, il existe bel et bien un lien entre cette demande turque pour moderniser ses forces, et la possible adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN.

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La demande turque pour acquérir de nouveaux F-16 est intervenue après que la Grèce ait commencé à percevoir ses premiers Rafale F3R

C’est précisément de ce lien qu’un courrier signé du sénat américain, tant démocrates que républicain et envoyé à la Maison Blanche, vient de créer. Pour la sénatrice démocrate du New Hampshire Jeanne Shaheen, et son homologue républicain de Caroline du Nord Thom Tillis, le Congrès ne considérera la demande turque concernant la vente de chasseur F-16, qu’une foi le protocole d’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN effectivement signé par Ankara. Paradoxalement, certains sénateurs n’ont pas signé cette lettre, non pas parce qu’ils sont en faveur de la vente de F-16 à la Turquie, mais parce qu’ils appellent à un durcissement des sanctions envers Ankara, comme c’est le cas du sénateur du New Jersey Bob Menendez, qui avait souvent pris des positions très dures vis-à-vis de la Turquie par le passé, et le sénateur démocrate du Maryland Chris Van Hollen, qui lui appelle à des sanctions du fait de l’opposition d’Ankara à l’adhésion des deux pays scandinaves à l’alliance. Quoiqu’il en soit, ce courrier montre qu’au sein du sénat US, il existe une majorité claire contre l’autorisation d’exportation de nouveaux F-16 vers la Turquie, tout du moins tant que le pays s’opposera à l’adhésion à l’OTAN de ces deux pays. Notons que cela n’indique en rien qu’une fois cette adhésion acquise, le sénat autorisera l’exécution du contrat turc.


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