Exportations d’armement 2019-2023 : la France s’installe pour longtemps à la seconde place mondiale

On le sait, les exportations d’armement représentent un enjeu stratégique pour la France. Elles permettent, en effet, de maintenir, sur le sol français, un savoir-faire industriel et technologique global, là où les commandes nationales ne suffiraient pas, contrairement aux États-Unis, à la Russie et à la Chine.

En outre, ces exportations permettent d’accroitre la soutenabilité de l’effort de défense français, en générant des recettes fiscales et sociales venant plus qu’atténuer les effets des hausses du budget des armées enregistrées depuis 2018.

De fait, les récents succès enregistrés, ces dernières années, par le chasseur Rafale, le canon porté Caesar, ou encore le sous-marin Scorpène, confortent la pérennité de cette capacité industrielle française, plus que jamais indispensable dans le contexte sécuritaire dégradé en Europe, et dans le monde.

Mais ces succès ont eu, également, un effet presque inattendu. En effet, selon le dernier panel publié par l’organisme suédois SIPRI, la France aurait ravi, sur la période 2019-2023, la seconde place mondiale en matière d’exportation de défense. Il s’agit d’un incontestable succès pour la France, tout autant d’un échec pour la Russie, qui a fait de son industrie de défense, le pilier de sa transformation économique.

Une chute historique des exportations d’armement russes ces 5 dernières années

En dépit de l’effondrement du bloc soviétique, la Russie parvint, à partir de 1995, à conserver le second rang mondial, concernant les exportations d’équipements de défense. Pour Moscou, ces exportations constituaient tant une source notable de devises, qu’une activité industrielle majeure, employant plus d’un million de salariés dans le pays, soit la plus importante activité du pays, en dehors de l’extraction et la transformation d’hydrocarbures.

Exportations d'armement Su-35 en chine
Symbole des difficultés rencontrées par la Russie ces dernières années sur le marché des exportations d’armement, seule la Chine a acheté le Su-35 russe à ce jour.

Pourtant, ces 5 dernières années, ces exportations russes ont dramatiquement chuté, passant de 21 % du total des exportations d’armes dans le monde sur la période 2014-2018, à seulement 11 % sur 2019-2023, selon l’organisme Sipri.

Plusieurs facteurs sont venus dégrader les exportations russes. D’abord, à partir de février 2022, et l’entame de l’opération spéciale militaire en Ukraine, Moscou a concentré la presque totalité de ses capacités industrielles en soutien de ses armées, réduisant au strict minimum ses exportations.

Par ailleurs, depuis 2019, les exportations russes ont été lourdement handicapées par la menace de la législation CAATSA américaine, menaçant de sanctions sévères les clients de l’industrie de défense russe, concernant certains équipements majeurs. Enfin, l’attractivité des équipements russes a souffert, ces dernières années, de la comparaison, en performances, avec les armements occidentaux, pourtant bien plus chers.

Une seconde place consolidée de la France, face à une industrie de défense russe handicapée sur la scène internationale

Dans le même temps, la France a connu une période faste concernant les exportations de ses armements, tractées par les excellents résultats du chasseur Rafale, du canon Caesar ainsi que du sous-marin Scorpene, sur la scène internationale.

SOus-marin scorpene brésilien
Le sous-marin Scorpene a représenté un des piliers des exportations françaises d’armement de 2019 à 2023, en particulier au Brésil et en Inde.

Surtout, tout indique que la dynamique française, n’est pas encore arrivée à son apogée. En effet, dans les années à venir, les livraisons de ces systèmes, mais également d’autres succès comme dans le domaine de la guerre des mines navales, dans celui des blindés sur roues, des missiles ou encore des hélicoptères, devraient encore croitre, sur la base des commandes signées ces trois dernières années.


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