jeudi, mars 5, 2026

Pour la flotte de porte-avions de la Marine chinoise, 2024 aura été une année pivot

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Alors qu’en France, des voix continuent de s’élever pour tenter de faire dérailler le programme PANG, la flotte de porte-avions de la Marine chinoise, ainsi que l’acquisition des compétences pour les mettre en œuvre, sont devenues, pour Pékin, l’un des efforts clés pour être en mesure de contenir la puissance navale américaine dans les années à venir.

Entamé au début des années 2000, cet effort a connu plusieurs points d’inflexion. D’abord, avec l’entrée en service du Liaoning, en 2017, cinq ans après avoir été remis à la Marine chinoise. Le Liaoning, premier porte-avions du pays, n’est autre qu’une reconstruction totale de la coque du porte-avions Riga soviétique acquis auprès de l’Ukraine en 1998, à moitié construit, et équipé du nouveau chasseur embarqué J-15, entré en service deux ans plus tôt, lui-même dérivé d’un Su-33 également acquis auprès de l’Ukraine.

Deux ans plus tard, en 2019, c’était au tour du Shandong, sistership du Liaoning et premier navire entièrement construit en Chine, de rejoindre le service actif. Depuis, les deux navires ont multiplié les entrainements pour parfaire leur maitrise du combat aéronaval, une discipline nouvelle pour la Marine chinoise, qui ne bénéficie pas d’une aide extérieure étatique pour cela.

Mais ce sera incontestablement l’année 2024 qui représentera, à l’avenir, le plus important point d’inflexion dans la concrétisation des efforts chinois dans ce domaine, avec le début des essais du nouveau porte-avions Fujian de plus de 80.000 tonnes, dotés de catapultes électromagnétiques, des exercices de nouvelle nature pour la flotte existante, et la présentation de 3 nouveaux chasseurs embarqués, dont le J-35 de 6ᵉ génération, ouvrant la voie à la construction d’une vaste flotte de porte-avions chinois, capable de relever le défi de l’US Navy dans les années à venir..

Les essais à la mer du nouveau porte-avion Fujian

C’est en avril 2024, que le premier porte-avions chinois, équipé de catapultes et de brins d’arrêt électromagnétiques, a effectué son premier essai à la mer, après avoir été lancé moins d’un an plus tôt, en juin 2022.

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9 Commentaires

  1. je ne fais par partie des pontes de l’US NAVY, mais je me disais que si l’option du blocus de TAIWAN, par la marine chinoise devait effectivement se faire, peut être serait il plus judicieux de bloquer les arrivées maritimes de la chine elle même plutot que de l’afronter en direct. en effet la chine est extrêmement dépendante de ses importations et exportations. si on lui bloque sa capacité à la mer , ce qui ne serait pas insurmontable du fait de la configuration de sa façade maritine engoncée avec des pays avec lesquels elle n’est pas toujours en bons termes diront nous. 5 groupes aero positionnés en haute mer, entre eux quelques meutes de SNA pour calmer les récalcitrans, et il est possible de verrouiller leurs approches. après on attend et on verra qui est bloqué. ils pourront toujours faire les KAKOUS a l’ONU , cela ne changera pas grand chose. bon c’est une idée peut être moins con que d’aller au clash à essayer de les déloger d’autour de TAIWAN, ou ils sont à la maison.
    qu’en pensez vous les statèges ?

    • Ce qui reviendrait au même, c’est-à-dire à un conflit sino-americain, tout en collant l’étiquette d’agresseur sur les Etats-Unis.
      En outre, faire un blocus maritime de la Chine nécessiterait des moyens considérables : L’US Navy ne maintient que 4 GAC à la mer de manière simultanée. Cela obligerait aussi à beaucoup diviser les forces, et donc à les rendre vulnérables. Et c’est un bon moyen pour se mettre à dos les pays africains, moyen-orientaux, sud-américains et asiatiques, qui dépendent des échanges avec la Chine. Je ne vois pas vraiment d’intérêt à une telle stratégie, par ailleurs nécessairement poreuse via la Russie, et peut-être même l’Inde.

        • Non, mais le blocus du blocus n’est pas la solution à privilégier. Il est certainement préférable de s’appuyer sur les sous-marins pour éliminer les capital ships chinois, et détruire les stations radar et certaines bases aériennes support, avant de mettre en œuvre deux ou trois GAC pour briser définitivement de blocus, et empêcher un débarquement. En espérant que tout ceci ne finisse pas en conflit généralisé et nucléaire.

          • il est certainement tres risqué de s’en prendre à la chine autour de taiwan car elle considere que c’est un de ses territoires. donc risque de conflit généralisé et …

          • C’est précisément ce qui s’est passé en 1962. Les soviétiques ont retiré leur flotte, pour ne pas entrer en confrontation avec les États-Unis, en obtenant le retrait des Jupiter de Turquie. La flotte soviétique savait qu’elle ne prendrait pas l’avantage sur l’US Navy, et que cela déboucherait sur un conflit nucléaire, très probablement. Aujourd’hui, les États-Unis pensent encore pouvoir prendre l’avantage contre la flotte chinoise autour de Taïwan. Mais dès que ce ne sera plus le cas, il est très probable que pékin lancera son opération autour de Taïwan, d’autant que, contrairement à 1962, la Chine veut récupérer Twain, là où les États-Unis ne voulaient pas intégrer Cuba à leur pays.

  2. Merci, encore un article passionnant!

    Si la Chine compte disposer des moyens aéronavales que vous évoquez à l’Est de Taïwan avant d’entreprendre le blocus de l’île, il leur faudra tout de même plusieurs années pour les construire et les entraîner. La construction navale chinoise est rapide, mais cela risque de décaler de quelques années la fenêtre de Davidson.

    Quant PANG, s’il est essentiel pour que la MN demeure une marine significative, le format à un PA entraîne un déclassement de fait, par comparaison avec les programmes navals chinois ou indiens, et peut être d’autres à l’avenir. Et ce alors qu’un format supérieur semble financièrement inenvisageable. J’ai peut-être une tendance jeune école, mais n’y a-t-il pas d’autres moyens (SNA? porte-drones?) dont le rendement militaire/cout serait supérieur et différenciateur pour faire face à nos conflits probables? Au final, le PA represente peut être cet optimum, mais choisissons le pour ce qu’il est, et non pour des raisons de prestige.

    • C’est exact, on reste sur une fenêtre à 2027 pour pouvoir mettre en place un blocus temporaire, 2030 pour un blocus plus long, et autour de 2035, pour une opération aéro-amphibie de mon point de vue. Après, on ne peut exclure le facteur Xi Jinping. En effet, si la Chine a le temps, Xi, lui, a déjà 71 ans. Or, il veut à tout prix laisser son nom dans l’histoire chinoise, comme celui qui a remis le pays sur le toit du monde, et celui qui aura reunifié la Chine. Les références à Qin Chi Huang sont nombreuses, dans ses discours.

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