Pourquoi le risque de guerre en cascade en 2023 est-il plus élevé que jamais ? Une tragédie en trois actes…

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En 2020, face au risque de guerre en cascade, le pentagone estimait qu’il était en mesure de s’engager simultanément dans un conflit face à un adversaire majeur comme la Russie ou la Chine, et un face à un adversaire secondaire. Avec l’envoi de deux porte-avions en Méditerranée Orientale suite à l’agression terroriste du Hamas du 7 octobre, tout porte à croire, désormais, que l’outil militaire va rapidement atteindre ses limites, surtout si le conflit israélien venait à s’étendre.

Dans ce contexte, quels sont les risques que d’autres conflits d’opportunité viennent apparaitre, dans les mois et années à venir, face à une puissance militaire occidentale dorénavant incapable de tenir le rôle de régulateur qu’elle assuma pendant 30 ans depuis la fin de la Guerre Froide ?

Introduction

Au-delà du choc ayant suivi l’attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre, et de la réponse émotionnelle qui suivit, de nombreux commentateurs et experts se sont rapidement interrogés sur les capacités américaines et occidentales à soutenir simultanément l’Ukraine face à l’agression entamée voilà 600 jours par Moscou, et Israël en cas d’embrasement au Moyen-Orient.

Ainsi, alors que l’hypothèse d’un double front représente depuis plusieurs années le scénario du pire pour le Pentagone, en particulier tant que la transformation des armées américaines n’aura pas été suffisamment avancée, la première réaction de Washington face à l’agression du mouvement terroriste palestinien, a été de déployer deux groupes aéronavals en Méditerranée Orientale, et de renforcer l’ensemble des forces américaines présentes dans la région.

Tout aussi rapidement, sont apparues des interrogations sur la capacité des Etats-Unis, de ses armées et de son industrie de défense, s’ils devaient simultanément soutenir Israël dans une campagne militaire qui se serait étendue au Moyen-Orient, en particulier face à l’Iran, et simultanément, continuer de soutenir l’Ukraine, pour qui le cordon ombilical américain est vital.

M1 Abrams 105 mm US Army
La puissance américaine à la fin de la guerre froide était sans concurrence aucune

Depuis quelques jours, on voit industriels et officiels du Pentagone alerter le Congrès et l’exécutif sur les limites du soutien US aujourd’hui. Surtout, des inquiétudes émergent, quant au risque de contagion des conflits, alors que de nombreuses zones dont le statuquo dépend directement des capacités d’intervention américaines, sont sous tensions.

Il apparait, en fait, que les deux sujets sont intimement liés, dans une tragédie en trois actes qui trouve ses origines dès la fin de la guerre froide.

Prologue : la Pax Americana post Guerre froide

Toute bonne tragédie débute par un Prologue. Il se déroule, ici, à la fin de la Guerre froide, en 1991, qui fut marquée simultanément par l’explosion du Pacte de Varsovie, l’effondrement politique du bloc soviétique, et celui économique et social de la Russie.

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