Le Geran-2 évolue vers une munition intelligente, polyvalente et beaucoup plus dangereuse…

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Importés à raison de quelques centaines d’exemplaires venus d’Iran à l’été 2022, pour compenser l’épuisement des missiles balistiques et de croisière dans l’arsenal russe, le drone d’attaque Shahed 136, baptisé Geranium 2, ou Geran-2, en Russie, est devenu l’un des symboles connus de tous de la guerre russo-ukrainienne.

Aujourd’hui, l’usine russe d’Alabuga serait en mesure de produire près d’un millier de ces drones d’attaque rustique, peu onéreux mais efficaces, chaque jour, alors que de nouvelles versions, bien plus évoluées, et emportant autodirecteurs antiradars, liaison de données satellite et meme des drones FPV ou des mines, ont fait leur apparition depuis un an, transformant le rôle de ce drone à présent copier dans le monde entier, y compris… aux Etats-Unis.

L’usine Alabuga structure la production de masse des drones d’attaque Geranium

A l’été 2022, en pleine retraite après l’échec de l’offensive du Kyiv et Kharkiv, la Russie a engagé, pour la première fois, le drone d’attaque iranien Shahed‑136, connue en service russe sous la désignation Geran-2. Les premières livraisons ont pris la forme de kits d’assemblage, avec des prix unitaires supérieurs à 370 000 dollars, puis 290 000 dollars pour des commandes de 2 000 unités, et 193 000 dollars pour 6 000 unités. Cette dépendance initiale aux approvisionnements extérieurs a cadré l’effort russe, qui a d’abord reposé sur l’intégration locale de composants fournis, avant d’enclencher une localisation industrielle beaucoup plus poussée.

La bascule s’est opérée avec une production presque entièrement localisée en Russie sur le site d’Alabuga, où la conception et la fabrication ont été simplifiées. En 2025, le coût unitaire était indiqué autour de 70 000 dollars selon la configuration, ce qui a fortement allégé la contrainte financière par rapport aux kits importés de 2022. Cette baisse a permis une stratégie de saturation régulière, en substituant des volumes soutenus de drones à des salves de missiles nettement plus onéreuses et plus difficiles à renouveler au même rythme.

Usine drones d'attaque Geranium-2
Production en grande série des drones Geranium par la Russie

Cette trajectoire a reposé sur une montée en cadence documentée des sites russes. Selon CNN, l’usine d’Alabuga, au Tatarstan, a produit 2 738 unités en 2023, marquant un premier jalon dans l’industrialisation. En mai 2025, le renseignement ukrainien a confirmé un rythme quotidien d’environ 170 drones. À la fin du même mois, la production mensuelle atteignait environ 2 700 Shaheds, complétée par quelque 2 500 leurres, conçus pour épuiser les défenses et compliquer la gestion des priorités d’engagement côté ukrainien.

Le passage d’une cadence hebdomadaire d’environ 200 unités en septembre 2024 à plus de 1 000 en mars 2025 a reconfiguré l’échelle des salves. La nuit du 29 juin 2025, la Force aérienne ukrainienne a recensé 537 vecteurs engagés, dont plus de 250 Geran-2, accompagnés de différents types de missiles balistiques et de croiisère, ce qui a mobilisé l’aviation, les défenses sol‑air, la guerre électronique et des unités non pilotées ukrainiennes. Le choix du volume à bas coût, bien inférieur à celui des missiles de croisière, a autorisé des offensives répétées en nombre et en durée.

Cette dynamique s’est heurtée à une hausse rapide des parades, notamment l’essor des drones d’interception. En janvier 2026, ces systèmes ont représenté environ 70 pour cent des destructions de Shaheds, après une production ukrainienne de 100 000 unités en 2025. Malgré cette pression, l’augmentation des livraisons, l’usage de leurres et l’amélioration progressive des sous‑systèmes de navigation et de résilience ont maintenu une attrition coûteuse pour la défense ukrainienne, tout en préservant un différentiel financier favorable aux campagnes de saturation prolongées.

Le Geran‑2 adopte un autodirecteur anti-radar pour chasser les défenses antiaériennes adverses

La base industrielle ainsi établie a ouvert une évolution qualitative, illustrée fin mars 2026 par l’ajout d’un autodirecteur passif. Le 29 mars 2026, l’armée russe a commencé à équiper le Geran-2, de têtes autodirectrices à autodirecteur radar passif, transformant la munition en version à moindre coût d’un missile anti‑radiation. Cette évolution a modifié la menace par rapport aux modèles antérieurs qui suivaient des profils de navigation plus basiques, en conférant au vecteur une capacité de détection et de poursuite autonome d’une émission radar pendant le vol.

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