[Actu] Porte-UAV naval: gadget stratégique ou nouveau levier des frappes conventionnelles ?

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L’annonce d’un prototype de porte-UAV naval russe destiné à lancer des Shahed depuis la mer ne dit pas tant une révolution qu’un tâtonnement révélateur. Ainsi, la valeur opérationnelle d’un tel système varie fortement selon le théâtre. Elle est modeste en mer Noire et pour frapper l’Europe, où les vecteurs terrestres suffisent, mais elle peut retrouver du sens à très longue distance ou si la recherche d’effets impose des ogives plus lourdes et donc une portée réduite.

Dans le même temps, l’initiative confirme la place des frappes conventionnelles à bas coût dans la panoplie russe, tout en exposant des fragilités techniques et logistiques que l’Alliance peut exploiter par la défense côtière, la détection et la guerre électronique.

Une architecture de porte‑UAV naval démonstrateur, pénalisée par communications et maintenabilité

D’après les descriptions disponibles, le programme se présente comme une plate-forme marine sommaire, avec un cadre porteur, un petit toit pour antennes et optiques, et un lanceur en boîtes de quatre cellules étanches, sans catapulte. Selon le site Defence-UA, chaque Shahed nécessiterait donc un propulseur à poudre pour le départ. Cette architecture évoque un démonstrateur, plus qu’un système intégré, où la priorité donnée à l’emport et à la mise à feu prime sur l’endurance, la tenue à la mer et la maintenabilité des modules.

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2 Commentaires

  1. Dans l’absolu l’intérêt semble limité, mais comment pour les pays occidentaux mettre en œuvre une capacité de frappe de drones en appui d’une offensive aérienne dans une logique expéditionnaire?
    – des porte-drones amphibies (porte aéronefs d’assaut amphibies embarquant à la place des troupes et engins des containers de tir avec un volume important de drones longue portée ? (avec ascenseurs pour le monter en position de tir)
    – navires d’appui submersibles très automatisés emportant des stocks de missiles au bénéfice des frégates et destroyers, y compris volume de drones?
    – navires d’appui amphibie embarquant 1 ou 2 tourelles de 155mm, quelques hélicoptères de combat et reconnaissance, un radier pour drones amphibies ou patrouilleurs rapides, et des silos de lancement de missiles et drones?
    – porte container « civil » adaptés?
    Cela aiguise la réflexion sur nos besoins futurs….

    • Un porte drone ne peut avoir un effet que s’il est protégé par une flotte de guerre. Une frappe est toujours signée, car un shahed, c’est toujours signé. Le navire qui attaque ne met pas une « petite » baffe, il met une baffe. En retour, il s’en prends une. On a vu ce que donnait en Israël la stratégie de tension permanente. Ça endurci les cœurs sur le long terme. Dans le cas présent, ça forcerait l’ennemi à se prendre une riposte. À terre, on peut se cacher. En mer… Ça me semble impossible. Le Shahed devrait avoir une portée de 5000 km et plus pour que le bateau puisse imaginer naviguer vers un port. Les cotes de l’Europe sont bien trop avantageuses pour la défense et l’aéronavale, en constante augmentation, y est trop puissante pour que ce genre de navire puisse survivre à des ordres aussi suicidaires.
      Après, si le but est de nous menacer avec une flotte de guerre, il est des navires qui vont avoir de plus en plus de mal à quitter Mourmansk. Nous avons aussi des idées.

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