Le Tampon d’exportation d’armement, le pari gagnant allemand et italien.

Ajouter aux Favoris
Article favoris

Si les prix et compensations industrielles ou politiques ont été au cœur des attributions de contrats d’exportation d’armement, ces trois dernières décennies, les délais de livraison sont devenus, depuis quelques années, l’un des principaux critères de sélection, dans ces dossiers.

Les chefs d’État et de gouvernement, en Europe et ailleurs, s’évertuent, en effet, à compenser, le plus rapidement possible, 30 années de bénéfices de la Paix, ayant laissé leurs armées exsangues et incapables de combattre.

Plusieurs pays, en Europe, ont anticipé ce bouleversement, et en tirent, désormais, d’importants bénéfices. L’Allemagne, comme l’Italie, ont ainsi entrepris de commander des équipements de défense surnuméraires auprès de leurs industriels, pour constituer des stocks, ou des capacités de production industrielles, afin de répondre à l’urgence des délais requis par leurs futurs clients.

76 des 105 Leopard 2A8 précommandés par Berlin iront en République tchèque.

En mai 2023, Berlin annonçait la commande de 123 nouveaux chars lourds Leopard 2A8, une évolution du Leopard 2A7HUN conçu pour les armées hongroises, et disposant, notamment, d’un système hard kill Trophy, d’une optronique améliorée, et d’un blindage modulaire renforcé.

Accès abonné

Accédez à l’analyse complète

Cet article est réservé aux abonnés MetaDefense. L’abonnement vous donne accès à l’ensemble des analyses, dossiers et décryptages publiés sur le site.

Aucun engagement. À partir de 1,99 €.

Publicité

Droits d'auteur : La reproduction, même partielle, de cet article, est interdite, en dehors du titre et des parties de l'article rédigées en italique, sauf dans le cadre des accords de protection des droits d'auteur confiés au CFC, et sauf accord explicite donné par Meta-defense.fr. Meta-defense.fr se réserve la possibilité de recourir à toutes les options à sa disposition pour faire valoir ses droits. 

Pour Aller plus loin

3 Commentaires

  1. Merci M. Wolf pour tous vos articles qui fournissent informations et réflexions très intéressantes et stimulantes pour toute personne s’intéressant aux questions de défense considérées globalement (aspects techniques, financiers, politiques, sociaux, etc.).
    Mais s’agissant de votre article concernant les tampons d’exportation, je pense que vous forcez un peu le trait pour les besoins de la démonstration.

    Car à la lecture de votre article, le seul véritable exemple de tampon d’exportation au sens strict du terme (i.e. commande surnuméraire avérée par un Etat au-delà de ses besoins propres) me semble être celui de la commande de chars Léopard par l’Allemagne.
    On observera d’ailleurs que cette « politique » ne semble être que ponctuelle car elle ne concerne qu’un seul matériel –« phare » sans nul doute- de l’industrie allemande. Il semblerait en effet qu’il n’y ait pas d’autre exemple de matériel allemand commandé de manière surnuméraire par l’Allemagne (bateaux, artillerie, etc.).

    S’agissant de l’Italie, je n’ai pas trouvé d’information indiquant que l’Etat italien ait commandé plus de PPA que nécessaire pour sa flotte. Il me semble plutôt qu’elle a réaffecté vers l’Indonésie deux PPA qui étaient en cours de construction pour sa marine nationale, et ce pour profiter d’une opportunité d’exportation (le délai de livraison étant redevenu comme vous le signalez un critère décisif pour certaines commandes militaires).

    Mais cette façon de faire n’est alors par propre à l’Italie pour être également pratiquée par la France depuis de nombreuses années. Je pense par exemple à la deuxième FREMM française dont la construction avait commencé à l’été 2008 et qui a été vendue au Maroc, une autre étant vendue en 2015 à l’Egypte, ces deux ventes décalant d’autant la livraison des FREMM destinées à la marine nationale. Un même décalage peut être observé aujourd’hui au sujet des FDI pour livrer la Grèce au plus tôt. En 2015 encore, certains des Rafale sur les lignes d’assemblage de Dassault ont été réaffectés à l’Egypte (à nouveau) pour honorer au plus vite la première commande de cet avion.

    On pourrait enfin sans doute évoquer (mais j’ai plus de doutes à ce sujet) le cas du canon CAESAR dont certains exemplaires ont sans doute été réaffectés ( de la commande française, tchèque, marocaine ?) pour servir dans l’urgence l’Ukraine.

    Ces exemples italien et français relèvent pour moi plus d’un certain opportunisme d’Etat, absolument pas blâmable, que d’une politique volontariste de tampon de la part d’un Etat prenant ainsi le risque de se retrouver in fine avec du matériel surnuméraire sur les bras et dont le financement resterait à sa charge.
    De ce point de vue, on remarquera que les incitations actuelles à destination de Nexter pour lui faire produire 12 canons par mois au motif que les besoins sont tels qu’ils trouveront facilement preneurs fait reposer le risque des invendus sur l’industriel, pas sur l’Etat français…

    Quant à la politique américaine en la matière et ses Foreign Military Sales, elle s’appuie moins sur une politique de tampon que sur un volume de commande nationale très importante dès le départ, ce qui permet plus facilement d’y greffer des commandes étrangères. Mais encore faut-il que l’industriel suive, ce qui n’est pas le cas actuellement de Lockheed Martin avec son F-35 (quel délai de livraison pour nos voisins helvètes par exemple ?), ni des chantiers navals américains pour ce qui est des sous-marins promis à l’Australie.

    Au final il me semble que la politique du « tampon » n’est que peu pratiquée et ne peut concerner que quelques best-sellers avérés, et pas trop couteux (le prix d’un Léopard n’est pas celui d’un F-35, d’un Rafale d’un patrouilleur, d’une frégate ou encore d’un sous-marin).

    Cette réaction, sans doute trop longue, vous montrera au moins tout le plaisir et l’intérêt que j’ai à vous lire et combien vos articles et réflexions amène vos lecteurs à se livrer à leurs propres analyses, en espérant que les miennes tiennent à peu près la route…

    Bien cordialement

  2. Le leasing est une très bonne idée ( et a déjà été abordé il me semble).
    Pour ce qui est de ce truc tampon, c’est rien d’autre que la distorsion de concurence avec des fonds publics qui viennent fausser un marché d’économie qui est déjà pas très bien regulé.
    Pis surtout, c’est surtout des commandes d’états déguisées pour éviter la fermeture des chaines de prod a court terme.

RESEAUX SOCIAUX

Derniers Articles