L’US Navy perd du terrain dans son face-à-face avec la Marine chinoise

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Depuis le tournant de la décennie, la Marine de l’Armée populaire de libération a admis au service plus de trois fois le nombre de croiseurs, de destroyers antiaériens et de frégates anti-sous-marines que sa principale rivale, tant sur le théâtre Pacifique que sur l’échiquier naval mondial, la marine de guerre des États-Unis. L’US Navy a régné en maîtresse incontestée sur les océans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce bouleversement a suffi à convaincre l’Amirauté américaine d’abord, le Pentagone peu de temps après, que le temps où la Marine chinoise pouvait être considérée avec condescendance était à présent révolu. En quelques années, ce qui semblait impensable advient bel et bien, avec des modèles comme la fenêtre Davidson. L’US Navy a à présent un adversaire des plus crédible, susceptible de rapidement prendre l’avantage sur sa flotte de surface.

Fort heureusement, l’US Navy pouvait encore compter sur ses deux principaux atouts, une flotte de onze super porte-avions de la classe Nimitz, bientôt remplacés par les futurs Ford encore plus imposants, ainsi qu’une cinquantaine de sous-marins nucléaires d’attaque, les submersibles de combat les plus avancés de la planète. La production navale chinoise, ces cinq dernières années, pourrait cependant radicalement changer cela, plus vite encore que ce fut le cas pour la flotte de surface.

Le porte-avions Fujian matérialise l’avantage industriel chinois face à l’industrie navale US

Selon l’IISS, entre 2021 et 2025, les mises en service et les lancements chinois ont dépassé ceux de la Marine des États-Unis (US Navy) en nombre de coques et en tonnage, renversant l’équilibre quantitatif en surface. Le lancement du Fujian en 2022, puis son admission au service en 2025, a concrétisé une capacité aéronavale moderne adossée à cette dynamique. Ainsi, le jalon Fujian a offert un signal opérationnel visible, tandis que la tendance industrielle s’est affirmée sur l’ensemble des grands bâtiments. En février 2026, l’IISS a également relevé une accélération des sous-marins nucléaires, signe d’un mouvement large et coordonné.

Par ailleurs, des images satellitaires commerciales diffusées depuis la fin de l’été ont révélé à Dalian de nouvelles sections de coque absentes un mois plus tôt, indiquant une montée en cadence. Une nouvelle série de vues et photographies a montré au cœur d’une coque une structure assimilable à une enceinte de confinement de réacteur, indice fort en faveur d’un porte-avions Type 004. La construction d’un deuxième hall entre 2019 et 2022 a permis d’atteindre un rythme de production dit « 1 + 2 », proche des plans américains. Deux sites, Dalian et Jiangnan, peuvent ainsi travailler en parallèle.

porte-avions fujian marine chinoise
Porte-avions Fujian de la Marine chinoise lors de ses essais à la mer en 2025. Il s’agit du plus imposant navire de guerre non américain jamais construit.

De fait, cet élan industriel se traduit par un avantage opérationnel régional croissant. À partir de 2027, la marine chinoise est donnée numériquement supérieure à l’US Navy dans un scénario de blocus ou d’assaut amphibie autour de Taïwan. L’IISS rappelle qu’en 2025 la Chine représente près de 44 % des dépenses militaires en Asie, contre 37 % en moyenne sur 2010 à 2020. La mise en service du Fujian et d’au moins neuf grands combattants de surface renforce la présence navale. La dissuasion autour de Taïwan s’en trouve mécaniquement complexifiée.

Dès lors, la tendance est largement vérifiable par sources ouvertes, ce qui en consolide la crédibilité. Les rapports publics, dont ceux de l’IISS, et l’imagerie satellitaire commerciale documentent la progression des chantiers, des coques et des essais à la mer. Le jalon de 2025 avec l’admission du Fujian offre une borne temporelle incontestable. La combinaison de données indépendantes et d’observations visuelles réduit la marge d’ambiguïté sur les volumes produits. Elle éclaire aussi l’enchaînement des étapes industrielles ayant permis de dépasser, sur 2021 à 2025, le rythme américain en coques et en tonnage.

L’US Navy conserve l’avantage sous-marin malgré la poussée chinoise

Après ce basculement quantitatif en surface, l’US Navy s’appuie sur la profondeur de sa flotte sous-marine. En janvier 2026, les États-Unis disposent d’environ 64 sous-marins à propulsion nucléaire actifs (48 SSN, 12 SSBN et 4 SSGN) contre 15 pour la Chine (9 SSN/SSGN et 7 SSBN), ce qui maintient un écart significatif. Sur 2021 à 2025, la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN) a toutefois lancé dix sous-marins nucléaires. L’IISS en déduit qu’un avantage ponctuel de cadence ne suffit pas à combler l’écart de flotte. Toutefois, une accélération chinoise soutenue réduirait progressivement la marge disponible pour les déploiements américains sur les théâtres d’Asie.

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