samedi, novembre 29, 2025
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Le LHD HMS OCEAN est vendu aux brésiliens après seulement 23 ans de service

Le navire d’assaut porte-hélicoptères HMS Ocean aura été le navire amiral de la Royal Navy pendant prés de 20 ans. Il a été retiré du service pour être vendu au brésil avec l’arrivée du porte-avions HMS Queen Elizabeth,pour un montant de 84,3 millions de Livres Sterling. Le navire de 21.000 tonnes est capable de projeter 400 hommes ainsi qu’une douzaine d’hélicoptères de tout type. Il renforcera significativement les capacités de la Marine Brésilienne après la décision de celle-ci de retirer du service le porte-avion Sao Paolo (Ex Clemenceau) 

La revente d’un navire n’ayant pas 25 années de service peut apparaître comme étonnante. Pourtant, les britanniques sont devenus maitres en la matière, et de nombreuses unités navales de la Royal Navy sont revendus sur le marché de l’occasion au delà des 20 ans.

Cette mesure est, en réalité, très pertinente. Elle permet d’une part de fluidifier l’effort industriel en linéarisant la production de navires, de sorte que les chantiers navals britanniques sont beaucoup moins dépendants des exportations pour maintenir savoir-faire et effectifs que leurs homologues français. D’autre part, cela permet à la Royal Navy d’opérer des unités non obsolète, comme par exemple nos patrouilleurs hauturier A69 qui excèdent les 40 ans de services. Cela créer un marché secondaire au niveau de l’entretien et des pièces détachées qui renforce également le tissu industriel de Défense du Royaume-Unis. Enfin, cela ouvre des opportunités futures pour d’éventuels exportations d’unités neuves, les marines ayant pu faire l’expérience de la technologie et de la méthodologie britannique.

Une fois l’ensemble de ces paramètres intégrés à l’équation, le remplacement d’unités navales tous les 20 à 25 ans, avec mise sur le marché de l’occasion de navire disposant encore d’un potentiel opérationnel avéré, et donc négociables à 10 ou 20% de leurs cout initial, se révèle être un calcul judicieux.

Si l’on ajoute à cela le retour fiscal sur les investissements industriels de Défense, la mesure devient évidente, et c’est le fait de conserver des unités navales 30 ans (T70) ou 40 ans (A69) qui perd tout son sens.

L’US Army va équiper ses obusiers d’obus hypersoniques

Le général de brigade Stephen Maranian, en charge du projet Long-Range Precision Fires a annoncé que l’US Army allait prochainement allonger le canon de ses obusiers M777 pour pouvoir tirer des obus hypersoniques, étendant la vitesse des munitions au delà de mach 5 et la portée passant de 30 à 40 km. Les obus seront compatibles avec les dispositifs de guidage en usage dans l’US Army.

Comme toujours, nous voyons la lance et le bouclier évoluer de concert. Alors que l’US Army développe le programme SHORAD pour la protection à courte portée contre les aéronefs, drones, missiles et obus d’artillerie, elle développe simultanément des munitions hyperveloces qui, justement, seront très difficiles à intercepter par les systèmes anti-aériens existants. En effet, les systèmes capables d’intercepter des obus d’artillerie ou des missiles ont, en général, des limites concernant la vitesse de la cible inferieur au seuil hypersonique.

Quoiqu’il en soit, hypersonique ou non, on peut se demander de la pertinence de continuer à employer des unités d’artillerie comme le M777, dont la portée, même étendue à 40 km, l’expose à un tire de contre-batterie, sachant que les armées russes ou chinoises utilisent massivement des systèmes de roquette guidées dont la portée excèdent les 100 km. Or, l’utilisation de munition hypersonique ne se justifie que dans un contexte de conflit de haute intensité, et donc d’un risque élevé de riposte et de contre-batterie.

De fait, cette modernisation peut apparaître assez étonnante. Peut-être s’agit-il seulement que d’occuper le terrain médiatique ? 

L’appel d’offres pour remplacer les F18 Suisses va bientôt être lancé

Après l’annulation de la commande de J-39 Gripen suite à une votation populaire, les forces aériennes suisses doivent remplacer simultanément leurs 26 F-5 et leurs 30 F-18. LE prochain ’appel d’offres à été annoncé par les autorités Suisses et 5 constructeurs ont été retenus : Boeing pour le F18 E/F, Dassault pour le Rafale, Lockheed pour le F35, Saab pour le J-39 et Eurofighter pour le Typhoon. Concomitamment, un appel d’offres pour le remplacement du système de Défense anti-aérienne sera lancé, et 3 constructeurs ont été également retenus : Eurosam avec le SAMP/T à base de missiles Aster, Raytheon pour le Patriot, et l’israélien Rafael pour le système David Sling. Le corps électoral suisse devra, lui, se prononcer par voie de votation sur la volonté ou non de conserver une défense aérienne.

La France fabrique des équipements de Défense à la foi performants et économiques. Pourtant, l’image globale des équipements français est neutre, voire mauvaise, auprès des opinions publiques occidentales. Comme le montre l’exemple suisse, mais également belge, l’opinion publique a un poids de plus en plus sensible dans les contrats d’équipements de Défense. 

Or, les industriels français semblent vouloir ignorer cette évolution du marché, et laissent aux anglo-saxons, suédois, allemands etc.. totale latitude pour promouvoir leurs offres et produits. 

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les réactions en Belgique des articles consacrés à l’offre Française. Vous y verrez d’ardents défenseurs du F35 tailler en pièce le Rafale au prétexte d’une hypothétique déclassement technologique, des soutiens du Typhoon promouvoir la dimension européenne de l’appareil, mais personne ne soutien le Rafale, hormis quelques français immédiatement identifiés comme tels.

Cette indifférence des industriels français pour les opinions publiques, parfois allant jusqu’à une certaine forme de mépris, va de plus en plus peser sur les opportunités d’exportations françaises. Pourtant, une stratégie de communication volontaire digitale permettrait, à moindre frais, de radicalement changer l’image de nos équipements pour les opinions publiques.

Je vous invite également à lire cet article, en anglais, une petite merveille d’infomercial à destination du marché indien au profit du F18 et du F35. 

L’US Navy reçoit son 65eme Destroyer de la classe Arleigh Burke

Le 24 mars 2018, l’US Navy a pris possession du destroyer USS Ralph Johnson, la 65eme unité de la classe Burke, et la troisième et dernière unité de la version DDG51 Flight IIA qui marqua la reprise de la production des Burke après l’abandon du projet de destroyers Zumwalt au delà des 3 unités déjà commandées. L’US Navy devra recevoir 2 destroyers de cette classe cette année, et ce rythme a été confirmé par la FYID. La prochaine unité sera la première du nouveau standard Flight III , dont une dizaine d’unités a d’ores-et-déjà été commandé. 

Les Burkes vont progressivement remplacer à la fois une partie des croiseurs Ticonderoga et les premières unités de la classe entrée en service il y a 30 ans. Ils intègrent le système de défense anti-aérienne et antimissile AEGIS, ainsi que des missiles de croisières, antinavires, torpilles ASM ainsi que deux hélicoptères.

La flotte de surface ne déroge pas à la situation qui sévie dans les forces armées américaines, qui n’ont pas de programmes de nouvelle génération pour remplacer leurs équipements, et qui sont donc contraint de moderniser des équipements conçus dans les années 80. Ces 20 dernières années, l’US Navy aura développé deux classes de navires de surface combattant : les destroyers de la classe Zumwalt, dont la construction a été abandonné au delà de la troisième unité, et les Littoral Combat Ship, dont le prix unitaire est égal à celui d’une frégate, sans en avoir ni les performances, ni les qualités nautiques, et avec une puissance de feu très limitée.

Certains de sa supériorité technologique et numérique tout au long des années 2000 et 2010, l’US Navy se retrouve depuis quelques années sans solution pour contrer la montée en puissance de la flotte chinoise, par ailleurs parfaitement maitrisée. En effet, celle-ci a mis en service ces 5 dernières années une vingtaine de destroyers type 052 sensiblement équivalent aux Burkes,  une trentaine de frégates de 4500 tonnes type 054, et une quarantaine de corvettes côtières et ASM type 056, soit presque cent unités là ou l’US Navy n’en aura reçu qu’une vingtaine.

C’est face à ce constat, mais également face au retour en force de la flotte russe, plus spécifiquement de sa sous marinade, que l’Etat-major de l’US Navy a entrepris de revenir aux fondamentaux, en relançant la fabrication en série des destroyers A.Burke, et en lançant le programme FFG/X de frégates de nouvelles générations avec 20 unités à produire en 7 ans, sur les rangs duquel l’Italien Fincantieri propose la Fremm franco-italienne.

Toutefois, la Chine, comme la Russie, continuent de renforcer leurs productions navales. Ainsi, l’année prochaine devrait voir la livraison des 3 à 4 premiers destroyers lourds chinois type 055 de 13.000 tonnes, emportant 124 silos missiles, tout en continuant à produire les type 052/54/56 à un rythme élevé. La Marine Russe, quand à elle, devrait recevoir d’ici 2025 une quinzaine de nouveaux sous-marins d’attaque nucléaires et classiques, ainsi qu’une vingtaine d’unités de surface combattante, dont 7 frégates lourdes de 7000 tonnes super Gorshov.

De fait, et en dépit de la réaction américaine, l’écart qui sépare l’US Navy et les Marines chinoises et russes devrait encore continuer à se réduire durant les années à venir. Selon les projections actuelles, la Marine chinoise devrait même dépasser le tonnage de la marine américaine d’ici 2035. 

Et pourtant, L’US Navy n’a toujours pas de programme pour remplacer la classe A. Burke …

Des sénateurs républicains demandent la livraison de F35 à Taïwan

Lundi, les sénateurs Cornyn et Inhole, respectivement N°2 des sénateurs républicains et N°2 du comité des forces armées, ont envoyé une lettre ouverte au Président Trump pour demander à ce que les Etats-Unis livrent des F35B et/ou des F16V à Taïwan, comme les autorités de l’Ile en ont fait la demande. Selon eux, la livraison de ces appareils participera à la dissuasion des Etats-Unis contre la Chine.

Les Etats-Unis enchainent depuis quelques semaines les déclarations directes visant la Chine et la Russie, et cette lettre ouverte participe à l’augmentation des tensions dans toute la zone Indopacifique.En effet, alors que le président Xi Jinping a réitéré lors du 19eme congres du Parti communiste chinois, sa priorité de réintégrer Taïwan à la République Populaire de Chine, la livraison de F35 ou de F16 V, la version la plus aboutie de l’appareil de Lockheed,  aux forces armées taiwanaise constituerait un sévère camouflet  pour le leader chinois.

En cas de livraison de ces appareils aux forces aériennes taïwanaise, il fait peu de doute que la Chine augmentera la pression opérationnelle contre les forces américaines présentes sur place, notamment sur l’ile de Guam et au Japon. 

Les chasseurs de l’Armée de l’Air auront effectué 3000 missions de guerre pour prêt de 10.000 heures de vol en 2017

L’Armée de l’Air a publié son rapport d’activité OPEX annuel pour 2017. On y apprend notamment que les Rafale de l’opération Chammal ont effectué plus de 1500 missions de guerre pour 8000 heures de vol et plus de 400 munitions tirées. Les mirages 2000 de l’opération Barkhane en zone Saharienne ont, quand à eux effectués sensiblement le même nombre de mission, pour 3000 heures de vol. On y apprend également que les 5 drones Reaper ont effectué à eux seuls presque 6000 heures de vols pour moins de 400 missions.  Les appareils de contrôle aérien Awacs, de ravitaillement en vol KC135, et de transport C130, C160 et A400M ont également été très sollicités.

Le format actuel de l’Armée de l’Air est établit à 185 appareils de chasse par le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité, et confirmé par la Revue Stratégique 2017 et la LPM 2019-2025. Ce nombre est sensé permettre le déploiement de 15 appareils en OPEX.

Or, si nous reprenons les chiffres de 2017, nous constatons que l’aviation de chasse aura effectué presque 10.000 heures de vol en OPEX. Si nous considérons qu’un appareil effectue en moyenne 300 heures de vol par an dans une utilisation conforme, cela représente donc 34 appareils entièrement dédiés aux OPEX sur l’année.

On comprend dés lors pourquoi le CEMAA, le général Lanatta, avait demandé un format minimum de 225 appareils de chasse, sachant qu’aujourd’hui, l’Armée de l’Air dispose de 240 appareils, dont plus de 60 seront retirés du service (mirage 2000 C et N) durant la LPM à venir, et remplacés par seulement 27 Rafales.Eu égard aux évolutions des besoins opérationnels et des risques de conflit, que ce soit en Afrique, au Moyen-Orient, ou en Europe, un format chasse de 320 appareils serait tout à fait justifié (260 Armée de l’Air dont 30 FAS, 60 Marine dont 10 FAS).

Les frégates de taille intermédiaire seront propulsées par des moteurs allemands Rolls-Royce MTU

La France a officiellement passé commande au motoriste allemand MTU, pour fournir les moteurs qui équiperont les 5 frégates de taille intermédiaire FTI de la Marine nationale. Chaque frégate sera propulsée par 4 moteurs diesel seize cylindres développant 8000 KWh chacun, et propulsant les 4500 tonnes de la frégate à 27 nœuds, ou sur 7000 nautiques à 15 nœuds. 

Alors que les dernières frégates françaises FREMM et Horizon sont propulsées par des groupes moteurs fournis par l’américain General Electric, le choix de l’Allemand MTU détenu par le groupe britannique Rolls Royce pour les FTI n’est pas anodin. On peut remarquer que depuis quelques années, la France tente, autant que faire se peut, de toujours privilégier une solution européenne pour les importations défense, quitte à le faire parfois au détriment de sociétés françaises. Ainsi, Paris a marqué son intérêt pour les navires logistiques de la classe Volcano conçus par l’Italien Fincantieri, au lieu de financer les études du pétrolier ravitailleurs BRAVE de Naval Group.

Toutefois, ce choix s’est fait en accord avec l’Etat-major de la Marine de la Marine et Naval Group, attendu que les pétroliers ravitailleurs ne sont pas considérés comme des savoir-faire stratégiques pour l’industriel, que la construction sera effectuée au chantier naval STX de Saint-Nazaire, et que l’achat sur étagère permet à la Marine Nationale d’économiser frais et délais d’étude.

Concernant les FTI, le choix de MTU marque également un partenariat stratégique à long terme avec le motoriste, puisque la FTI sera le cheval de bataille à l’exportation de Naval group dans les années à venir. La frégate à d’ores-et-déjà été proposée à la Grèce. En outre, la FTI servira probablement de base pour les classes de frégates de second rang qui équiperont la Marine nationale en remplacement des FLF classe LaFayette et les Frégates de Surveillance classe Floreal, qui devront être remplacée lors de la LPM 2026-2032, soit au moins une dizaine de navires supplémentaires.

Reprise du programme de drone de combat franco-britannique FCAS

Le sous-secrétaire d’Etat à la Défense du Royaume-Unis, Guto Bebb, a annoncé la reprise des travaux visant à concevoir et fabriquer un drone de combat furtif, à horizon 2030. Le projet de drone de combat furtif (Unmanned Combat Air Vehicle ou UCAV) a été un des éléments clés des accords de Lancaster, mais suite au vote concernant le Brexit, il fut mis en réserve. En outre, les britanniques souhaitaient des précisions quand au projet de chasseur de nouvelle génération franco-allemand.

Le programme de drone de combat est stratégique pour les forces aériennes françaises et britanniques. Reposant sur des technologies furtives différentes de celles utilisées par le F22, le F35, mais également le Su-57 ou le J-20 chinois, l’UCAV Franco-Britannique ne sera pas détectable par les radar à basse fréquence qui commencent à équiper les forces. Ils permettront donc aux forces aériennes françaises et britanniques, utilisant des Rafales et des Typhoon, de préserver leurs capacités à « Entrer en premier » en dépit des progrès des systèmes de Défense anti-aérienne.

Ce programme permettra également aux industries aéronautiques des deux pays de conserver leur excellence technologique, notamment face aux industries aéronautiques américaines et chinoises, qui toutes deux développent des programmes de drones de combat furtif.

Il constitue également un argument commercial significatif des deux industries face au F35 américain. En effet, Il permettra au Rafale ainsi qu’au Typhoon britannique de posséder des capacités équivalentes voire supérieures au F35 qui fait aujourd’hui carton plein en Europe. Ainsi, la France a intégré à l’offre de Rafale pour la Belgique, l’intégration de l’industrie Belge au programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) dont le drone de combat est un des principaux acteurs.

Reste aujourd’hui à connaître la position Allemande sur le sujet, puisque celle-ci avait marqué son intérêt pour ce projet, alors que le Royaume-Unis avait lui fait qu’il souhaitait rejoindre le programme de chasseur franco-allemand.

La Chine travaille à améliorer le chasseur furtif J-20 et à lui succéder

Dans une interview donnée à la chine d’Etat CCTV, l’ingénieur en chef du programme de chasseur furtif J-20 a donné des indications sur le futur de l’appareil. Outre le remplacement des moteurs russes actuels par des moteurs chinois, l’appareil furtif chinois verra également son avionique et ses capacités évoluées dans un futur proche, au fur et a mesure que le nombre d’appareils disponibles augmentera. En outre, M Yang a laissé entendre que l’Institut611 Chengdu travaillait d’ores-et-déjà sur le successeur du J-20, qui est encore défini comme un appareil de génération intermédiaire selon lui. Ainsi, la Chine pourrait non seulement rattraper les grandes nations aéronautiques militaires que sont les Etats-Unis, la Russie et la France, mais devenir un leader définissant les enjeux et les technologies à venir.

Selon les projections données, le constructeur Chengdu produira désormais 25 à 30 J-20 par an et les forces aériennes chinoises percevront plus de 80 avions de chasse modernes en 2018 (J-10, J-15, J-16 et J-20), soit autant que les Etats-Unis. En outre, elle recevra les 14 derniers Su-35S commandés, et une autre commande de 24 appareils a été abordée, les performances des 14 appareils déjà reçus donnant visiblement entière satisfaction. Le renforcement technologique et opérationnel des forces aériennes chinoises se poursuit donc à un rythme élevé, et on peut deviner dans les chiffres donnés que l’objectif à terme sera de disposer d’une force de 2200 à 2400 appareils modernes, soit sensiblement le même nombre que les Etats-Unis.

Mais, contrairement aux Etats-Unis, et aux Européens, la Chine ne se focalise pas sur de très grandes séries d’appareils, mais sur des séries moyennes de 200 à 400 appareils par modèle,  avec une durée de production d’une dizaine d’année. Le turn-over ainsi généré a permis aux industriels chinois de combler en 20 ans le retard technologique sur les occidentaux, sans visiblement engendrer des surcouts phénoménaux, puisque le budget chinois de la défense reste officiellement au ¼ de celui des Etats-Unis.

L’exemple Chinois, mais également l’exemple Russe, devrait nous inciter à reconsidérer notre politique d’équipement et nos rythmes industriels, et évaluer la performance de cycles plus courts et de séries plus limitées.

L’Estonie, premier Etat de l’UE à renforcer les forces françaises Barkhane

Il y a des symboles qui comptent, et celui-ci en est un. L’Estonie a décidé d’envoyer un contingent de 50 hommes soutenir les forces françaises dans l’opération Barkhane. Il s’agit du premier état de l’Union Européenne à déployer des troupes opérationnelles pour soutenir l’effort français, et il est paradoxale de constater qu’il s’agit d’un des pays qui subit le plus la pression russe. Avec les britanniques qui envieront prochaine 3 hélicoptères lourds CH-47 chinook , ce seront donc 3 pays européens qui interviendront de manière opérationnelle dans l’opération Barkhane.

Il faut toutefois rappeler que la Belgique avait, lors de l’opération Serval, détaché des le début de l’opération deux hélicoptères SAR très largement sollicités.

Si la France a effectivement portée seule l’effort militaire opérationnel européen lors de l’opération Serval, plusieurs pays Européens ont soutenu de manière active l’opération : l’Allemagne avait ainsi mis à la disposition de la France des C160 pour le transport logistique, les britanniques des C17. Allemands, néerlandais et d’autres sont également intervenu pour former les forces militaires et de sécurité Malienne.

Etant donné que la décision d’intervenir a été unilatérale par la France, Allemands, Néerlandais Belges ou Britanniques estiment, à juste titre, avoir significativement soutenu l’effort Français, et s’offusquent lorsque les français leurs font le reproche de leur apparente passivité.

Ce point rejoint les difficultés à parvenir à une vision stratégique commune entre la France et l’Allemagne dont parlait le général Lecointre. 

Mais peut-être s’agit-il là du mauvais paradigme ?

En effet, plutôt que de chercher l’uniformisation, ne serait-il pas plus efficace, et facile, de constater la complémentarité qui existe entre les différentes forces européennes, et notamment entre la France et l’Allemagne.

Si la France a une culture d’intervention, de projection de force et une flotte de haute mer, l’Allemagne, elle, a un objectif de défense européenne en Europe, incluant une flotte plutôt littorale. Présenté ainsi, la complémentarité semble évidente.

Si chacun, plutôt que de chercher à tout faire, se spécialisait dans ses domaines de prédilection, et organiserait au niveau européen l’ensemble du volet, l’efficacité tant opérationnelle que budgétaire n’en serait que renforcé. En outre, la France, disposant de sa propre dissuasion, ne délèguerait pas sa propre sécurité dans la démarche.