[Actu] Le Groenland met l’Europe en sidération politique et militaire à l’approche de 2027

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Le double choc de ces dernières semaines a pris de court les Européens, entre une opération américaine d’envergure au Venezuela et la réitération de menaces visant le Groenland sous souveraineté danoise. Ce télescopage a ravivé une inquiétude sourde, en révélant la capacité de Washington à agir en dehors des cadres de concertation habituels.

Dans plusieurs capitales, les responsables ont affiché stupéfaction et prudence, tandis que l’Union européenne a peiné à incarner une position commune. La question n’est plus de savoir si le signal est sérieux, mais de mesurer ses conséquences concrètes pour les Européens. L’enjeu touche à la fois la cohérence politique, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et la dépendance capacitaire qui limite la marge de manœuvre du continent.

Le Groenland et le Venezuela déclenchent une sidération politique en Europe

Le choc initial s’est cristallisé au moment où deux signaux américains se sont additionnés, creusant, de facto, une brèche de confiance en Europe. D’un côté, Washington a conduit une action spectaculaire en Amérique latine ; de l’autre, les menaces visant le Groenland ont été remises sur la table, sans égard pour les circuits diplomatiques classiques. Cette simultanéité a nourri l’idée que les Européens n’avaient plus de prise sur le tempo américain, ce que confirme la coïncidence entre une opération de grande ampleur au Venezuela et de nouvelles menaces sur le Groenland. Dans ce contexte, la sidération a immédiatement freiné toute tentative de réaction collective structurée.

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10 Commentaires

  1. Si on veut faire quoi que ce soit en Europe, il va falloir faire des concessions mutuelles bien senties. Là où il y a des champions indiscutables, soit parce qu’il n’y a pas d’alternative européenne, soit parce que ce champion a une part de marché prépondérante, il faut s’aligner derrière ce champion. Deux exemples:
    – La France devrait acheter des Leo comme tout le monde plutôt que de se poser des problèmes métaphysiques. L’Espagne idem, plutôt que de lancer son programme.
    – L’Allemagne devrait acheter des Aster plutôt que des Patriots.
    – Tout le monde devrait acheter des Erieye pour remplacer les AWACS.
    Le cas échéant (les chars), il ne faut pas avoir peur de construire de sous license: plus que la maîtrise de la techno, ce sont les capacités industrielles qui vont compter.

    Mais ça c’est le cas facile. Là où c’est plus compliqué c’est quand il y a plusieurs champions possible, comme par exemple les sous marins conventionnels, les navires de surface, ou les avions de combat. L’UE, dans son rôle économique, devrait encourager les consolidations industrielles, pour aboutir à des situations où nous avons 2 grands industriels dans chaque domaine.

    Ce sont des questions difficiles, mais auxquelles nous devons nous attaquer de toute urgence.

  2. oui des voeux pieux, comme d’habitude, voyez vous sérieusement les allemands déalisser les missiles américains, pour acheter les missiles français ou italiens. il n’y a qu’à voir leur initiatives skyshield, ou nous avons été écartés au profit des israeliens.?

    • vous dites un peu n’importe quoi là quand meme…. il n’y a strictement rien d’équivalent à l’Arrow 3 dans l’offre industrielle française. pas avant 2035 et HYDIS en tout cas, qui est deja un programme européen avec une grosse présence française ET allemande. Dans Skyshield, le probleme n’est pas larron 3 israélien, c’est la porte fermée au SAMP/T face au Patriot, et au VL MICA/CAMM face à l’Iris-t SLS/M. Skyshiel a été conçu par Scholz pour soutenir les exportations d’IRIS-T SLS-SLM, et pour surtout ne pas froisser les américains. Mais c’était il y a trois ans… il s’en est passé des choses depuis…
      Je pense qu’il faut regarder la situation présente, et ne pas faire l’inventaire des griefs de part et d’autre (les allemands aussi ont une longue liste contre les français, a comment par l’implantation d’Airbus a Toulouse). Ça ne mène strictement a rien. La réalité est celle-ci : la France, seule, ne pese rien. l’Allemagne, seule, ne pese rien. idem pour UK, idem pour Pologne. Mais Fr+De+PL/UK -> c’est une masse critique qui pese et qui ne peut être ignorée, ni pas Moscou, ni par Washington, ni par Ankara, ni même par Pékin.
      On peut tourner ca dans tous les sens, mais au final, on arrive toujours a cette vérité inamovible.
      Et il convient aussi de se rappeler autre chose : avoir raison tout seul, c’est aussi avoir tort -> s’enfermer dans ses certitudes, sans les partager et les étendre, n’amena a strictement rien d’utile.
      le probleme est que ce programme SCAF a fait énormément de mal a cette relation FR/DE, alors qu’elle est centrale aujourd’hui, tout ca parce que le programme a été piloté politiquement sur des bases strictement idéologiques. Maintenant, on en paie le prix, et votre réaction, en est en quelque sorte, l’illustration.

      • Le vrai problème est moral : l’Europe n’imagine même pas qu’elle puisse se battre. Pourtant, elle ne manque pas d’armes, en particulier sur les plans économique et politique. Mais elle n’envisage tout simplement pas d’entrer dans une relation de force. Pourquoi? Parce que nous fonctionnons sur une base rationnelle, sur des calculs risques/bénéfices en particulier économiques. Mais ce n’est pas la manière dont fonctionnent un Trump ou un Poutine. La seule manière de leur faire face, c’est de montrer les dents.

        Sur le Groenland, je crois beaucoup à l’effet tripwire. On en peut évidemment pas défendre militairement le pays. Mais si les pays de l’UE y organisaient, à la demande du Danemark, une présence militaire permanente symbolique (disons deux ou trois companies d’infanterie), cela augmenterait drastiquement le coût politique d’une annexion pour Trump. Ce n’est clairement pas la même chose pour un président américain d’enlever le président corrompu d’un pays d’Amérique du Sud et de tirer sur des militaires français ou allemands, et de faire exploser l’OTAN en conséquence.

      • on ne va pas se disputer , chacun pense ce qu’il veut, et voit midi à sa porte. les allemands , que l’apprécie pour bien des choses « entre autres leurs voitures puisque je roule avec depuis 25 ans) veulent toujours etre les décideurs partout et voient l’europe comme un grand magasin dont ils sont les patrons. évidemment, nous autres petits français, nous voulons bien manger de la choucroute, mais alsacienne si possible. donc il y aura toujours des blocages qui se feront sur le leader ship dans bien des domaines, et cela n’est pas pret de changer, quoiqu’en pensent certains de nos décideurs !

      • En tout point d’accord avec vous. J’ajouterais un élément ou deux: le moyen de nos ennemis ou adversaires pour graduer le propos est de s’appuyer sur les extrêmes droite et extrême gauche afin de disloquer l’UE. Il est possible que l’AFD ou le RN accèdent au pouvoir. Porteurs de projets contre l’arrivée de migrants dans l’Union Européenne, leurs idées ont un écho important chez bon nombre de votants. L’extrême gauche tente d’inciter au vote ces nouveaux arrivants et de les insérer dans le jeu démocratique, voir d’en accueillir de nouveaux ce qui a aussi de l’écho. Le projet Européen gagnerait énormément à créer des votes d’extrême droite et d’extrême gauche favorables à l’Union européenne. Cela assurerait une continuité diplomatique de long terme qui résiste aux aléas des élections. Le vote centriste ne peut guère capter que les personnes âgées, partenaires du statut qui et ceux qui bénéficient du libéralisme, soit un nombre d’électeurs qui va s’amenuiser. Le collège électoral va changer, qu’on le veuille ou non. L’extrême droite en particulier rêve du passé et cela renvoie à un système national clair. C’est là que se retrouvent plus facilement les identités, dans des repères ancrés.
        Il faudrait que des courants « à la Meloni », à la fois pro européens et conservateurs, voir, mieux que Meloni, prêt à assumer une indépendance diplomatique européenne vis-à-vis des USA émergent. Ce serait un puissant garant de continuité diplomatique pour le continent et une arme en moins pour nos adversaires, compétiteurs ou ennemis.
        Il n’y a qu’à l’échelle européenne que nous serions en mesure de développer un bombardier lourd. Et ce n’est qu’à cette échelle que l’on peut concevoir une défense efficace sans passer son temps à refaire en permanence les mêmes équipements de base en gaspillant nos ressources d’ingénierie sur des projets de base et assez similaires.

      • apres recherches dans votre bibliotheque, si je dis « un peu n’importe quoi » mon cher fabrice, c’est en vous lisant, n’étant pas pour ma part un specialliste des missiles balistiques. il me semblait avoir lu quelque chose la dessus, il y a quelques temps et comme votre site est bien fait je l’ai retrouvé : 4 juillet 2023 : je ne met que l’extrait: Un spécialisé pour contrer les missiles MRBM et IRBM iraniens
        Ses capacités sont de fait parfaitement adaptées pour faire face aux missiles balistiques de moyenne portée MRBM (Médium Range Ballistic Missile) Ghadr-110 iraniens d’une portée de 2000 km avec un apogée de 150 km, ainsi que pour contenir, en phase descendante, les missiles Shahab-5 de portée intermédiaire IRBM (Intermediate Range Ballistic Missile) d’une portée annoncée de 4000 km avec un apogée à 400 km.

        Toutefois, la Russie de dispose d’aucun système balistique de ce type à ce jour. En effet, contrainte comme les Etats-Unis par le traité INF qui interdisait la conception et la mise en œuvre de missiles d’une portée allant de 500 à 5.500 km, les forces russes ne disposent à ce jour que de systèmes situés à ces deux extrémités.

        Mais inutile contre les missiles russes SRBM et ICBM
        Il s’agit d’une part des missiles balistiques intercontinentaux ICBM (inter-Continental Ballistic Missile) comme le Yars ou le Sarmat, et de missiles SLBM (Sea Launched Ballistic Missile) lancés de sous-marins comme le Bulava, tous ayant une portée supérieure à 10.000 km et une trajectoire impossible à contenir par l’Arrow 3, et de l’autre des missiles à courte portée SRBM (Short-Range ballistic Missile) Iskander M et de sa version aéroportée Kinzhal.

        Iskander-M
        Le système Iskander-M a une portée de 500 km et une trajectoire semi-balistique lui permettant d’évoluer à une altitude entre 50 et 60 km trop basse pour l’Arrow 3. bon je vous laisse juge, peut être cela a évolué ?

        • cela ne change rien : l’arrow 3 n’a pas été choisi comme une alternative à un système européen. Et fort heureusement, depuis, les russes ont mis en service l’Oreschnik, qui représente pile la menace contre laquelle l’Arrow 3 a été conçu s’il est lancé suffisamment prés. Si la separation des MIRV est faite plus loin, en revanche, c’est cuit.

          • ils ont eu un « coup de bol » monstrueux, c’est indubitable. Le Arrow 3 a été conçu pour intercepter en exo des MRBM, avec un recoupement sur les IRBM, soit la gamme de missiles balistiques iranienne d’il y a 10 ans. Jusqu’au l’exhumation du RS-26 devenu l’Oreschnik, la Russie n’avait plus que des SRBM (trop bas) et des IRBM/SLBM (trop haut/trop vite). Bon cela dit je ne suis certain que l’Arrow puisse vraiment arrêter l’Oreschnik. Il en est théoriquement capable, selon les trajectoires. Mais il faudrait pour cela que les russes y mettent un peu du leur, par exemple en lançant le missile près des frontières allemandes pour l’intércepter en phase ascendante. Mais comme Moscou est prévenant, ils ont mis des oreschnik en Biélorussiennes, donc ca va.
            Comme quoi, quand tout le monde met un peu du sein, on trouve des solutions !

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