La décision française d’acquérir deux avions Saab GlobalEye de veille et de contrôle aéroportés a, d’emblée, accéléré la modernisation de l’alerte aéroportée. Les livraisons annoncées entre 2029 et 2032 laissent à Paris un horizon court pour remplacer le parc E‑3F de l’Armée de l’air et de l’Espace, vieillissant et rétablir une capacité jugée critique. Toutefois, la portée opérationnelle réelle ne tiendra pas seulement aux capteurs embarqués, mais bien à leur insertion dans une kill‑web multi‑capteurs associant drones relais, capteurs spatiaux et stations sol.
Dans un environnement où missiles longue portée et défenses anti‑aériennes adverses repoussent les plateformes, seule une chaîne distribuée pourra, durablement, préserver la supériorité informationnelle. C’est cette fenêtre de transition, ses contraintes, puis ses issues possibles, qui guident le présent développement.
Sommaire
Les Saab GlobalEye commandés par la France seront livrés entre 2029 et 2032
La commande de deux GlobalEye, assortie d’équipements sol, de formation et d’une option pour deux appareils supplémentaires, remplace les E‑3F et installe, entre 2029 et 2032, une capacité AEW&C moderne, avec un ancrage européen assumé. Cette décision ne relevait pas uniquement d’une contrainte de calendrier : elle répondait à la nécessité de restaurer rapidement une couverture aérienne étendue tout en limitant les délais. Elle implique, néanmoins, un enchaînement d’actes préparatoires qui conditionneront la valeur opérationnelle dès l’arrivée des avions et ouvre, par construction, une période de transition.
Accédez à l’analyse complète
Cet article est réservé aux abonnés MetaDefense. L’abonnement vous donne accès à l’ensemble des analyses, dossiers et décryptages publiés sur le site.
Aucun engagement. À partir de 1,99 €.
Cela reste dommage que l’on ait pas obtenu l’intégration de la technologie sur Falcon 10x. Le point sur la nécessité de compléter l’approche par des drones AWACS/GE est très pertinent. Il vaut aussi pour les E2-D embarqués ou depuis des porte aéronefs d’assaut équipés d’une unique catapulte.
Les différents vecteurs pourront tout en suivant des plans de vols imprévisibles allumer alternativement leurs radars pour conserver une vision de la situation tactique. Une approche par satellite sera évidemment un plus à long terme…
La question de la cellule et du porteur semble très accessoire. Financer une intégration du GlobalEye sur cellule Dassault Falcon aurait nécessité des coûts et des délais difficilement justifiables, alors que comme le signale l’article, les vrais enjeux sont ailleurs : en complément des AWACS,il faut concevoir et financer en urgence des drones radars travaillant en réseau, exploitant le multistatisme (certains émetteurs, d’autres récepteurs), ainsi que des satellites de détection de cibles aériennes, à l’image de ce que font les USA.
Cet article décrit précisément ce qu’il faudrait faire, et la voie à suivre pour le futur de la fonction d’alerte avancée, y compris un potentiel partenariat européen (pour le coup totalement pertinent vu l’enjeu). Or, sauf erreur, l’AAE ne dispose à ce jour d’aucun projet, ni même d’aucun concept allant dans ce sens. Pour le moment, elle semble viser uniquement un remplacement nombre pour nombre de ses AWACS, ce qui semble inquiétant. Vivement la prochaine LPM…
Le gros défaut de cet appareil : il n’est pas ravitaillable en vol.
je serais surpris que cela ne soit pas dans les tuyaux, e d’autant que l’Allemagne aussi veut se tourner vers le GlobalEye, et que l’OTAN envisage aussi le sujet. Il ne l’est pas aujourd’hui, mais je pense qu’il le sera d’ici 2030-2032. On a bien réussi a greffer une perche de ravitaillement au Cougar pour en faire un caracal, on devrait y arriver avec le Global 6500
Il est dommage que l’état et Dassault ne soient pas pret à investir pour que les numeros 3 et 4 soient sur une cellule Falcon, un Awacs est un appareil strategique et le souveraineté est importante.
Hummm, il semble que ce soit plus un C2, vu la portée des missiles. La plateforme volante a moins d’importance que les flux de données. Ça promet un drôle de challenge d’ingénierie pour fusionner tous les futurs capteurs. On pourrait ajouter que ce challenge a déjà été tenté et raté sur le F35… Je souhaite bien du plaisir à ceux qui vont s’y coller!