La crise née autour du Groenland a changé d’échelle quand Copenhague a décidé, le 14 janvier 2026, de renforcer sans délai sa présence militaire sur l’île, en coordination avec plusieurs partenaires européens engagés dans des exercices arctiques. La multiplication de réunions de haut niveau et l’arrivée de renforts ont mis en évidence la sensibilité stratégique du théâtre et la capacité d’entraînement politique d’un incident situé loin du continent européen.
Cette séquence a dévoilé la fragilité d’une sécurité fondée sur une certitude de protection américaine. Elle ouvre une question simple et décisive pour l’Europe : comment bâtir, à partir d’un noyau d’États sélectionnés, une alliance militaire européenne, et la doter d’un format et d’un budget capables de rendre toute action hostile trop coûteuse, qu’elle vienne de la Russie sur terre, de la Chine sur mer, ou d’une coercition américaine sur des territoires éloignés.
Sommaire
L’Alliance militaire européenne devient la priorité avec la crise du Groenland et la guerre d’Ukraine
La succession de déclarations américaines a transformé un incident périphérique en crise de confiance, alors même que le Danemark renforçait ses moyens aériens, navals et terrestres autour du Groenland. Dans ce climat, le débat a glissé vers le risque d’une remise en cause pratique de la protection américaine, plusieurs signaux laissant envisager une action unilatérale américaine et des pressions économiques contre des alliés. Les capitales européennes ont répondu par des messages de soutien à Copenhague et par l’exploration de voies multilatérales, sans toutefois dissiper l’inquiétude alimentée par cette escalade rhétorique.
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À mon sens, on oublie l’Ukraine…
C’est aujourd’hui le pays européen (et même de toute l’OTAN, USA compris) qui possède la plus forte et la plus solide expérience du combat de haute intensité.
Ils ont acquis une expertise inégalée au niveau mondial sur l’emploi des drones (conception, production, innovation, usage tactiques et applications).
La dronisation et la robotisation du champ bataille, notamment sur les 50 km de profondeur de part et d’autre d’une ligne de front, sont encore trop absents des débats en Europe.
Ce qui manque le plus aux armées européennes :
1- l’alerte spatiale (détecter, suivre, contrer) les menaces aéro-balistiques à l’aide de satellites (ainsi que la lutte spatiale offensive, antisatellite).
2- la guerre électronique (et cyber) offensive, il faut pouvoir neutraliser un complexe A2/AD en le privant de cibles à traiter que ce soit par suppression physique des radars, le brouillage ou le spoofing.
Pour le reste, on est plutôt pas mal achalandé avec des secteurs à renforcer (sous marin nucléaire, lutte antidrones, feux dans la profondeur).
L’Allemagne reste coincée par 3 éléments pour rejoindre une telle alliance:
– ses surplus exports
– sa dépendance aux armements US
– la volonté de ne pas dépendre de la France
On peut le tourner dans tous les sens, l’état catastrophique de nos finances publiques fait que l’on est pas respectable pour une alliance.
La faute au clientélisme électoral érigé en système par les socialistes et acceptés lâchement par des Rad soc de droite.
Le Royaume-Unis est coincé par au moins 2 raisons:
– Le besoin du pays d’agir comme place financière et donc, entre autre, d’être très proche des USA
– les parts de marchés prises par BAE et autres aux USA et qui « complètent » la BITD britannique.
Les pays scandinaves ont besoin d’être certain que l’on aura qqch à offrir à la place.
Et de nouveau, on en revient au cœur du problème. Qui va dire à nos ainé qu’on va leur baisser leurs pensions? Cf article du point hiers, sur 1000 euros versés à l’état, 251 pour les retraites et 220 pour la santé. 50% de nos dépenses de soins sont consommés dans les 2 dernières années de notre vie. Donc 310€ sur 1000 consacrés à nos ainés. 30€ pour la défense. Et 100€ sont déjà empruntés.
On aura déjà du mal à convaincre nos voisins, parce que nos dirigeants ne sont pas sérieux, ne posent comme base de départ que le clientélisme électoral. L’effet Madelin reste, la lâcheté et la faiblesse intellectuelle fait le reste.
Les médias, par leur honteux système de cooptation, appelé « ligne éditoriale » ont détruit le pluralisme et ne servent en vrai pas à grand chose. Ils ne font que se draper dans leur lâcheté et leur entre soit.
Je comprends le souhait louable de ce site d’en rester au sujet militaire, mais la stratégie se conçoit de manière intégrale ou ne se conçoit pas. La faiblesse est certes démographique, mais avant tout morale. Une génération irresponsable ne va pas apprendre la vertu ou le stoïcisme à la retraite. Bien souvent, elle en ignore même les idées.
Pas de projet collectif, pas d’avenir, pas d’acceptation d’une privation pour un bien commun. Après tout, le message de ces dernières années sur l’individualisme ou outrance ne pouvait mener que là.
Un defense européenne? Oui, mais entre gens honorables, avec des stratèges qui se comprennent.
On a quand même un problème politique en France: pas moyen, vu son impopularité et son absence de légitimité politique, que le gouvernement actuel prenne des mesures d’un tel coût, et qui modifient tellement le consensus sécuritaire français. « Cedant arma togae », certes, mais surtout « Toga arma ducat ».