Peut-on lutter contre la propagande sur les médias sociaux

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La Rand a publié un rapport intitulé « L’influence Russe sur les médias sociaux : comprendre la propagande russe en Europe de l’Est », présentant une analyse des méthodes et objectifs de la propagande russe en Europe de l’Est.

Selon ce rapport, les groupes d’influence russes ont pour objectif principal de créer des tensions entre les populations russophones et les gouvernements, notamment dans les pays baltes, de sorte à entraver voir paralyser le fonctionnement de l’Etat. Par ailleurs, la propagande russe cherche à créer une narrative alternative pour créer une défiance d’une partie de la population vers les instances gouvernementales, toujours dans le même but.

Le rapport dresse un constat préoccupant de l’influence russe dans certains pays membre de l’UE et de l’OTAN, et propose quelques pistes pour entraver et contrer cette propagande potentiellement dangereuses.

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Les pays Baltes vivent en permanence avec la crainte de voir les forces russes forcer leurs frontières pour rebâtir une continuité territoriale russe sur la Baltique. En France, et plus généralement en Europe, cette crainte est mal comprise, parfois même raillée. Il est donc important de comprendre les raisons de ces craintes, pour pouvoir agir en conséquence :

  • Les pays Baltes sont considérés comme étant à l’origine de l’effondrement de l’URSS par une grande part de la population russe. Il est exacte que les révoltes dans les pays baltes en 1988/89 ont amené Gorbatchev à modifier l’utilisation de l’article 70 de la constitution de l’URSS, ce qui entrainera la sécession de nombreuses républiques dans la CEI. En outre, la répression de ces révoltes par le pouvoir russe a laissé des traces dans l’opinion balte, et le sentiment antirusse s’est accentué.
  • Les pays Baltes ont chacun une importante minorité russe, qui, pendant plus d’une dizaine d’année suivant l’indépendance, fut assez mal traitée, les résidants russes n’ayant ni passeport, ni droits civiques, et un accès restreint aux prestations sociales. L’UE a imposé à ces pays de rétablir l’égalité de traitement entre les citoyens dans chacun de ces pays, mais la rupture entre les deux communautés est profondément marquée, d’autant que les russophones sont aujourd’hui considérés comme de potentiels ennemis de l’intérieur.
  • Les pays Baltes sont militairement et économiquement faibles, et n’ont pas la possibilité de financer une défense suffisante pour dissuader les forces militaires russes d’engager des actions contre eux. Ces pays dépendent donc de la solidité de l’alliance atlantique et de la solidarité Européenne en matière de Défense.  

Nous comprenons dés lors que ces 3 points sont éminemment sensibles aux effets de la propagande russe :

  • Qui peut développer le sentiment de revanche en Russie contre les pays baltes
  • Qui peut amener les minorités russophones à se révolter , donc à paralyser les instances gouvernementales, voir de donner un prétexte d’intervention aux forces russes, comme ce fut le cas en Ossétie du Sud et Abkhazie en 2008, ou en Crimée en 2013. Ces minorités peuvent également être amenées à prendre les armes pour lutter contre le gouvernement, avec le soutien de Moscou, comme dans le Donbass, ce qui est le scenario le plus redouté par les autorités baltes.
  • Qui peut, enfin, amener les opinons publiques des pays de l’OTAN à s’opposer à un soutien aux pays baltes contre une attaque russe. Les messages sur les réseaux sociaux intitulés « ne pas mourir pour Vilnius/Riga/Tallin », en référence à la phrase « mourir pour Dantzig » qui exprimait la désapprobation des opinons publiques à engager des forces pour soutenir la Pologne contre l’Allemagne nazie, sont nombreux, et abondamment relayés par des comptes acquis à la cause russe.

De fait, les craintes exprimées par les pays baltes sont loin d’être dictées par un simple sentiment antirusse, comme elles sont parfois caricaturées. Elles reposent sur des risques avérés, dépendant tous entièrement ou en partie de l’effort de propagande russe. Faute d’une réponse appropriée de l’occident, les conséquences risquent de dépasser la tentative d’ingérence dans une élection présidentielle.

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Lire le rapport en anglais (4 min)

https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR2237.html

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