samedi, novembre 29, 2025
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Lockheed entame une campagne de séduction pour convaincre l’Allemagne d’acheter le F-35

Le remplacement des Tornado allemands semble être devenu le point de focalisation de Lockheed et de l’US Air Force, qui ne s’épargne pas pour tenter de séduire le gouvernement et l’opinons publique allemande, et ce en dépit des annonces du gouvernement en faveur d’une version optimisée Air-Sol du Typhoon. La France a, par l’intermédiaire du DGA, pris également position en faveur de l’avion européen, prévenant Berlin que le choix du F-35 pourrait remettre en question la collaboration franco-allemande concernant le chasseur de nouvelle génération FCAS. Ces prises de position sont révélatrices du lobbying intense entamé par le camp F-35, qui compte sur un soutien marqué de la Luftwaffe. Son Chef d’Etat-major aura d’ailleurs payé de sa position son soutien trop marqué à l’avion américain. 

L’argument déployé par Lockheed et l’US Air Force en faveur du F-35, et qui visiblement a fait mouche au sein de la Luftwaffe, et le même que celui ayant mené l’Allemagne à choisir le Patriot Pac-3 au détriment du système Eurosam SAMP/T Mamba, à savoir l’intégration au réseau de défense de l’OTAN, en empêchant une parfaite intégration des autres systèmes. Comme le F-35, le Pac-3 est beaucoup plus cher, et en bien des points, moins performants, que son homologue européen. Mais face aux besoins d’assistance de l’armée allemande, que seules les Etats-Unis sont en mesure de fournir, l’alignement sur les matériels et les doctrines US apparaît comme une alternative séduisante.

Pour inverser ce processus, outre la volonté politique indispensable au niveau européen, il sera nécessaire qu’une nation européenne développe suffisamment ses outils de défense militaires et industriels, pour apparaître comme une alternative crédible au bouclier américain. Si la LPM 2019-2025 permettra effectivement de reconstruire les capacités des armées françaises, leur format, hérité du LBDSN 2013, restant très insuffisant pour que la France puisse remplir ce rôle.

La Corée du sud lance un appel d’offre pour 12 hélicoptères anti-sous-marins

La DAPA (Défense Acquisition Program Administration), l’organisme en charge des programmes de défense en Corée du Sud, a lancé un appel d’offrespour le renforcer sa flotte d’hélicoptères à vocation anti-sous-marine forte de 8 AW159 Wildcat. L’appel d’offre, portant sur 12 unités à livrer en 2022, sera officiellement lancé le mois prochain. 3 constructeurs sont invités à soumissionner, Leonardo avec le AW159 Wildcat déjà en fonction, Sikorski avec le MH-60R, et NHIndustries, avec le NH90.

Si Leonardo semble avantagé avec sa flotte déjà utilisée par la marine coréenne, ce qui présente des avantages non négligeables en terme de maintenance et d’entrainement, le NH90 a des capacités très supérieures en terme de lutte anti-sous-marine, ayant bénéficié de l’expertise ASM de la Marine Nationale. Toutefois, il continue de souffrir de problèmes de disponibilité et de maintenance, qui joueront probablement en sa défaveur.

Y a t il vraiment une crise de confiance suite aux disfonctionnements des missiles MdCM ?

Depuis la parution mardi 17 avril, trois jours après les frappes en Syrie, d’un article rapportant que les missiles de croisières MdCN auraient connu des mauvais fonctionnements pendant la séquence de tir, empêchant le lancement de 3 missiles, et nécessitant l’intervention de la frégate Spare, de nombreux articles de la presse écrite et en ligne se gargarisent de « l’échec technologique français », certains allant jusqu’à donner foi aux hypothèses ridicules de la propagande russe.

Il est donc nécessaire de poser, une fois pour toute, les données, et ce afin de pouvoir porter un jugement éclairé sur ces évènements :

  1. Le MdCN

La Marine Nationale avait déployé 5 frégates en zone MEDOR, en méditerranée orientale, qui devaient lancer 3 à 6 missiles de croisières MdCN. Lors de la procédure de lancement, la frégate Aquitaine rencontra un incident qui empêcha le tir de sa première salve. La frégate Spare, la Provence, lança alors 3 missiles, comme cela était prévu, en cas d’incident de tir.

Les 3 missiles tirés ont parfaitement fonctionné, ils ont suivi la trajectoire prévue, en trajectoire rasante, et ont frappé leurs cibles. Il est fait état d’un possible second incident sur la frégate Languedoc, mais les informations à ce sujet sont contradictoires. Il semble surtout que la Languedoc n’ai pas pu tirer sa Salve dans la fenêtre de tir impartie.

Rappelons que les 3 frégates, qui normalement doivent disposer de 16 missiles chacune, n’avaient que 10 missiles en tout (donc 4/3/3), ce qui en dit long sur l’urgence du chargement de ces missiles à bord des navires. D’autant que ces 3 navires étaient, quelques jours avant leur déploiement, eux même en mission.

De fait, la mission navale française était en condition fortement dégradée. Dans ces conditions, un incident de tir n’a rien de surprenant, et ne remet en rien en cause la confiance que peut avoir la Marine Nationale dans ses navires FREMM, et dans le missile MdCN, qui par ailleurs s’est parfaitement comporté.

  • Le SCALP

Les 5 Rafales de l’Armée de l’Air, escortés par 4 mirage 2000-5, ont mené une mission de 4000 km avant d’atteindre leur zone de tir. Chaque Rafale transportait 2 Missiles de croisière SCALP EG. 9 missiles ont parfaitement fonctionné et ont frappé leurs cibles, en évitant les zones de détection des radars russes et syriens. Un missile a connu un incident de tir, et comme le veut la procédure, n’a pas été lancé. Il a été largué plus tard dans une zone interdisant la récupération du missile. Les 9 appareils de l’armée de l’air se sont posés sur leurs bases de départ, après un vol de prés de 10 heures.

Voici pour les faits. On le comprend, il n’y a aucune raison de parler de crise de confiance. Les missiles lancés ont parfaitement fonctionné, ont frappé leurs cibles, et, selon les dires russes, n’ont pas été détecté par les radars russes, y compris par un Beriev 50 Mainstay. L’incident de tir sur la frégate française peut avoir de multiples causes, sachant que le moindre incident dans la check-list de lancement entraine son arrêt. Ce type d’incident est donc bien moins problématique (et beaucoup facile a corriger) que ceux qu’ont connu les tirs de missiles de croisière russes qui s’abimèrent dans les plaines iraniennes, à plus de 1000 km de leur cible, ou des multiples mauvais fonctionnements de missiles Tomahawks qui, eux aussi, ont eu tendance à se perdre dans la nature.

En tout état de cause, ces incidents font partie intégrante de la planification des opérations militaires, et avaient été anticipés par l’Etat-Major qui avait déployé plus d’appareils et de navires pour cette raison, entre autres. 

La seule erreur commise dans cette mission par les autorités militaires et politiques qui l’ont planifié et suivi, fut de ne pas imposer un black-out ferme et strict sur le sujet, de sorte à ce que l’information soit communiquée en temps voulu, dans le contexte adapté. Il revient également aux rédacteurs en chef de faire preuve de responsabilité, et de ne pas se précipiter sur une « information sensible» sans en avoir reçu l’aval des autorités de tutelle.

La Corée du nord suspend ses essais nucléaires et balistiques

La Corée du Nord a annoncé vendredi, par voie de communiqué officiel sur la chaine de télévision d’Etat, qu’elle suspendait ses tests nucléairesainsi que ses tests de missiles balistiques, et qu’elle fermait son infrastructure de développement d’armes nucléaires. Cette annonce, qui a pris de court la majorité des capitales mondiales, a été vivement saluée en Corée du Sud, ainsi qu’en Chine. Le président Trump s’est empressé de Tweeter sa satisfaction, dans l’attente de sa rencontre avec le président nord-coréen dans un mois. Seul le Japon a eu une réaction très mesurée, voir sceptique.

Quoiqu’il en soit, le président Coréen a très habilement établit le contexte de sa future rencontre avec le président Trump, quelques semaines à peine après s’être mutuellement insultés et menacés de guerre totale. En effet, contrairement à l’Iran qui n’avait pas encore mené son programme nucléaire a terme, et faiblement soutenue à l’internationale, le président coréen pourra rencontrer le président US fort d’un soutien très marqué de plusieurs capitales asiatiques, dont Pékin, et du soutien de la Corée du Sud, une chose impensable il y a à peine 6 mois. Ce changement d’attitude de la Corée du Sud est le résultat de l’ouverture proposée par la Corée du Nord lors des jeux Olympiques d’hiver, une initiative très appréciée à Séoul.

Kim Jung Un pourra donc, face au président Trump, aborder la réunion avec de nombreux atouts politiques, et pourra donc négocier un accord très favorable à la Corée du Nord, et très probablement à son régime, chose également impensable il n’y a que quelques mois. 

La finesse politique du leader nord-coréen contraste très nettement avec l’image de joufflu capricieux largement colporté par les médias. Peut-être est-il temps de le considérer avec un regard neuf, sans préjugé positif ou négatif, tout en gardant à l’esprit qu’il est, visiblement, très loin d’être idiot ? 

Le retour des munitions air-sol légères

L’US Marines Corps a annoncé avoir terminé la campagne de qualification du système APKWS, pour Advanced Précision Kill Weapon System, sur avion F-18. Déjà qualifié sur Harrier AV-8B, ce système repose sur une roquette de 2,7 pouces guidée par laser, disposant d’une très grande précision afin de réduire les dégâts collatéraux, et augmentant le nombre de tirs possibles par appareil, vis à vis de missiles ou de bombes traditionnels. Ce système sera également monté sur les hélicoptères du corps des Marines.

Parallèlement, Raytheon a annoncé avoir terminé les tests pour le développement de sa bombe légère, appelée Small Diameter Bomb II, une munition Air-Sol légère de précision, dont un seul F-35 peut transporter 44 exemplaires.

Avec le développement technologique, les munitions Air-Sol ont gagné en précision et portée, mais également en poids, et en prix. Au point qu’aujourd’hui, il n’est pas rare qu’une munition de plusieurs centaines de milliers d’Euro soit utilisée pour détruire un 4×4 de quelques milliers d’euro.

En outre, alors que dans les années 80 et 90, le nombre de munition larguées était relativement faible, exception faite de la guerre du Golfe, l’appui aérien est devenu aujourd’hui parti intégrante des tactiques modernes. A ce titre, les pays intervenant en au Levant et/ou en zone Saharienne, comme la France et les Etats-Unis, ont fait face à des niveaux de stock de munition atteignant des seuils critiques, et des capacités de réassort trop faibles.

De fait, alors que les munitions légères avaient quasiment disparues des inventaires des forces armées modernes, elles font leur retour depuis quelques années, au travers de roquettes guidées laser, ou de munitions légères guidées et/ou intelligentes.

C’est le cas en France de la société Thales, qui a développé simultanément une roquette à guidage laseret mise à feu par induction, destinée à équiper les hélicoptères de l’ALAT, ainsi que de la bombe BAT120, une bombe de 35 kg a guidage laser, qu’un mirage 2000 peut transporter à 9 exemplaires, ou le SmartGliderde MBDA, une bombe planante de 120 kg portant à plus de 100 km, dont 18 exemplaires peuvent être transportées par un unique Rafale.

Retour d’un groupe aéronaval américain en Europe

L’US Navy a annoncé qu’elle redéployait le groupe aéronaval du porte-avions USS Truman en zone Europe, une première depuis la fin de la guerre froide. Ce déploiement a pour but, selon le Pentagone, de s’opposer à la montée en puissance des forces navales et aériennes russes en mer Baltique, mer du Nord, Noire et en Méditerranée.

Si les forces de surface russes sont aujourd’hui loin de poser un problème insoluble aux marines européennes de l’OTAN, ne disposant pas de ses grandes unités de la classe Kirov ni même de son porte-avions de la classe Kirov, qui sera en entretien jusqu’à 2020, minimum, les forces sous-marines russes sont, elles, montées en puissance et atteignent un seuil capacitaire qui pose problème à l’OTAN. C’est le cas des sous-marins nucléaires lance-missiles OSCAR, et des sous-marins diesels Kilo, très discrets, qui sont disponibles en nombre et servis par des équipages entrainés.

De même, l’aviation navale Russe, qui va percevoir cette année un complément du très performant Su-30, et qui opère un nombre inconnu de Tu-22 Backfire et Tu-95 Bear, s’est également renforcée, et est à nouveau capable de mener des raids à longue portée en Méditerranée et en Atlantique Nord.

Avec le porte-avions français en Indisponibilité PERiodique pour entretien jusqu’à l’été, et les porte-avions britanniques qui n’ont pas encore de groupe aérien opérationnel, le groupe aéronaval de l’USS Truman représente bien un renfort appréciable, avec une capacité de réponse à court terme notable.

Soupçons de corruption en Corée du Sud concernant le contrat portant sur l’acquisition de 40 F-35A

Les autorités sud-coréennes font face à une enquête concernant l’attribution, en 2014, du contrat FX-III à Lockheed pour l’achat de 40 F-35A. En effet, alors que l’appel d’offre avait vu la victoire du F15-Silent Eagle de Boeing, version « furtive » du F15, pour un montant de 7,3 Md$ pour 60 appareils, l’intense lobbying de Lockheed, et une lettre ouverte signée par plusieurs anciens chefs d’Etat-Major de l’armée sud-coréenne, remirent en question cette victoire, pour finalement l’attribuer au F35A de Lockheed, moyennant la baisse du nombre d’appareils à 40, afin de rester dans l’enveloppe budgétaire initiale.

D’autre part, il semblerait que Lockheed n’ai pas respecté son engagement de « meilleur prix » vis à vis de la Corée du Sud, puisqu’aujourd’hui, la Corée du Sud paye ses F35A au tarif unitaire de 120 m$, alors que l’US Air Force annonce un prix unitaire de 94 m$ (hors moteur).

Alors que le Japon envisage un nouveau chasseur inspiré du F22 et du F35, que la chaine de production italienne du F35 fait face à une grève sur fond de volonté  d’annulation du contrat par le parti « 5 étoiles », vainqueur des élections », et que le Pentagone a suspendu l’acceptation des F35 en raison d’un désaccord sur les responsabilité financière de problèmes de corrosion constatés sur les F35 livrés au forces US, il semble bien que la narrative F-35 commence à se fissurer …

Lockheed propose un nouveau chasseur au Japon

Alors que l’administration Trump met une importante pression sur le gouvernement japonais de Shinzo Abe, afin de compenser le déficit de la balance commerciale des Etats-Unis avec le Japon en commandant des équipements de défense « made in America »,on apprend que Lockheed martin aurait proposé au forces aériennes japonaises d’autodéfense la conception d’un appareil hybride entre le F22 et le F35.

Cette proposition répond aux ouvertures japonaises quand à une aide extérieure pour la réalisation du projet F-3 d’avion furtif, décidé lorsque les Etats-Unis ont refusé d’exporter le F-22. 

Selon Lockheed, cet appareil reposerait sur des technologies empruntées aux deux appareils, pour un appareil supérieur à ces deux parents dans tous les domaines. Très probablement bimoteur, cet avion remplacerait les F-15 japonais à horizon 2030. L’appareil devra, selon les modalités de la RFI, être équipé de moteurs et radars japonais, et devra être assemblé sur place. Il n’est pas précisé le nombre d’appareils espéré par les forces d’autodéfense japonaises , ni si l’appareil allait être proposé à l’exportation, ce qui ne serait pas une surprise eu égard aux orientations données par le premier ministre japonais. 

Le financement de l’Europe de la Défense n’est pas défini, en dépit des annonces

Selon le site d’information euobserver spécialisé sur les questions européennes, la commission européenne rencontrerait des difficultés pour former les groupes d’experts spécialisés Défensepour travaillant sur les initiatives européennes de Défense. En outre, il semble que les modalités même de financement n’aient pas été correctement définies, présageant de difficultés d’exécution des promesses enthousiastes faites il y a quelques mois.

Selon plusieurs spécialistes de la question, les budgets annoncés pour soutenir l’Europe de la Défense ont effectivement une source très opaque, certains n’hésitant pas à dire que ces budgets sont virtuels, et décomptez plusieurs fois dans différentes lignes de crédits.

Le financement des initiatives européennes de Défense revêt un caractère crucial, non seulement pour l’émergence d’une Europe de la Défense, mais pour accompagner la transition vers « une Europe qui protège », l’axe choisi par le président Macron. Comme souvent, dans les instances dirigeantes de l’union, les initiatives sont vidées de leur sens sur l’hôtel de la décision unanime. C’est le cas de l’Europe de la Défense, qui aujourd’hui se concentre  sur un accompagnement de projets multinationaux. Or, plusieurs expériences, ainsi qu’une étude de la Cours de Comptes, ont montré que la multiplicité des acteurs dans les projets de Défense est un facteur aggravant pour le respect des délais et des couts. En outre, cette approche, non seulement ne participe pas à la consolidation indispensable de l’industrie de Défense en Europe, mais incite à la multiplicité de ces acteurs, ce qui va à l’encontre même des objectifs prioritaires de l’Europe de la Défense.

Enfin, en fonctionnant par projet, et non de manière élargie sur un ensemble de programmes liés, le PESCO encourage la compétition et le lobbying entre entreprises européennes, et à ne considérer le PESCO non pas comme une initiative politique, mais comme une source de financement possible. Ainsi, lorsque les instances PESCO ont annoncé sélectionner le projet de drone naval de l’italien Leonardo, le projet Airbus-naval Group à tout simplement annoncé qu’il développerait sont propre projet, de son coté. 

Enfin, alors que l’Union Européenne a fait son succès dans l’assistance au développement des pays entrants, comme ce fut le cas de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal, de l’Irlande puis des pays de l’est, pour le volet économique, et en régulant l’activité de manière équitable pour le maintien des cours, comme ce fut le cas de la PAC, le PESCO ne participe pas à l’équipement des armées des pays en demande.

De fait, les initiatives européennes de Défense apparaissent, pour beaucoup, comme une action à faible efficacité, et même, pour certain, une simple action de communication. Or, il serait possible de transformer cette initiative pour non seulement soutenir l’innovation et l’industrie de Défense, mais sa concertation raisonnée et équitable, et de participer activement à l’équipement des pays à faible PIB, qui aujourd’hui, se tournent pour la plupart vers les Etats-Unis pour trouver des solutions à base d’équipements d’occasion, affaiblissant encore d’avantage le rôle perçu de l’Europe de la Défense. L’initiative Socle Européen de Défense, qui sera présentée le 12 Juin à 16 :00 lors du Salon EuroSatory, propose une approche innovante et performante pour atteindre ces objectifs dans un modèle économique à très faible impact budgétaire.

Les Etats-Unis peuvent ils perdre la supériorité aérienne ?

Dans cet article publié par DéfenseNews, le Colonel en retraite de l’US Air Force Keith Zuegel, pilote de chasse ayant participé à l’opération Desert Storm, dresse un bilan alarmant de l’Etat de l’US Air Force aujourd’hui. Selon lui, avec seulement 55 escadrons de chasse en activité, l’US Air Force n’a plus la taille critique pour s’assurer d’obtenir la supériorité aérienne quelque soit le théâtre d’opération.

Selon lui, le F-35 doit impérativement être livré en plus grand nombre à l’US Air Force, seul appareil en production aujourd’hui, selon lui, capable de survivre à un environnement de guerre moderne. Alors que le F16 était produit à plus de 180 unités par an, il déplore que le rythme de livraison du F35 stagne entre 50 et 6à appareils par an.

L’argument avancé par l’auteur pour justifier l’augmentation des commandes et des livraisons de F-35 à l’US Air Force est particulièrement intéressant. Selon lui, le F-35 est le seul appareil moderne de 5eme génération en production en occident, plus particulièrement aux Etats-Unis. Face à l’aggravation des menaces, la seule solution semble bien d’augmenter effectivement la production des F-35. C’est donc, en quelques sortes, un choix « par défaut ». 

L’auteur fait ainsi reposer les performances du F-35 sur sa furtivité, seule technologie capable d’assurer la survivabilité d’un appareil dans un contexte moderne, selon lui. Cet argument est éminemment contestable, du fait d’une part des limites importantes de la furtivité du F-35, limitée au secteur frontal, en configuration lisse, et donc avec un rayon d’action très limité, et des capacités d’emport d’armement également limités.

D’autre part, la Russie, comme la Chine, ont commencé à déployer des radars en bande UHF et VHF à leurs dispositifs de défense anti-aérienne, comme le S-400. Or, les technologies employées pour accroitre la furtivité du F-35, comme pour le F-22, le Su-57 et le J-20, sont peu efficaces face aux radars basse fréquence. Il faut noter également que si le F-35 a une signature radar réduite, ce n’est pas le cas de sa signature thermique. Or, le F-35 ne dispose pas d’un système optique IR très performant, contrairement à celui du Su-35 par exemple, ou de l’OSF du Rafale, permettant d’identifier une cible à 50 km sans émettre la moindre onde radar.

En d’autres termes, l’extraordinaire survabilité du F-35 présentée comme l’Alpha et l’Omega de la guerre aérienne par le Colonel Zuegel, est loin d’être aussi avérée qu’il ne le déclare.

En second lieu, il est également surprenant que toute la démonstration n’intègre, à aucun moment, une quelconque référence aux problèmes de couts d’achat et de maintenances du F-35. Car, si Lockheed aime à annoncer que le F-35 A est aujourd’hui proposé à 90 millions de $, le fait que ce prix n’intègre pas le prix du moteur, une bagatelle de 15 millions de $, et d’équipements indispensables, mais non fournis par Lockheed, est en général passé sous silence. Dans les faits, les F-35A proposés à la Belgique le sont à 150 millions de $ l’unité. Il n’est pas fait référence non plus aux 60.000 $ par heure de vol que coute la maintenance du F35A, ni à la disponibilité inferieure à 50% de la flotte, un chiffre problématique dans la mesure où les appareils ne connaissent qu’une activité restreinte.

On le comprend, cet article nous permet d’entrevoir la stratégie finale de Lockheed au sujet du F-35, à savoir être l’unique alternative aux besoins de chasseurs de l’US Air Force, et, par voie de conséquence, aux forces aériennes occidentales. Les pays qui ont choisi, ou choisiront, le F35, ne renoncent pas seulement à leur indépendance technologique et de Défense vis-à-vis des Etats-Unis, mais vis-à-vis de Lockheed. Une situation contre laquelle le président Eisenhower n’avait cessé de se battre, et de mettre en garde le congrès et les alliés des Etats-Unis.