dimanche, novembre 30, 2025
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Les Etats-Unis pourraient déployer une batterie THAAD en Allemagne

Bien que l’information soit non-confirmée officiellement, plusieurs rapports semblent indiquer que les Etats-Unis s’apprêteraient à déployer une batterie de défense anti-missiles balistiques THAAD sur la base de Ramstein, officiellement pour contrer la menace des missiles balistiques iraniens Shahab-3.

Toutefois, cette décision intervient alors que la Russie semble avoir déployer de façon permanente des missiles SS-26 Iskander dans l’enclave de Kaliningrad, information officiellement dénoncée par le premier ministre Lithuanien en début d’année. Le THAAD est destiné à intercepter les missiles balistiques de portée intermédiaire dont la portée n’excède pas 1500 km, disposant de capacités de manœuvre et de déception, comme c’est le cas de l’Iskander. 

Cette annonce ne sera pas de nature à faire baisser la tension en Europe de l’Est, d’autant qu’elle intervient une semaine après que la Pologne ait officiellement proposé aux Etats-Unis de déployer de façon permanente une division blindée sur son territoire, moyennant une participation financière polonaise pouvant atteindre 2 Md€.

Elle montre surtout que, dès qu’il s’agit de faire face à une menace sérieuse, dite de haute intensité, les européens n’ont aujourd’hui d’autres choix que d’en appeler aux Etats-Unis. Comme je l’ai déjà dit, c’est là que ce situe le véritable frein à la création d’une initiative de Défense Européenne dépassant le cadre du symbole, et tant que un ou plusieurs pays européens n’auront pas mis en place une force militaire susceptible de répondre à ce type de menace, l’omniprésence américaine sera incontournable en Europe.

Le Pakistan commande deux nouvelles frégates chinoises Type 054A

Les liens entre le Pakistan et la Chine n’ont cessé de se resserrer ces 20 dernières années, sur fond de tensions avec le Etats-Unis et l’occident au sujet des soutiens supposés entre le gouvernement pakistanais et les talibans afghans. En conséquence, l’armée pakistanaise est allée s’équiper à Pékin, d’autant que les deux pays ont des relations conflictuelles avec l’Inde.

Après les chasseur JF-17, les 8 sous-marins S20 dérivés du type 039 commandés en 2015, ou les MBT Al Kahid tous fabriqués en Chine, c’est au tour de la Marine Pakistanaise de commander deux nouvelles frégates Type 054A, pour une commande de 4 navires, complétant la flotte pakistanaise déjà équipées de 4 frégates chinoises Type 053.

La frégate Type 054A est une frégate légère hauturière spécialisée dans la lutte anti-sous-marine, disposant d’une importante capacité d’autodéfense antiaérienne. Avec ces 4 unités destinées à remplacer les bâtiments Type 21 acquis auprès des britanniques, les 4 types 053 et les 4 corvettes Ada commandées auprès de la Turquie, le Pakistan disposera d’une flotte significative eue égard à sa façade maritime restreinte de 1000 km. En outre, le pays a autorisé la Chine à construire une nouvelle base navale militaire de Jiwani, permettant à l’importante flotte chinoise de renforcer la flotte pakistanaise, et de prendre en tenaille la flotte indienne si nécessaire.

La décision sur le remplacement des F-16 Belges est imminente

Le ministre de la Défense Belge, Steven Vandeput, va prochainement transmettre le rapport concernant le remplacement des F-16 au gouvernement belge, après une procédure très controversée depuis plusieurs années. Dès le lancement de l’appel d’offre, les dès semblaient pipés en faveur du F-35 de Lockheed, qui avait le plein support du ministre et de l’Etat-major de l’Armée de l’Air belge. 

Cela a entrainé le retrait des 2 des 5 compétiteurs, Boeing qui présentait le F-18 E/F Super Hornet, et Saab avec le Gripen, les deux constructeurs déclarants que la compétition n’était qu’une mascarade visant à donner un cadre légal au choix du F-35.

La France, pour sa part, a opté pour une proposition de partenariat stratégique avec la Belgique, englobant les aspects militaires et industriels, avec une compensation intégrale des couts d’achat et d’exploitation des rafales proposés, la possibilité d’embarquer sur le PAN Charles de Gaulle et l’intégration au projet SCAF. Cette proposition a suscité une réelle hostilité du coté du ministère de la Défense belge, qui chercha pendant plusieurs mois à en contester la légalité, pour se rabattre finalement sur un argument de « démarche non respectueuse » des institutions belges.

Si le Rafale reste en lice, ses chances sont toutefois minces face au F-35, qui a bénéficié du soutien du voisin hollandais. Dernier acteur, le Typhoon, présenté par la Grande-Bretagne, est resté discret tout au long de la procédure. Mais les incertitudes concernant l’avenir de l’appareil, dont moins de 100 unités restent à produire, ne plaident pas en sa faveur. En outre, l’appareil, s’il est incontestablement un excellent chasseur de supériorité aérienne, manque singulièrement de polyvalence.

Au final, le choix de la Belgique déterminera, en partie, l’avenir de l’initiative européenne de Défense. Le choix du F-35 enverra un signal très négatif à son égard, alors que le choix du Rafale donnerait une impulsion très importante au projet. Le choix du Typhoon, improbable, serait une sorte de « pat », ou de non décision, comme le serait le choix de prolonger les F-16 pour une dizaine d’années.

Cet appel d’offre est également une épreuve politique pour la Belgique, entre wallons et flamands, pro-atlantistes et pro-européens, la non divulgation d’un rapport concernant la possible prolongation des F-35 ayant très largement discrédité le ministre de la Défense, et entrainé la démission de plusieurs hauts responsables de l’armée de l’air belge.

Si le rapport du ministère sera très probablement en faveur du F-35, la décision finale revient au gouvernement lui-même. Quoiqu’il en soit, la conclusion est pour bientôt.

La Chine aurait débuté la conception d’un drone hypersonique

Un article parut sur un site spécialisé chinois présente les procédés de fabrication pour un nouveau dronequi devra faire face à des contraintes mécaniques et thermiques exceptionnels. Il est dès lors aisé d’imaginer que ce drone aura un domaine de vol hypersonique, d’autant qu’il semble que cette technologie, pour laquelle les chinois et surtout les russes semblent avoir une importante longueur d’avance sur l’occident, soit en passe de devenir un enjeu stratégique, allant jusqu’à faire de l’ombre à la toute puissante furtivité.

Il est évidemment bien trop tôt pour spéculer sur les performances d’un tel drone, ni sur son utilisation opérationnelle. En revanche, la problématique « hypersonique » commence à être bien connue, notamment concernant les importantes difficultés pour la contrer. Outre le fait qu’il faille des missiles ou des projectiles eux mêmes très rapides pour s’opposer à un missile (ou un drone) en vitesse hypersonique, ce sont surtout les délais de réaction très courts imposés par ces armes qui posent problèmes, obligeant les armées à profondément modifier leurs procédures de feu, avec un recours croissant à l’Intelligence Artificielle pour accélérer le processus.

L’article met également en avant les nouveaux procédés industriels utilisés pour réaliser le prototype, notamment l’impression 3D. Car si l’Industrie de Défense a fait des progrès si importants ces 20 dernières années, c’est en grande partie grâce aux évolutions de son outil industriel. Aujourd’hui, la Chine a non seulement rattrapé son retard dans ce domaine vis-à-vis de l’occident, mais l’a parfois surpassé dans certains domaines stratégiques. C’est la raison pour laquelle il est des plus probable qu’au cours des prochaines années, l’industrie de Défense chinoise surprenne beaucoup de monde par ses annonces.

Il est probable que l’industrie française puisse encore recoller à la célérité chinoise, mais les investissements à consentir devront changer d’échelle, nécessitant un changement de paradigme profond dans la conception même de l’industrie de Défense et de la Recherche. Toutefois, la fenêtre se restreint de jours en jours…

Saab et Damen propose leur modèle pour le remplacement des sous-marins néerlandais

Alors que des rumeurs laissent entendre que le marché des sous-marins polonais, qui voit TKMS et Naval Group se livrer un guerre sans merci, serait reporté, le programme de remplacement des sous-marins Walrus de la Marine Royale Néerlandaise reste un des enjeux majeurs pour les acteurs de ce marché. 

Et c’est Saab qui semble prendre un certain avantage en s’étant allié aux chantiers Damen, pour présenter une version modifiée de son Kockum A-26, intégrant un nombre très important de composants issus de l’industrie locale.

Pour autant, Naval Group pourra faire valoir des arguments exclusifs dans ce dossier comme en Pologne, à savoir la capacité de son Scorpène à mettre en œuvre le missile MdCN, une caractéristique de plus en plus importante aujourd’hui. 

Cette annonce sonne également comme une fin de non-recevoir pour TKMS qui avait tenté de proposer un partenariat à Damen pour ce programme. Avec les récentes déclarations de ministre du budget allemand, A.Stoltz, concernant les restrictions sur la croissance du budget fédéral attribué à la Défense, le programme de sous-marin norvégien pourrait être remis en cause, si l’Allemagne n’est plus en mesure de respecter ses engagements dans ce contrat (financement de 50% de la R&D, commande de 2 sous-marins pour la marine allemande).

De fait, le plan de charge de TKMS se trouverait particulièrement réduit, ne pouvant compter que sur les commandes israéliennes (la encore cofinancées par le gouvernement allemand) , et la commande de 2 sous-marins Type 212 par l’Italie, une commande qui fait beaucoup grincer des dents le camp français alors que Naval Group et Fincantieri négocient un rapprochement. 

Nouveau test du missile anti-navire léger

Depuis le retrait des AS-12, les hélicoptères de la Marine nationale ne disposent plus de missile anti-navire. Or, cette capacité d’engagement de petites unités à distance de sécurité pour la frégate est aujourd’hui devenue indispensable, pour contrer les patrouilleurs lance-missiles qui équipent de plus en plus de petites marines.

C’est la raison pour laquelle français et britanniques décidèrent de développer le missile ANL (Sea Venom pour les britanniques), pour Anti-Navire Leger, un missile de 110 kg portant à 20 km et équipé d’un autodirecteur à infrarouge. Le missile sera destiné à équiper les hélicoptères embarqués sur les frégates françaises, comme les Panther, les Caiman et le H-160 du programme HIL.

A l’instar du MMP, le nouveau missile antichar de MBDA, l’ANL est un missile « tire et oublie » disposant d’une capacité « homme dans la boucle » et d’accrochage après lancement, permettant des engagements sécurisés et évolués.

Le 18 Avril 2018, le second tir d’essai du missile a été effectuésur le polygone du Levant, pour valider la navigation très basse altitude (sea-skimming) et l’accrochage de la cible en milieu de vol. 

Le missile commencera à équiper les flottilles de la Marine nationale au début de la prochaine décennie.

Les discussions au sujet du S-400 avancent en Arabie Saoudite

Suite à la visite du roi saoudien à Moscou en mars 2017, l’Arabie Saoudite avait annoncé la commande de plusieurs systèmes d’armes russes, dont le missile anti-char Kornet. Les deux pays entamèrent également des négociations concernant la commande éventuelle du système de défense anti-aérienne S-400au royaume.  

En effet, les autorités Saoudiennes semblent réservées quand aux performances des batteries de missiles Patriot qui défendent les agglomérations principales du pays, notamment contre les missiles balistiques tirées par les rebelles Houtis.

Cette semaine, l’ambassadeur saoudien en Russie, Rayed Kimly, a déclaré que les discussions avaient beaucoup progressées, tant sur l’aspect technique que commercial, et que tout se déroule de manière satisfaisante.

Cette déclaration n’est pas anodine, puisque l’Arabie Saoudite, comme l’Inde ou la Turquie, risque de tomber sous le coup de la nouvelle loi CAATSA permettant à l’administration US de mettre en place unilatéralement des sanctions contre les pays qui s’équipent de matériels de pointe russe ou chinois, dont le S-400 est évidemment un représentant.

La Russie déploie d’importants efforts pour tenter de faire fléchir la position pro-américaine des monarchies du Golfe et les pays arabes, avec un certain succès. Ainsi, l’Egypte, qui traditionnellement s’équipait de matériels occidentaux depuis les années 80, a passé commande de MIG-29/35 à la Russie.

Il est également intéressant de constater que la Russie est prête à équiper l’Arabie Saoudite de S-400, alors qu’elle le refuse à la Syrie et à l’Iran.

L’inde confirme sa commande de S-400 malgré les risques de sanctions US

Alors que le sénat US a inclus un amendement excluant la Turquie des livraisons de F-35 dans la loi encadrant les exportations d’armements 2018, l’agence d’état russe Tass a annoncé la signature du contrat d’acquisition par l’Inde de l’équivalent de 5 régiments de S-400, pour un montant excédant 6 Milliards de dollar. 

Cette commande pourrait exposer l’Inde à l’application de sanctions US sous la loi CAATSA (On Countering America’s Adversaries Through Sanction Act). Ce serait évidemment très embarrassant pour la diplomatie US qui tente d’amener l’Inde à rejoindre la sphère d’influence US pour contrer l’expansion chinoise, et pourrait mettre à mal les nombreux contrats d’armements en cours au sujet desquels les Etats-Unis espèrent bien engranger d’importantes commandes.

En outre, si les Etats-Unis venaient à conférer à l’Inde un « passe-droit » au sujet d’un système aussi performants que le S-400, ce serait l’ensemble de la loi CAATSA qui se retrouverait décrédibilisée, voir invalidée, mettant l’administration Trump dans l’embarra. 

Alors que les relations entre la Russie et l’Inde s’étaient tendues ces dernières années, en raison de livraisons d’armes à la Chine (S-400, Su-35), et de discussions avec le Pakistan, cette annonce sonne comme un retour en grâce des industriels russes. Il faut dire que la Russie reste, de loin, le premier fournisseur d’armements à l’Inde, alors que l’Inde est le premier client à l’exportation des industries de Défense russe. Eu égard aux investissements de Défense très importants de la part de l’Etat russe, les recettes liées aux exportations vers l’Inde revêtent un caractère stratégique pour son effort de Défense. 

De fait, la décision Indienne a une portée géopolitique très importante, rassurant la Russie sur la pérennité de ses relations avec l’Inde, tout en refroidissant les prétentions américaines.

C’est également plutôt une bonne nouvelle pour l’industrie française, car l’Inde indique par cette décision qu’elle souhaite conserver sa politique non-alignée, donc la diversité de ses partenaires, dont la France fait partie depuis des décennies.

Le CAMM entre en service dans la Royal Navy et bientôt dans l’armée de terre britannique

Les forces britanniques utilisent aujourd’hui le système de défense anti-aérien à courte portée Sea-Wolf pour la protection de ses navires, et le Rapiers pour la protection de ses forces terrestres. Contemporain de crotale français, ces deux systèmes étaient déjà en service lors de la guerre des Malouines, ou ils rencontrèrent de vrais succès. Mais entre 1983 et 2018, les besoins en termes de défense anti-aériennes et anti-missiles rapprochée ont considérablement évolués : missiles antinavires supersoniques manœuvrant, drones, missiles de croisière .. Malgré les évolutions apportées aux vénérables seaWolf et Rapier, il était plus que temps pour les forces armées britanniques de s’adapter à la menace.

C’est ainsi qu’est né le CAMM, pour Common Anti-Air Missile, un missile à courte portée dérivé de l’ASRAMM Air-Air britannique, capable d’intercepter des cibles pouvant atteindre mach 2,7 à une distance de 25 km. Une fois intégré aux systèmes de détection des frégates de la Royal Navy, et du radar Girafe de l’armée de terre, ce missile donna naissance au système Sea Ceptor et Land Ceptor, qui équiperont respectivement les frégates type 23 et type 26 , ainsi que le 16th royal artillery régiment.

Le Sea Ceptor, qui a été déclaré opérationnel cette semaine sur 3 frégates type 23de la Royal navy, présente un avantage vis-à-vis du Mica VL, lui aussi construit par MBDA, mais pour la France : ses dimensions réduites lui permette d’être embarqué par 4 dans une cellule de lancement vertical, comme les cellules Sylver 35. En conséquence, un navire de petite dimension, comme une corvette, comme les Gowind 2500, peuvent disposer d’une capacité de défense aérienne très importante pouvant traiter une attaque par saturation. Il est a espérer que, dans le cas de l’évolution du missile MICA vers le MICA 2, cette spécificité ne soit pas ignoré, tant elle présente d’intérêts opérationnels, tant pour les petites que les grandes unités, et conditionnera le succès à l’export de ce futur système.

La mer noire, enjeu stratégique pour la protection de l’Europe

Durant la guerre froide, la mer noire, à l’image de la Baltique, était considérée comme sous contrôle soviétique, l’URSS et les pays du pacte de Varsovie bordant plus de 70% de ses côtes. Avec l’effondrement soviétique, suivit de l’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie à l’OTAN et des rapprochements entre l’alliance et la Géorgie et l’Ukraine, elle est devenue une zone très contestée, là encore, comme la mer Baltique.

Mais là ou, en mer Baltique, la Suède et la Finlande ne cessent de se rapprocher de l’OTAN, les relations avec la Turquie, qui contrôle les détroits qui donnent accès à la mer noire, se dégradent rapidement, au point d’envisager un départ de l’alliance.

Avec le renforcement de la puissance militaire russe, et notamment de la puissance navale en mer noire, la prise de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud en 2008, puis de la Crimée et du Donbass en 2013, la Russie a sensiblement renforcé sa position dans cette zone stratégique. Le rapprochement entre Ankara et Moscou renforce également la position russe, la Turquie ayant la possibilité d’empêcher tout envoi de renforts navals. Il faut noter qu’en mer baltique, la Russie dispose également d’une capacité de contrôle « des détroits » grâce à l’enclave de Kaliningrad, ou sont déployées deux brigades d’infanterie de Marine, des forces aériennes, des batteries de missiles anti-aériens S-400 et antinavires Bastions, ainsi que des batteries de missiles Iskander déployées « à la demande ».

C’est la raison pour laquelle l’OTAN a déployé des mesures de réassurances en Roumanie, comme elle l’avait fait en Pologne et dans les Pays Baltes. Une force multinationale de la taille d’un bataillon est désormais déployée en permanence à proximité de la ville de Craiova, en Roumanie, et des détachements aériens viennent renforcer les capacités de l’armée de l’air roumaine.

L’analyse des rapports de force en mer noire permet également de mettre en avant le rôle stratégique de la Turquie dans l’alliance, de part sa position tant en mer noire qu’en Méditerranée, et son contrôle des détroits. Raison pour laquelle, très probablement, les membres de l’OTAN tolèrent depuis longtemps les exactions et les provocations du président Erdogan…