Depuis deux ans, l’Allemagne s’est imposée comme l’un des moteurs de la remontée en puissance militaire en Europe. Avec un objectif désormais assumé de consacrer 3,5 % de son PIB à la défense, Berlin multiplie les annonces spectaculaires visant à transformer en profondeur la Bundeswehr, pour en faire une force armée crédible face aux nouvelles menaces du continent.
Parmi ces annonces, l’une en particulier mérite un intérêt tout particulier : selon des informations rapportées par le site spécialisé allemand Hartpunkt.de, les armées allemandes s’apprêteraient à lancer un programme d’une ampleur inédite, visant à constituer un système de défense antiaérienne et antimissile à l’échelle nationale, combinant haute technologie et densité de feu exceptionnelle.
Au-delà des batteries Arrow 3 et 4, Patriot et IRIS-T SLM/SLX, Berlin envisagerait en effet l’acquisition de 500 à 600 systèmes Skyranger 30, une artillerie antiaérienne mobile conçue pour intercepter drones d’attaque, missiles de croisière et munitions errantes à très courte portée. Une telle densité de moyens, sans équivalent en Europe, témoigne d’un changement d’échelle stratégique, et d’une volonté de protéger directement les villes, les infrastructures et la population.
Mais ce projet titanesque peut-il suffire, à lui seul, à garantir la résilience du territoire allemand face à des frappes massives et répétées comme celles subies quotidiennement par les villes ukrainiennes ? Et surtout, quelles en seraient les conséquences stratégiques pour l’équilibre défensif européen, à l’heure où les capacités restent profondément hétérogènes d’un État membre à l’autre ? C’est à ces questions que cet article entend répondre.
Sommaire
L’Allemagne à portée des missiles Iskander-M/KN-23, Kinzhal, KH-101 et des drones Geran russes
L’Allemagne se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins en matière de défense aérienne. Sa position centrale en Europe, longtemps perçue comme un atout stratégique, est désormais aussi une vulnérabilité majeure. À seulement 500 kilomètres de Kaliningrad, Berlin est à portée directe des missiles balistiques russes Iskander-M stationnés dans l’enclave. Plus largement, l’ensemble du territoire allemand est exposé aux frappes de missiles Kh-101 et Kinzhal tirés depuis l’espace aérien russe, ainsi qu’aux drones kamikazes Geran opérant depuis la Russie ou la Biélorussie.
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Aurait on une idée du coût estimé de l’achat /MCO / RH et la mise en œuvre d’un tel système allemand, à mettre en exergue avec l’investissement « colossal » du golden dôme américain ? Merci pour cette article ;-)
Défense multicouches de l’Europe, bon, c’est bien d’y penser, mais….
On se positionne seulement en système global défensif.
Et que fait-on pour contrer la Russie de façon OFFENSIVE? On parle des kitzal et autres missiles russes quasiment interceptibles ,et nous, que faisons nous pour pour les arroser de systèmes équivalents.
La meilleure défense est parait-il l’attaque. Non?
Cela reste hypothétique mais Paris Étant à portée des missilles Geran partant de Kaliningrad, un tel système contriburait à la sécurité des français.
Heureusement car de notre coté il semble qu’on fasse plutôt confiance en la paix et le dialogue avec Moscou
Dans les faits, rien ne dit que l’Allemagne ne va pas également lancer un programme pour la frappe à longue portée. Commencer par ce qu’ils savent faire ou pourront fabriquer sur place semble plutôt cohérent…
Les dimensions de défense civile relèvent du génie civil et sont dès lors plus ou moins du niveau de la « norme de construction ». Le fait de stocker des vivres chez sois pour qq jours à un mois « à la Suédoise » est il vraiment pertinent en Allemagne, ou la concentration de la population rend la distribution de nourriture nettement plus simple, même en environnement dégradé.
Mais oui, bien d’accord, il y a pas mal de travail à faire. Enfin… Eux ont le mérite d’avoir commencé à le faire…
Le Skyranger semble effectivement un matériel bien pensé et efficace.
On pourrait imaginer en France une solution basée sur une caisse de VBCI équipée d’un CTA 40 et de Mistrals. Si l’infanterie blindée était dotée de VCI chenillés comme l’idée semble mûrir dans certains niveaux de réflexion, des caisses de VBCI seraient ainsi disponibles pour cette transformation et à un coup amoindri.