samedi, novembre 29, 2025
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Le drone EuroMale dévoilé au salon de Berlin

A l’occasion du salon Berlin Air Show, Airbus, Leonardo et Dassault aviation ont dévoilé une maquette à l’échelle 1 du drone EuroMale, le futur drone Moyenne Altitude Longue Endurance européen. 

Le choix d’une configuration bi-moteurs pour ce drone est souvent décrié, voir parfois raillé. Il est vrai que cette configuration augmentera nécessairement les couts, sans apporter un avantage opérationnel net en terme de plafond, vitesse ou du durée de vol (pas que l’on sache en tout cas). Toutefois, ce drone aura une capacité unique, celle de pouvoir, grâce à cette configuration, s’insérer dans le trafic aérien civil extrêmement dense au dessus de l’Europe, en respectant les diverses législations nationales et internationales. A ce titre, le drone EuroMale pourra donc mener des opérations de surveillance transfrontalières, chose actuellement impossible pour les drones comme le Reaper américain, qui vole en Europe sous régime national dérogatoire.

La configuration bimoteur apporte également un avantage significatif pour les missions éloignant le drone d’un terrain de dégagement, comme les opérations navales. Car même si la vie d’un équipage n’est pas en jeux, récupérer un drone à 100 millions d’euro en cas d’avarie moteur peut s’avérer économiquement pertinent…

Le Japon propose son P1 pour le futur avion de patrouille maritime franco-allemand

Alors que les américains investissent les médias pour tenter de faire fléchir le gouvernement allemand pour l’achat du F-35, c’est au tour des Japonais de tenter d’intercéder dans l’accord franco-allemand pour la construction du futur avion de patrouille maritime franco-allemand. Ainsi, le pays du soleil levant a envoyé deux Kawazaki P1, son avion de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine, au salon aéronautique de Berlin, et propose un « partenariat » pour développer le programme européen qui doit remplacer les Atlantique 2 français et les P3-C Orion allemands.

Or, Les compétences en matière de lutte anti-sous-marine et de Patrouille Maritime en France sont parmi les meilleures, si ce n’est les meilleures, au monde, du point de vue industriel comme opérationnel. La Marine Nationale et Thales ont maintenu un très haut niveau de compétences dans ce domaine, contrairement à de nombreux pays, dont les Etats-Unis (et l’Allemagne).

Ce défilé visant à tenter de s’insérer dans les programmes franco-allemands montre, s’il en était besoin, à quel point l’industrie de Défense mondiale voit d’un mauvais œil le rapprochement franco-allemand en matière d’industrie de Défense.

Le Canada lance un programme de radar quantique pour détecter les avions et missiles furtifs

L’Université de Waterloo a reçu un budget de 2,7 Md$ pour développer un nouveau radar quantique, alors que le Canada devra remplacer les radars de la ligne de détection arctique en 2025. Ce système permettrait la détection des appareils furtifs, indépendamment du fait qu’ils soient avec ou sans dérive, même de petite section.

L’article de la BBC prend de multiples précautions avec la technologie, et selon eux, aucune technologie n’est aujourd’hui capable de percer la furtivité des appareils modernes, ce qui est une affirmation très discutable …

Les radars quantiques reposent sur le phénomène d’intrication quantique des photons, selon laquelle deux photos peuvent être liées et reproduire leurs changement d’état, même à de grande distance. L’observation des variations des photons micro-ondes permettrait de déterminer la présence d’un appareil, sa forme, sa vitesse et sa trajectoire, même si les ondes sont réfléchies dans d’autres directions, comme dans le cas des avions furtifs.   

Cette technologie fait partie des diverses avancées destinées à contrer l’efficacité des technologies furtives, incluant les radars à basse fréquence UHF et VHF, ou les systèmes radars passifs, utilisant la réfraction des ondes « domestiques » du réseau GSM ou TNT pour localiser un mobile aérien.

De nombreux pays ont des programmes de ce type dans le monde, et notamment la Chine et la Russie, qui, par exemple, ont déjà déployés des radars basse fréquence dans leurs réseaux de détection et de défense anti-aérienne.

De fait, la furtivité structurelle, comme celle du F-22 ou du F-35, mais également du Su-57 et du J-20, est appelée à ne plus représenter un avantage déterminant dans les années à venir, et n’aura plus d’intérêt flagrant au delà de 2030. A noter que la multiplicité des systèmes de détection, reposant sur des fréquences et des moyens très différents, le brouillage radar sera, lui aussi, de plus en plus difficile. Les appareils spécialisés, comme le EA-18G Growler ou les J-15 et J-16 D chinois, accompagnant les avions d’attaque avec de multiples systèmes de brouillage, ont encore de beaux jours devant eux…

La Turquie démarre la fabrication de son char de nouvelle génération Altay

Le sous-secrétariat à l’industrie de Défense Turc, l’équivalent de la DGA française, a annoncé que le contrat pour la fabrication en série du nouveau char lourd indigène, l’Altay, avait été attribué à la société BMC, codétenue par un fond Qatarien et des investisseurs privés turcs (dont un des hauts responsables du parti Justice et Développement, le parti de Receipt Erdogan). Le montant exact de la commande est inconnu, mais le communiqué fait état de plusieurs milliards de $. La Turquie devrait commander plus de 1000 unités de ce char de 65 tonnes destiné à remplacer les chars M48 Patton et M60 de l’armée Turque. 

Après l’hélicoptère ATA T-129, et les corvettes Ada, l’Altay est un symbole de l’autonomie retrouvée de la Turquie pour la production d’équipements de Défense, un objectif stratégique du président Erdogan. La Turquie a par ailleurs la construction d’un porte-aéronef, et d’un avion de combat de « nouvelle génération » et ambitionne de devenir un des principaux partenaires de Défense des pays du golfe.

L’armée Turque a rencontré des difficultés avec ses chars lourds M60 et Léopard2-A4 lors de sa première intervention en Syrie « Bouclier de l’Euphrate » du 24 aout 2016 au 29 mars 2017, durant laquelle elle perdra une dizaine de chars lourds Leopard2 et autant de chars M60. 

Dassault Aviation et Airbus DS font front commun pour soutenir l’industrie aéronautique européenne de Défense

Dassault aviation, par l’intermédiaire de son CEO Eric Trappier, et Airbus Défense & Space, par son Pdg Dirk Hoke, ont présenté un front uni pour annoncer leurs collaboration sur le futur avion de combat franco-allemand FCAS, ainsi que sur le drone EuroMale, alors que les ministres de la Défense française, Florence Parly, et allemande, Ursula von der Leyen, vont annoncer le lancement du projet au niveau gouvernemental. Selon plusieurs sources, il semblerait que Dassault aviation supervisera la conception globale et les aspects vols de l’appareil (cellule, moteur) alors qu’Airbus supervisera ses systèmes.  

Cette annonce intervient après plusieurs mois de tractation pour décider qui ferait quoi, l’affaire n’ayant pas connu un démarrage très enthousiaste des deux industriels, lors de son annonce en juin 2017 par le président Macron et E.Merkel. Il semble qu’en compensation, l’Allemagne ai obtenu la conduite de projet du futur char franco-allemand, qui sera réalisé par le groupe franco-allemand KNDS, alors qu’elle assure déjà le pilotage de l’EuroMale, le drone MALE européen.

Cette annonce intervient alors même que Lockheed et l’US Air Force déploient des trésors de persuasion et de lobbying pour tenter d’amener les autorités allemandes à choisir le F-35 pour remplacer ses Tornado. Or, tant pour Airbus que pour Dassault Aviation, le choix du F-35 par l’Allemagne entrainerait le basculement complet des pays européens vers l’appareil américain, alors même que plusieurs pays sont en cours de consultation (Belgique, Finlande, Espagne). 

Un des principaux arguments avancés par le constructeur américain repose sur la possible utilisation de la bombe nucléaire américaine B-61 sous contrôle de l’OTAN, qui sera a priori intégrée au F-35, alors qu’aucune procédure d’intégration n’est pour l’heure pas prévue sur le Typhoon. C’est d’ailleurs le même argument qui est avancé en Belgique contre le Typhoon, et le Rafale. 

Or, ce « chantage » à la bombe est artificiel,  le contrôle des charges nucléaires restant dans les mains des Etats-Unis, et les pays de l’OTAN ne fournissant que le vecteur de transport. De fait, ces pays ne sont nullement maitre ni des cibles, ni des conditions d’utilisation de ces armes.

En outre, les chances qu’un appareil puisse s’approcher suffisamment d’une cible nécessitant une charge nucléaire pour larguer une munition gravitationnelle, sont faibles, pour ne pas dire inexistantes, même pour un aéronef furtif comme le F35, eu égard aux performances des systèmes de défense anti-aériens modernes.

C’est la raison pour laquelle la France a développé le missile nucléaire ASMPA tiré a distance de sécurité (jusqu’à 500 km selon les estimations), et atteignant mach 3 avec son statoréacteur. La pénétration à basse altitude et haute vitesse du Rafale associée aux performances de l’ASMPA forment aujourd’hui la composante aérienne de la dissuasion française. 

Alors qu’ont débuté les travaux pour le remplacer par un missile de nouvelle génération hypersonique ASN4G, prévu pour entrer en service en 2035, la mise en place d’un accord concernant l’utilisation de missiles ASMPA par certains partenaires Européens exploitant le Rafale, selon un protocole comparable à celui mis en place par l’OTAN et les Etats-Unis, pourrait, sans aucun doute, contribuer à engendrer un changement de perception de l’implication de la France dans la Défense Européenne. Nul doute qu’en Belgique, ce geste serait de nature à faire basculer une partie de l’opinion publique et, par voie de conséquence, une partie de la classe politique, en faveur de l’offre française.

Le BMPT-72 Terminator-2 est admis au service par l’armée russe

Le véhicule blindé de soutien aux chars BMPT-72 Terminator-2 a obtenu l’agrément final des autorités militaires russes, et les premières unités ont déjà été réceptionnées par certaines unités russes de la 1ere Armée de la Garde.

Ce blindé, basé sur le châssis du char T-72, est équipé de 2 canons de 30 mm, de deux lance-missiles bitubes équipés de missiles anti-chars Ataka-T d’une portée de 6000 m, et d’une mitrailleuse 7,62 télé opérée, a été conçu suite aux retours d’expériences suite aux guerres en Tchétchénie, en Géorgie et dans le Donbass, durant lesquels les chars russes se sont montrés vulnérables aux systèmes anti-char opérés par l’infanterie ou montés sur des véhicules rapides. Le Terminator apportera un regain de puissance de feu tant en zone de manœuvre qu’en combat urbains, contre l’infanterie et les blindés légers opérant à courte distance, ou contre les blindés lourds avant qu’ils n’arrivent à distance de tir.

A ce jour, il n’y a pas d’équivalent au Terminator 2 en occident, qui privilégie des concepts plus classiques entre des véhicules de combat d’infanterie comme le Bradley ou le VBCI, et des chars légers, comme le futur EBRC Jaguar français, plus mobile mais avec une puissance de feu légèrement plus réduite (2 missiles MMP tirant à 4000 m contre 4 Ataka-t portant à 6000 pour l’engin russe). Mais c’est dans le concept d’emploi que les doctrines divergent sensiblement, les chars légers français n’étant pas destinés à épauler les chars lourds dans leurs engagements. Est-ce à tort ou à raison ?

L’Ecosystème Rafale en tournée de séduction auprès des industriels indiens

Nous le savons, le marché indien attire les constructeurs aéronautiques. Avec une commande en cours pour la livraison de 36 Rafales, Dassault et le consortium Rafale, dispose d’un avantage important pour enregistrer de nouvelles commandes, d’autant que l’appareil a le soutien de l’Indian Air Force.

Pour que ces espoirs se concrétisent, les industriels français doivent parvenir à construire un réseau de partenaires et de filiales en Inde, respectant les exigences qualitatives françaises, afin de répondre à la doctrine « make in India » du président Modi. C’est la raison pour laquelle Dassault aviation, avec le concours du GIFAS, a organisé un voyage pour une soixantaine de chefs d’entreprises françaises en Inde, et venir au contact du tissus industriel local. 

Il faut rappeler que Dassault a l’expérience des contraintes Indiennes, le contrat initial portant sur 126 Rafale MMRCA ayant échoué du fait des difficultés à trouver des partenaires indiens répondant aux exigences qualitatives françaises, et ayant l’aval du ministre de la Défense de l’époque.

L’écosystème Rafale travaille actuellement sur 2 contrats potentiels en Inde : des commandes supplémentaires concernant le Rafale pour l’Armée de l’Air et/ou la Marine, que ce soit via les appels d’offres en cours, ou de grés à grés entre gouvernement, et la fourniture du moteur M88 pour propulser le chasseur léger Tejas Mk1A et Mk2, de fabrication indienne, et dont le moteur local kivali ne parvient pas à répondre aux besoins de l’armée de l’air indienne.

Le second porte-avions chinois pourrait débuter ses essais à la mer prochainement

Alors que la 8eme promotion de pilotes de combat embarquéseffectue actuellement ses tests de qualification sur le porte-avion Liaoning en mer de Chine, le second porte-avions chinois pourrait prochainement quitter son chantier naval pour entamer ses tests à la mer. C’est en tout cas ce que laisse penser les différentes observations faites ces derniers jours, entre le pont qui à été intégralement vidé, et l’arrivé de plus en plus massive de militaires de marine chinoise à bord du bâtiment.

Le Type 002, puisque le bâtiment n’a pas encore été baptisé, jauge 60.000 tonnes et peut emporter une trentaine d’appareils, dont les J-15, version chinoise du Su-33 construits par la Chine sur les bases d’un appareil acquis auprès de l’Ukraine.

La construction du 3eme porte-avions de la Marine Chinoise aurait déjà débuté. Il s’agirait cette fois d’un porte-avions à catapultes (probablement électromagnétiques), et à brins d’arrêt, amenant la Chine dans le club très fermé des marines opérant ce type de navire, qui pour l’heure ne comprend que les Etats-Unis et la France. L’utilisation de catapultes permet aux avions de décoller avec une masse supérieure, donc plus d’armements et de carburant, et permet également de déployer des appareils plus lourds, comme des avions radar EAW, tel le Grumman E2C Hawkeye, un atout considérable pour le porte-avions et le groupe aéronaval.

A noter que l’industrie chinoise travaille actuellement sur plusieurs projets visant à renforcer son groupe aérien embarqué, dont le KJ600, un appareil comparable au Hawkeye, des drones de combat embarqués, une version du J-15 dédiée à la guerre électronique etc..

Officiellement, la Chine n’a annoncé la construction que de 6 porte-avions. Ce nombre sera atteint entre 2030 et 2035. Il serait cependant surprenant que les chantiers navals chinois, et la Marine Chinoise, se limitent à ce nombre, alors que le pays cherche la parité militaire avec les Etats-Unis. 

L’Inde devrait commander 4 frégates légères russes de la classe Grigorovich (project 11356)

L’agence TASS a annoncé que l’Inde allait prochainement officialiser la commande de 4 frégates légères supplémentaires de la classe Grigorovitch, ou projet 11356. La Marine indienne utilise déjà 6 de ces frégates, construites localement entre 1999 et 2013. Pour ce nouveau contrat, 2 frégates seront construites sur place, alors que les 2 autres seront construites aux chantiers navals de Saint-Pétersbourg.

Comme à l’accoutumé avec les unités navales russes, les Grigorovitch sont particulièrement bien armées pour un navire de seulement 3200 tonnes : 8 silos verticaux pour missiles de croisière Kalibr ou Brahmos, 24 silos pour missiles de défense anti-aérienne à porté intermédiaire Buk, 1 canon de 100 mm, 2 CIWS et 2 systèmes d’auto-défense AA à très courte portée Igla. Elles disposent également d’une plate-forme et d’un hangar pour mettre en œuvre un hélicoptère moyen.

La Marine Indienne fait face à un important et urgent besoin de navires, sa flotte étant aujourd’hui très surclassée par le voisin chinois qui, rappelons le, construit chaque année plus de 150.000 tonnes de navires de guerre modernes.

L’Inde pourrait devoir faire face à des sanctions US en achetant le S-400 russe

Le nouveau train de sanctions contre la Russie et l’Iran, qui sera mis en œuvre par les Etats-Unis le 15 juin, le CAATSCA pour Countering America’s Adversaries Through Sanction Act, permet au trésor américain d’appliquer des sanctions financières et économiques à tout pays s’équipant d’armements russes fabriqués par des sociétés visées par cet acte. C’est le cas du système de Défense anti-aérienne S-400 commandé par l’Inde. Les autorités indiennes ont annoncé qu’elles demanderaient une dérogation à Washingtonpour cette commande, afin de ne pas risquer de sanctions US.

L’inde ne sera pas le seul pays dans ce cas : la Turquie, l’Egypte, L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et bien d’autres pays ont des commandes en cours ou à venir avec l’industrie de Défense russe. De fait, le CAATSCA risque fort de précipiter le retour des blocs dans la géopolitique mondiale, en agitant l’argument « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous » …