samedi, novembre 29, 2025
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Des détails sur le chasseur embarqué chinois J-15 et son ancêtre, le Su-33

Alors que la Russie, et l’Union soviétique avant elle, ont toujours eu une doctrine d’emploi défensive des porte-aéronefs focalisée sur la protection anti-aérienne, la Marine chinoise applique, au contraire, une doctrine offensive, bien plus proche de celle des occidentaux, et de l’US Navy en particulier.

Si l’aviation embarquée chinoise permettra effectivement des missions de projection de force, la doctrine générale diffère cependant de celles des américains, britanniques ou français, pour qui le groupe aéronaval est une entité de projection de force autonome. Dans le cas chinois, le groupe aéronaval opère en coopération avec des forces basées à terre, au travers d’un réseau de bases couvrant toute la zone de prévalence chinoise. Si l’actualité met l’accent sur la mer de Chine, et les bases déployées sur les ilots des Paracelles et des Spartleys, la Chine déploie également un ensemble de bases navales et aériennes tout au long de sa route de la Soie, allant de la Chine orientale jusqu’aux cotes africaines. Ces bases chinoises sont déployées avec la bénédiction des autorités des pays concernés, comme au Bengladesh, au Pakistan ou à Djibouti. 

Des négociations seraient en cours avec d’autres états, notamment dans certaines iles du Pacifique Sud, ce qui n’est pas sans inquiéter le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Comme nous l’avons abordé hier, la Marine chinoise dispose également d’un nombre important de petites unités navales, comme les frégates Type 054 ou les corvettes Type056, lui permettant un déploiement de forces militaires effectives autour de ces bases, et non de simples patrouilleurs hauturiers, dont les capacités opérationnelles en font d’excellents navires de souveraineté, mais désarmés du point de vu militaire.

Les pays souhaitant garantir leurs territoires dans l’océan Pacifique et Indien, devront donc rapidement déployer des unités militaires navales et aériennes, disposant de capacités de combat réelles. De ce point de vu, la Marine nationale sera amenée, elle aussi, à faire évoluer sa doctrine de protection des territoires ultra-marins, en envisageant le déploiement de frégates de 1erou 2ndrang, qui disposent de capacités antinavires, anti-aériennes et anti-sous-marines, comme les FTI, en lieu et place des frégates de surveillance. Faute de quoi, les territoires français dans le Pacifique ou l’Océan Indien vivront probablement sous menace chinoise, avec les risques que cela engendre. 

Le blog RedSamovar.com, spécialisé dans les équipements militaires russes, a consacré un dossier au nouveau chasseur polyvalent embarqué chinois, le J-15, issu d’un programme de retro-ingénierie de 2 prototypes de Su-33 acquis auprès de l’Ukraine, concomitamment de l’achat du Varyag, le porte-avions soviétique inachevé qui deviendra le Liaoning, le premier porte-avions de la Marine chinoise.

Il montre également la méthodologie appliquée par la Chine pour concevoir et créer son aéronavale embarquée, tant du point de vue des bâtiments, alors que la construction du prochain porte-avions chinois, qui disposera de catapultes, a déjà débuté ; que des aéronefs.Enfin, il s’attarde sur les appareils issus de la très prolifique famille du Su-27, qui a donné naissance aux Su-30/33/34/35 coté russe, et aux J11/J15 et J16 en Chine. Cette approche d’un avion « noyau » servant de base à une famille d’aéronefs spécialisés, est au cœur de la stratégie russe concernant le Su-57, et n’est pas sans rappeler celle de la famille des mirages III/5/50/Dagger/Kfir/Cheetha …

La Russie modernise 30 bombardiers stratégiques Tu-22M3 Backfire-C

Le ministère de la Défense russe a annoncé le lancement du programme visant à moderniser 30 bombardiers stratégiques à long rayon d’action Tu-22M3 Backfire-C. Cette modernisation s’ajoute à celle déjà entamée portant sur une dizaine de bombardiers stratégiques Tu-160 BlackJack.

Les 30 appareils seront portés au standard Tu-22M3M, avec une avionique et une centrale de navigation modernisées, la régénération du potentiel des cellules, ainsi que l’extension des capacités d’emport d’armement, avec notamment la mise en œuvre de 3 missiles antinavires Kh-32 ayant une portée de 800 km et une vitesse avoisinant mach5.

Si le backfire est classé dans la catégorie des bombardiers stratégiques, c’est sa capacité à attaquer d’éventuels convois navals dans l’Atlantique nord qui est au cœur de son emploi opérationnel. Equipé de 3 missiles antinavires Kh22, un backfire peut frapper à 3500 km, et atteindre une vitesse maximum de mach2. Les forces russes disposeraient aujourd’hui d’une centaine de BackFire, mais le nombre d’appareils en état de voler est certainement plus réduit, de l’ordre de 50 bombardiers. Ils ont été employés aux cotés de Tu-160 pour des missions de bombardement en Syrie, en Géorgie et en Tchétchénie avant cela.

En avril 2017, les autorités russes ont lancé le programme PAK-DA, un bombardier stratégique furtif qui prendra la relève des Tu-160M, TU-22M3M et T-95M à l’horizon 2030. Selon toute vraisemblance, le PAK-DA, dont la conception a été confiée aux bureaux d’étude Tupolev, prendra la forme d’une aile volante subsonique, comme le B2 et le futur B21 américain, ou le H20, le bombardier stratégique chinois destiné à remplacer les H-6K, qui sera probablement dévoilé dans les mois à venir.

Le programme de drones récupérables GREMLINS sur de bons rails

Le programme GREMLINS, visant à lancer et récupérer des drones à partir d’un avion C-130 en vol, devrait entamer les premières démonstrations dés la fin de l’année prochaine, selon la DARPA. 

Cette capacité représenterait une avancée opérationnelle importante, en permettant à des drones de taille réduite, donc difficilement détectables, d’opérer en profondeur dans le dispositif adverse. Il faut noter, à ce titre, que des études sont en cours pour porter cette capacité sur F-22 et F-35, des appareils eux-mêmes furtifs.

D’autres domaines bénéficieraient d’une telle technologie, en particulier les avions de patrouille maritime, en leur permettant d’effectuer la mission en haute altitude, économisant ainsi le carburant et réduisant la vulnérabilité aux systèmes d’auto-défense anti-aériens déployés de sous-marin, tout en faisant évoluer des drones à très basse altitude, indispensable pour l’utilisation de détecteur d’anomalie magnétique.

Enfin, ce programme étendra les possibilités d’utilisation des essaims de drones, avec des procédures de lancement et de récupération par d’autres drones, ouvrant des perspectives en matière d’interdiction, de guerre électronique, de renseignement..

Les nouvelles unités de la Marine Royale Néerlandaise se précisent

La secrétaire à la Défense néerlandaise, Barbara Visser, a transmis au parlement batave la lettre de requête de la Marine Royale Néerlandaise pour une commande de deux nouvelles frégatesdestinées à remplacer les frégates de la classe Karel Doorman arrivant en limite d’âge, 6 bâtiments de guerre des mines pour remplacer les 6 chasseurs de mines de la classe Tripartite, ainsi qu’un bâtiment de support logistique supplémentaire. 

Les nouvelles frégates néerlandaises seront commandées au sein d’un programme commun avec la marine belge, qui souhaite également acquérir deux unités polyvalentes répondant aux mêmes besoins : défense anti-aérienne moyenne et courte portée, lutte antinavire et anti-sous-marine, mise en œuvre de commandos.

La conception et la construction de ces unités seront attribuées aux chantiers néerlandais Damen. L’anglais BMT, l’allemand Sea Naval Solutions et le suédois Saab ont été sélectionnés pour la conception et la construction des 6 unités de guerre des mines, alors que le contrat concernant la conception du navire logistique n’a pas été officiellement défini, mais sera attribué selon toute vraisemblance aux chantiers Damen, qui ont construit le premier navire logistique néerlandais, le HNLMS Karel Doorman.

Le 2ndporte-avions chinois débute ses essais à la mer

Le second porte-avions de la Marine chinoise, identifié pour l’heure par le code Type002, a débuté ses essais à la mer ce dimanche 13 mai. Le navire va entamer une série d’essais visant à  tester l’appareil propulsif de ce géant de 50.000 tonnes, le plus imposant bâtiment militaire jamais conçu et construit par l’industrie chinoise.

En se basant sur la durée des essais à la mer du premier porte-avions chinois, le Liaoning, le Type002 devrait entrer en service d’ici l’automne 2019. Si le Type002 ressemble à son ainé, il s’agit toutefois d’un navire nouveau, entièrement conçu en Chine, alors que le Liaoning avait été acquis aux chantiers Ukrainiens suite à la dislocation de l’URSS. De nombreuses différences sont visibles entre les deux navires, notamment concernant l’ilot, les ascenseurs, et les équipements de détection et de protection du bâtiment. 

En disposant d’un second porte-avions opérationnel, la Chine rejoindra les Etats-Unis, et le Royaume-Unis, comme seules nations à disposer d’une capacité de permanence d’un groupe aéronaval. Capable d’emporter et de mettre œuvre 36 appareils dont 24 chasseurs lourds J-16, le Type-002 sera un symbole fort de la montée en puissance de la Marine Chinoise sur la scène internationale, en attendant l’arrivée du Type 003, le prochain porte-avions chinois, qui devrait cette fois jauger 70.000 tonnes et être équipé de catapultes.

L’industrie chinoise a réussi à concevoir et construire, dans délais courts, un porte-avions indigène, ce que de nombreux observateurs pensaient impossible il n’y a que quelques années. Loin de se satisfaire de cette performance, elle a rapidement entamé la conception puis la construction d’une nouvelle classe de porte-avions, plus imposants, et dotés cette fois de catapultes. 

L’écart séparant les deux navires permet de se faire une idée de la vitesse de progression future de l’aéronavale chinoise. Avec un nouveau porte-avions tous les 3 ans, elle disposera donc de 4 unités en 2025, et des 6 unités qu’elle ambitionne en 2030. Il est également probable que les deux dernières unités de cette série, les PA 5&6, recevront une propulsion nucléaire, et pourraient être d’un tonnage plus important, pour se rapprocher des standards de l’US Navy.

En effectuant une projection basée sur la production actuelle des navires de surface par l’industrie navale chinoise, que rien ne laisse penser qu’elle baissera dans les années à venir, la flotte chinoise à l’horizon 2030 sera composée du :

  • 6 Porte-avions 
  • 3 à 4 LHD (navire d’assaut porte-hélicoptères)
  • 6 à 9 LPD (navire d’assaut)
  • 18 destroyers lourds / croiseurs
  • 45 destroyers
  • 60 à 70 frégates
  • 80 à 100 corvettes

50% de ces navires auront moins de 10 ans, et 85% moins de 20 ans. Si cette flotte représente « seulement » 50% de l’inventaire de l’US Navy dans le haut du spectre, elle est en revanche beaucoup plus dotée que cette dernière en matière de petites unités. Cette différence s’explique par une approche très différente des deux marines, l’US Navy étant adepte de la projection de force massive, alors que l’APL semble d’avantage privilégier la densité défensive articulée autours de bases navales et aériennes, comme c’est le cas en mer de Chine. En procédant ainsi, l’APL semble conçu et optimisée pour entraver la liberté de manœuvre de l’US Navy, et donc son efficacité opérationnelle.

Le sort du drone de combat franco-britannique semble compromis

Dans son interview donnée à l’hebdomadaire « Le Point », la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé que les britanniques avaient changé leur position concernant le projet de drone furtif qui devait être développé en collaboration avec la France. Ainsi, les britanniques semblent se diriger désormais vers un drone de reconnaissance, et non un drone de combat, tel qu’était initialement défini le projet. De fait, le projet évoluera vers la conception commune de briques élémentaires pouvant être employées par le projet britannique et le projet français, et non plus d’un drone commun aux deux pays.

Le projet de drone de combat furtif, lancé par les accords de Lancaster House, avait servit de cadre à la conception de deux démonstrateurs, le Taranis coté britannique, et le Neuron coté français, qui fédéra 5 autres pays européens (Grèce, Italie, Suisse, Suède et Espagne). Il avait été suspendu par les autorités britanniques pendant un an suite au vote en faveur du Brexit, avant d’être relancé il y a 2 mois. L’annonce de la Ministre des Armées est donc une évidente déception coté français, qui œuvre pour le maintien de liens étroits entre le Royaume Unis et l’UE dans le cadre de la construction de l’Europe de la Défense.

Si cette annonce est une déception, elle n’est pas une surprise. En effet, le Royaume-Unis est devenu le pivot de la stratégique Européenne concernant le F-35, position renforcée par la victoire électorale de partis hostiles au projet en Italie.

Alors qu’il y a quelques mois encore, de nombreuses voix s’élevaient outre-manche concernant les couts excessifs du programme F-35, il semble aujourd’hui que tant la RAF que le gouvernement britannique agissent comme de puissants VRP du chasseur américain.

Dans ces conditions, la conception d’un drone de combat furtif, un drone destiné à entrer en premier en zone fortement défendue pour éliminer les moyens de détection et les défenses anti-aériennes ennemies, apparaît comme une atteinte à la promesse client du F-35, qui repose justement sur cette capacité. 

A l’inverse, pour la France, le développement d’un drone de combat est un impératif opérationnel, avec un calendrier court, puisque devant entrer en service en 2030. En effet, un tel drone permettra aux Rafales français de conserver cette capacité à entrer en premier indispensable, même face à des réseaux de défense anti-aérienne très évolués, comme le S500 russe à venir.

Il faut noter que le design des drones de combat est diffèrent de celui des avions de combat furtifs de première génération, comme le F22 ou le F35, ce qui les rends plus difficile à détecter, notamment par des radars en bande VHF ou UHF. Or, ces radars sont appelés à être de plus en plus employés dans les années à venir, rendant la furtivité de ces avions de moins en moins efficace.

D’autre part, si l’Allemagne confirme sa décision de remplacer ses Tornados par des Typhoon, il est probable qu’elle rejoigne le programme français, faisant face aux mêmes besoins. De fait, il est probable que le drone de combat soit intégré au programme SCAF franco-allemand. Au final, le projet FCAS franco-britannique qui devait permettre de créer un drone de combat furtif puis un avion de combat de nouvelle génération, aura évolué vers le programme SCAF franco-allemand, ayant exactement le même périmètre…

Le J-20 expérimente les viseurs de casque

L’Armée de l’Air chinoise a communiqué sur l’utilisation de viseurs de casque à bord de son nouveau chasseur furtif à long rayon d’action J-20. Cette équipement permet au pilote de repérer et designer ses cibles simplement en bougeant la tête.

La technologie des viseurs de casque n’est pas nouvelle, et de nombreuses armées de l’air l’utilisent déjà sur des chasseurs de 4eme et 5eme génération. Mais elle démontre, encore un fois, que la technologie chinoise a atteint un niveau de maturité et de performance avancé.

Pour être efficace, elle requiert des missiles évolués capables de manœuvrer avec un dépointage important, de nombreux capteurs ainsi que d’importantes capacités de collaboration tactique et de fusion de données.

Si ni l’armée de l’air ni l’aéronavale française n’utilise aujourd’hui de viseur de casque sur Rafale (pour des raisons budgétaires), l’avion est bien évidemment adapté pour en tirer parti. Ainsi, les rafales des armées de l’air Indiennes et qatariennes en seront dotés.  

La Chine pourrait commander des nouveaux Su-35

En 2015, la Chine commanda à la Russie 24 chasseurs multi-rôles Su-35, dont la livraison devrait prendre fin cette année. D’ores-et-déjà déclaré opérationnel, l’appareil semble donner satisfaction aux forces chinoises, puisque plusieurs sources indiquent qu’une commande supplémentaire pourrait rapidement être passée pour 72 nouveaux appareils, afin de passer de un à 4 régiments équipés du chasseur russe, et ainsi remplacer les Su27 chinois arrivant en limite de potentiel.

Cette commande, si elle est avérée, confirmera les excellentes performances du dernier représentant de la famille Su-27, un appareil alliant un équipement avionique et optronique avancé, des moteurs très puissants, une manœuvrabilité exceptionnelle et un prix attractif, estimé à 50 m€. 

Il n’est pas exclu non plus que cette commande soit associée à certains transferts de technologies, notamment dans le domaine des moteurs, qui reste le point faible de l’industrie aéronautique chinoise. L’information n’étant pas officielle, elle n’a pas été traitée pour l’instant par la presse spécialisée.

Le ministère de la Défense allemand espère profiter de la croissance des recettes fiscales fédérales

Une semaine après la sévère protestation d’Ursula von der Leyen concernant les restriction de croissance dont le ministère de la Défense allemand devrait faire l’objet dans les années à venir, le ministre du budget, Olaf Scholz, a laissé entendre que les recettes fiscales supplémentaires engendrées par le regain de croissance de l’Allemagne, pourraient être attribuées, en parti, à ce ministère.

Cette solution a le mérite de satisfaire à la fois les adeptes de la rigueur budgétaire du SPD et les ambitions stratégiques de la CDU de Me Merkel pour une Allemagne militairement forte.

Toutefois, avec un budget de 38,5 Md€ en 2018, le ministère des armées allemand est loin d’être démuni, même si cela ne représente que 1,2 % du PIB du pays. Sans une réforme en profondeur du fonctionnement, des procédures d’acquisition, et des objectifs opérationnels des armées allemandes, l’extension du budget ne solutionnera pas l’état opérationnel catastrophique des forces allemandes. 

Cela risque dont d’abonder rapidement dans les sens des opposants à une Allemagne militairement forte ; opposants par ailleurs très atlantistes et peu favorables aux initiatives franco-allemandes en matière de Défense et de collaboration industrielle, jugées  couteuses, risquées, et inutiles vis-à-vis de la protection US existante …

L’Armée Populaire de Libération renforce sa présence et ses moyens en mer de Chine

La main mise chinoise sur la mer de Chine s’est renforcée d’un cran ces derniers jours, alors que des observations ont montré le déploiement de batteries de missiles anti-aériens HQ-9 et de missiles antinavires YJ-12, sur 3 des ilots de l’archipel des Spartleys transformés en base de défense.

Le HQ-9 est la version chinoise (sans licence) du système S-300 russe, capable d’engager un aéronef à 250 km de distance. Le YJ-12, quand à lui, est un missile supersonique antinavire lourd, comparable au P800 Onyx russe, sans en être une copie, et dont la portée atteint les 400 km. Ces systèmes lourds sont, en outre, protégés par des batteries d’artillerie et de missiles très courte portée.

Ces atolls ont été renforcés de sorte à recevoir une garnison permanente, ainsi qu’une piste d’aviation pouvant mettre en œuvre les chasseurs de l’APL. Ainsi, des clichés avaient montré la présence de chasseurs J-11 sur certains de ces ilots. Ainsi déployés, ces systèmes sont en mesure de créer une série de bulle de déni d’accès couvrant le littoral Vietnam, d’ou la protestation vive de des autorités de Hanoi, ajoutant aux tensions déjà vives dans cette zone.

La mer de Chine représente à la fois un enjeu stratégique et un test grandeur nature pour les autorités chinoises. 

Du point de vue stratégique, il s’agit d’empêcher la présence de navires, avions ou de sous-marins pouvant s’opposer ou détecter les sous-marins lanceur d’engins chinois, en transit vers l’océan Pacifique. En protégeant la mer de Chine de toute interférence étrangère, la Marine chinoise complexifie très nettement le travail des marines américaines, japonaises et Australiennes, en charge de pister ces navires.

D’autre part, le contrôle de la mer de Chine constitue également un test grandeur nature de la stratégie d’expansion chinoise, et de sa capacité à gérer la conflictualité. Initié par « la règle des 9 traits », cette stratégie, basée sur le fait accompli, a permis à la Chine de faire main-basse sur plus de 2 millions de km2 de zone maritime exclusive, et de toutes les ressources qui y sont associées, sans jamais avoir été menacé au delà des cours de justices internationales, par ailleurs ignorées par Pékin.

Aujourd’hui, avec une puissance militaire largement renforcée, la Chine est en mesure d’étendre cette stratégie au delà de ce premier cercle, en faisant peser une très importante pression sur Taiwan et sur l’Inde, tout en tenant à distance les flottes américaines et japonaises.