Avec le salon du Bourget, l’actualité Défense a été marquée ces derniers jours par une série d’annonces industrielles, politiques et capacitaires, dont les implications méritent d’être examinées au-delà des communiqués. Si toutes ne justifient pas une analyse approfondie, plusieurs d’entre elles éclairent des dynamiques lourdes en matière d’autonomie, d’innovation ou de projection.
Ainsi, Safran a confirmé que son turboréacteur M88 T-REX équipera bien le Rafale F5, consolidant un jalon essentiel de l’évolution de l’appareil tout en assurant la préservation du savoir-faire national en propulsion. En parallèle, la France et l’Espagne ont trouvé un accord pour maintenir active la ligne d’assemblage de l’A400M à Séville jusqu’en 2029, et renforcer son potentiel capacitaire dans le segment stratégique, alors que, dans le même temps, Airbus anticipe la hausse des cadences de livraison de ravitailleurs A330 MRTT, pour répondre aux besoins émergents.
Toujours à Paris, le ministère des Armées a confirmé sa préférence pour l’avion-radar suédois GlobalEye, ouvrant la voie à une refonte de la posture française d’alerte avancée, et marquant une inflexion vers une filière de souveraineté européenne dans le segment AWACS.
Dans ce même contexte de compétitions capacitaires, Eurofighter a annoncé son intention de doubler la production annuelle du Typhoon, en réponse à une demande européenne et export encore incertaine — une annonce à lire aussi comme un contre-discours face à la montée en cadence de Dassault. Plus en amont, Thales a dévoilé une coopération avec Skydweller Aero autour d’un drone solaire haute altitude, capable d’assurer une surveillance maritime permanente sur des zones critiques, et potentiellement amené à renforcer les dispositifs SURMAR autour des câbles et routes sous-marines.
Enfin, Boeing a reconnu être en discussion pour relancer la production du C-17 Globemaster III, alors que les besoins en logistique lourde augmentent en dehors du soutien américain. Une possible renaissance industrielle qui pourrait rebattre les cartes dans le segment stratégique lourd à l’horizon 2030.
Sommaire
Le turboréacteur T-REX équipera bien le Rafale F5
Longtemps discret, parfois même considéré comme incertain, le programme de turboréacteur T-REX développé par Safran vient de franchir une étape décisive. À l’occasion du Salon du Bourget 2025, les représentants du motoriste français ont confirmé que ce dérivé survitaminé du M88 équipera bien le futur standard F5 du Rafale, actuellement en phase de développement avancé chez Dassault Aviation. Cette annonce confirme une évolution attendue, mais jusqu’ici non formellement actée, de la chaîne propulsive du chasseur français, et constitue un jalon majeur dans l’évolution du programme Rafale à l’horizon 2030.
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Question peut-être idiote, un radôme rotatif n’est-il pas supérieur au radar « en ligne »du Globaleye ?
Ce dernier ne devra t-il pas faire des ronds dans l’air pour avoir une efficacité identique ?
Un rotatif a évidemment une couverture spatiale supérieure. En revanche il est moins précis, puisqu’il n’éclaire à 100% une cible qu’une fois toutes les 1 secondes pour les plus rapides.
Intéressant aussi de voir que GD a annoncé en partenariat avec Saab un MQ-9 AEW. Ce serait le complément ideal des Globaleye. Dommage seulement que les vecteurs ne soient pas souverains.
Pardon General Atomics, pas General Dynamics.