Le harcèlement chinois de Taiwan s’est considérablement intensifié

Depuis 3 ans, les démonstrations de force de la part de Pékin envers son voisin taïwanais sont devenues monnaie courante, en particulier lorsqu’il s’est agi de montrer de manière ostentatoire le déplaisir des autorités chinoises vis-à-vis de certaines initiatives taïwanaises ou des Etats-Unis, comme la vente de materiels miltaires ou la visite d’officiels américains. Mais depuis 6 mois maintenant, les choses se sont sensiblement tendues entre Taipei et Pékin, et les démonstrations de forces chinoises ont largement gagné en intensité comme en régularité. Ce 7 novembre marque une nouvelle étape dans cette hausse des tensions, l’Armée Populaire de libération ayant déployé pas moins de 63 avions de combat face et autours de Taiwan, ainsi que 4 navires de guerre. Ainsi, 24 chasseurs bombardiers J-16 ont traversé sur quelques kilomètres la ligne de séparation de la passe de Taiwan, jusqu’ici considérée comme une frontière aérienne de fait entre les deux pays.

Ce déploiement de force n’est pas une action isolée, puisque sur les 3 derniers mois, Pékin a déployé quotidiennement en moyenne 18 avions de combat et 4 navires dans la zone de defense taïwanaise, avec des pointes d’activité à chaque nouveau pic de tension avec les Etats-Unis, seul le 31 octobre n’ayant vu aucune activité depuis le 15 aout. Surtout, contrairement à précédemment, il ne s’inscrit pas en repose à une décision ou une initiative américaine ou taïwanaise, comme ce fut le cas en mai et début aout suite à la visite de sénateurs puis de la Présidente de la Chambre des Représentants sur l’ile autonome. On notera que le jour précédent, le 6 novembre, fut également l’objet d’une intense activité avec 46 avions chinois et 4 navires dans la zone de détection taïwanaise, dont 8 chasseurs bombardiers J-16 ainsi que 2 Su-30 de même gabarit, 4 chasseurs lourds J-11, un bombardier JH-7 ainsi que 3 drones de reconnaissance lourds, un Awacs KJ-500 et 2 avions de patrouille maritime Y-8, tous à l’exception du KJ-500 ayant directement franchit la ligne de séparation de la passe de Taiwan. chose qui n’arrivait pas avant début aout et la visite de Nancy Pelosi.

Le 7 novembre 22, 63 avions de combat dont 24 J-16 ont été déployés par Pékin au delà de la ligne de séparation du détroit de Taiwan

Ce harcèlement chinois a bien évidement un objectif de communication, et de démonstration de forces, Pékin démontrant sa capacité à soutenir une activité aérienne et navale relativement intense dans la durée. Il oblige également les armées taïwanaises à réagir, en faisant décoller sa propre chasse pour s’opposer aux incursions chinoises, mais également en déployant ses propres navires et en activant sa défense aérienne, ne serait-ce que pour suivre les trajectoires des appareils et navires adverses. Agissant ainsi, Pékin oblige Taiwan à consommer le potentiel de sa chasse composée de sensiblement moins d’appareils que l’APL, avec 300 chasseurs modernes contre plus de 1400 pour la Chine, qui plus est composée d’appareils souvent plus anciens, comme ses 27 F-5E datant des années 70, ou ses 46 Mirage 2000 et 110 F-16 C/D acquis dans les années 90. ll en va de même concernant l’activation des défenses aériennes, permettant aux avions chinois de collecter de précieuses informations électroniques sur l’emplacement et la nature de celles-ci.


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