La Lettonie dans l’impasse face à la menace des drones d’attaque russes

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À l’automne 2024, en Lettonie, le brigadier général Egils Leschinskis a estimé que les défenses actuelles ne pourraient pas repousser l’attaque même de vingt drones Geran le long des 400 kilomètres de frontières avec la Russie et la Biélorussie. Cette alerte s’inscrit dans une configuration géographique qui réduit la profondeur stratégique à moins de 500 kilomètres, avec environ 300 kilomètres entre Riga et la frontière orientale. La mission alliée de police du ciel accroît l’alerte et renforce l’interception d’aéronefs violant l’espace aérien. Cependant, elle ne fournit pas une défense sol air en profondeur sur un front terrestre aussi étiré.

Dans le même temps, Moscou a intensifié des campagnes coordonnées mêlant essaims de drones et missiles Iskander M ou de croisière tirés depuis la mer Noire ainsi que la mer Caspienne. À l’automne 2024, plusieurs centaines de drones ont été lancés en une seule nuit, avec des dizaines de missiles associés. L’OTAN prépare un modèle de défense aérienne tournante avec renforts sol air de longue portée, afin de densifier une protection toujours contrainte par la proximité des frontières lettones.

Les drones Geran mettent à nu l’impossibilité d’une couverture continue sur 400 kilomètres

La Lettonie fait face à plus de 400 kilomètres de frontières terrestres avec la Russie et la Biélorussie, ce qui réduit fortement la marge d’alerte et de manœuvre contre des frappes conventionnelles à longue portée. Selon un général letton, une couverture antiaérienne continue et le repoussement d’une attaque massive de drones seraient impossibles dans cet espace. Il a proposé de calculer la densité de déploiement nécessaire le long de ces 400 kilomètres, ce qui souligne l’ampleur des besoins en effectifs, en capteurs et en munitions. Cette configuration géographique structure une vulnérabilité initiale élevée.

Or, avant les récents achats, l’état des forces antiaériennes était jugé insuffisant. Le brigadier général Egils Leschinskis a indiqué que les défenses, dans leur configuration actuelle, ne pourraient pas repousser l’attaque même de vingt drones d’attaque de type Geran. Il a précisé que, même en cas de détection et d’identification rapides, et si les postes de tir PVO avaient le temps de prendre les positions nécessaires, dans le meilleur des cas seule une partie des BPLA serait abattue, selon Egils Leschinskis. Ce constat décrit une limite opérationnelle immédiate face à des saturations modestes.

IRIS-T SLM lettonie
Batterie IRIS-T SLM

Par ailleurs, la présence alliée était déjà structurante, mais centrée sur la police du ciel. Devenue permanente en 2012, la mission Baltic Air Policing a élargi son empreinte de la base de Šiauliai à trois sites avec Ämari et Lielvārde. Cette extension améliore l’alerte et l’interception d’aéronefs violant l’espace aérien, sans toutefois constituer une défense sol air en profondeur. Depuis mars 2024, des détachements de chasse alliés opèrent depuis la base lettone de Lielvārde, ce qui renforce la réactivité locale, mais n’annule pas la contrainte d’une frontière étendue et d’une profondeur limitée.

Depuis 2023, la Russie a fait évoluer ses modes d’action, remplaçant les frappes isolées par des campagnes coordonnées mêlant essaims de drones et salves de missiles balistiques Iskander M ou de croisière lancés depuis la mer Noire et la mer Caspienne. À l’automne 2024, plusieurs centaines de drones ont été tirés en une seule nuit, accompagnés de dizaines de missiles, atteignant un seuil inédit. En outre, l’IISS estime qu’en 2024 Moscou a produit ou remis en ligne environ 2 500 missiles de précision, attestant d’une base industrielle capable de soutenir des campagnes prolongées.

L’Alliance OTAN durcit la posture après des incursions et prépare une défense aérienne rotative

Dans ce contexte, plusieurs épisodes récents ont confirmé l’exposition balte au delà du front ukrainien. Fin 2025, près d’une vingtaine de drones Geran ont franchi l’espace aérien polonais avant d’être neutralisés, ce qui illustre une levée de doute sur l’emploi élargi de ces vecteurs. Des dirigeants européens ont ajouté que la Russie avait à plusieurs reprises violé l’espace aérien de l’OTAN, notamment dans les États baltes et en Pologne, où, au début du mois, environ vingt drones ont pénétré l’espace aérien, et certains ont été abattus par des jets alliés. L’Estonie a aussi signalé une incursion de trois MiG 31 d’environ douze minutes.

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