Au cours des années 2000 et jusqu’en 2015, l’Armée de l’Air française, devenue depuis Armée de l’Air et de l’Espace, était largement privilégiée, et parfois enviée, vis-à-vis des autres armées. En effet, elle captait, à elle seule, presque la moitié des crédits d’équipements consacrés aux Programmes a effets majeurs, obligeant tant l’Armée de terre que la Marine Nationale à revoir certains de leurs programmes en en diminuant les volumes et étalant les calendriers. Cette situation n’était pas tant du à une préférence gouvernementale ou à une forme de lobbying, qu’à des contraintes industrielles fortes. En effet, il était alors nécessaire afin de maintenir en activité la ligne d’assemblage du Rafale qui à cette époque ne s’exportait pas et était loin de faire une telle unanimité comme aujourd’hui y compris au sein de la classe politique dirigeante, de produire 11 appareils par an. Et il revenait à l’Armée de l’Air d’en acquérir la majorité. Dans le même temps, Paris devait respecter ses engagements européens dans le cadre du programme A400M, lui aussi particulièrement dispendieux et sujet aux dérives. Ces deux programmes représentaient presque 2 Md€ par an d’investissements, soit 5la moitié des 4 Md€ alors consacrés aux Programmes à effets majeurs, dans le cadre d’un effort largement sous-financés durant l’ensemble de cette période.
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