La Bundeswehr a confié à PSM (Rheinmetall et KNDS Deutschland) la conduite de l’étude et de l’acquisition du successeur opérationnel du Leopard 2, destiné à compléter la flotte jusqu’à l’entrée en service du Main Ground Combat System (MGCS). Cette désignation, qui installe un cadre d’acquisition national pour une solution transitoire, redéfinit le rôle de KNDS (KMW + Nexter Defense Systems) dans le pilotage des blindés en Allemagne. Elle survient alors que Berlin relance une production neuve autour du Leopard 2A8, conditionne un socle d’export en Europe et prépare une génération intermédiaire présentée comme Leopard 3 à l’horizon 2030.
Au‑delà de la réponse au besoin, cette orientation formalise une dissociation entre le pilotage capacitaire national et la gouvernance industrielle de KNDS. Elle peut peser sur la valeur de l’entreprise avant une introduction en Bourse, tout en renforçant la dynamique concurrentielle de Rheinmetall. Sur le plan européen, l’empilement Leopard 2A8/Leopard 3, la contraction des cycles de vie et la montée en cadence allemande créent un effet d’entraînement, mais aussi un risque de fragmentation si un socle normatif commun n’est pas rapidement défini pour préserver l’interopérabilité autour du MGCS.
Sommaire
PSM prend la main sur le successeur transitoire du Leopard 2
La décision place PSM Projekt System & Management GmbH au centre du développement et de l’acquisition du successeur transitoire destiné à épauler la flotte Leopard 2 jusqu’au MGCS. Selon Hartpunkt.de, l’entreprise assurera l’ingénierie et la conduite du dossier pour la Bundeswehr. En pratique, Berlin installe une maîtrise d’ouvrage industrielle nationale, avec un jalonnement court visant des premières unités à la fin de la décennie, afin d’éviter une rupture capacitaire. Ce choix fait basculer un segment critique du renouvellement des chars dans une trajectoire pilotée hors KNDS, alors même que la production de série du Leopard 2A8 remonte en charge.
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L’accord entre knds et Nexter semble avoir une résonance avec l’ancien accord quand HDW (devenuTKMS) avait incorporé Kockums AB. Pour éviter la disparition de ce dernier, le rachat par Saab s’est faite sous la pression du gouvernement suédois. Les Allemands ayant tout fait pour couler cet ancien concurrent. Quid de Nexter dans ce jeux de dupe intra allemand ?
Pas vraiment. Kockums avait été racheté par tKMS, alors que KNDS est une structure 50/50 entre Krauss-Maffei (Maintenant KNDS Deutschland) et Nexter (maintenant KNDS France). La comparaison n’est donc pas pertinente.
Tous les commentaires ont étés faits sur le sujet, les collaborations devraient prendre la forme de systèmes de systèmes complémentaires avec des briques communes garantissant l’interoperabilité, en tenant compte des besoins opérationnels et « business » des différents pays. À ce stade il semble qu’il n’y ait plus grand chose à attendre du gouvernement actuel, Comme pour le reste il faudra attendre l’élection présidentielle de 2027 pour espérer très fort qu’une future majorité aura plus de bon sens.
On ne peut s’empêcher d’y voir une réponse à l’impasse du Scaf. Par contre, il est intéressant de souligner que si réponse elle est, il ne s’agit pas d’un bisbille entre Airbus et Dassault mais d’une guerre d’influence entre l’Allemagne et la France. Nous ne sommes plus dans la même dimension. Cette guerre est initiée par nos Teutons et prend racine bien avant. Il y a l’échec du tigre 3 à l’initiative des mêmes, l’avion de patrouille franco allemand avorté, l’Eurodrone et son moteur le bouclier antiaérien qui écarte nommément le SAMP T . Heureusement Dassault a stoppé la saignée ! Faut arrêter de jouer leur jeu. Ils veulent une hégémonie allemande sur l’Europe. Ça ne date pas d’aujourd’hui. C’est une nostalgie a laquelle ils n’ont pas renoncée. Et les américains les y aident pour une stratégie toute aussi ville et opportuniste.
Plus largement, et pour sortir de la stricte opposition franco-allemande, la posture allemande révèle à mes yeux un point fondamental et très dangereux : les allemands révèlent qu’ils n’ont pas intégré la vraie nature du projet européen qui, par la mise en commun et l’interdépendance, repose sur l’absence d’une domination de l’un sur les autres, quel qu’il soit. Par cette posture ils mettent en danger la viabilité même du projet européen dont l’essence est de reposer sur l’absence de la domination d’un seul. Si leur posture continue à s’affirmer de la sorte qui voudra encore de cette europe là ? Ils font courir un risque énorme à tout le monde.
Ce point porte sur la responsabilité propre des allemands, mais nous avons tous des choses à nous reprocher (le Brexit pour les anglais, notre inconséquence en France etc).
pour être honnête, il convient de comprendre que la perception allemande est exactement la meme vis-à-vis de la France. Et c’est bien là le soucis : nous (franco-allemands) passons plus de temps a nous observer avec défiance qu’a comprendre qu’ensemble, nous serions beaucoup beaucoup plus fort. C’est autant un probleme allemand que français. On entend de la part de Rheinmetall exactement les meme reproches et accusations faits à la France que chez Dassault vis-à-vis d’Airbus DS. Exactement les memes !
C’est en effet plus confortable de se défier d’un allié proche que de prendre la mesure de la menace réelle posée par la Russie, la Chine et même par les Etats-Unis.
Il serait vraiment temps de passer au delà de ca, et de cesser de se comporter comme « nous » le faisons.
Je ne parlais pas tant des reproches niveau cour d’école pour lesquels je vous rejoins complètement, mais bien plus du discours « principale puissance conventionnelle, première armée terrestre, leadership allemand, pilotage allemand etc » qui ne me semble pas cadrer avec l’esprit de la construction européenne. Si les allemands poussent trop dans cette direction je ne serai pas étonné de voir fleurir des brexits ailleurs (et je ne suis pas pour). Alors que le fait qu’ils se réarmement me va tres bien.
Parce que franchement si c’est pour une Europe ou tout (économie, regles, armee, spatial…) se décide a Berlin ou est l’intérêt de l’UE pour les autres a terme ?
le problème est aussi qu’il n’y a pas vraiment de monde que « équilibrer » tout ca. l’Italie et l’Espagne ne veulent pas y aller. UK et France sont empêtrées dans des problemes politiques et budgétaires sans fin. Et la Pologne demeure hypnotisée par Maar-a-lago. En fait, je ne pense pas que Merz ai l’intention de faire de l’Allemagne un super-puissance militaire européenne, il va juste au niveau necessaire imposé par le contexte. C’est que les autres ni aillent pas, qui pose probleme…
Je ne pense pas qu’on puisse reprocher à l’Allemagne de developper le Leopard 3 pour 2030. On peut en revanche reprocher a la France de rester figer sur le Leclerc MLU jusqu’en 2040/45, surtout que nous faisons exactement la meme chose avec Rafale F5 face au SCAF. Dans ce dossier, la position allemande n’est que le révélateur de la non position française, et vice-versa.
L’ industrie Allemande du char se veut le cimetiere de tous les autres acteurs Européens, la France doit prendre sa position rapidement soit elle abandonne son role d’acteur historique dans le char de combat et va commander un produit sur etagere , peut etre le coréen en mettant ses moyens sur un autre secteur stratégique comme l’intercepteur aérien.