Ces derniers jours ont probablement été les plus difficiles concernant le programme Main Ground Combat System, ou MGCS, destiné initialement à remplacer les Leclerc et Leopard 2 à partir de 2035. En effet, coup sur coup, plusieurs annonces ont été faites outre Rhin, laissant supposer que cette échéance ne serait plus respectée. Ainsi, selon la Bundeswehr, les blocages industriels auxquels le programme fait face aujourd’hui, interdiraient désormais une entrée en service en 2035.
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[…] industriel total et opérationnel partiel dans le domaine des chars lourds, pourrait reposer, comme nous l'avons déjà évoqué, sur la conception d'un blindé de combat dédié à la haute ou la très haute intensité, sans […]
[…] […]
Et pourquoi pas le type 10 japonais, char moderne plus compact que le Leclerc, d’un poids de 40 à 48 tonnes selon le blindage modulaire emporté.
Le coût d’une francisation serait largement inférieur à un effort de R&D, et serait équipé des armements et l’électronique Française.
Une occasion d’engager une coopération avec le Japon.
Pourquoi ne pas rester sur un engin de 45 tonnes avec une version combat lourd (système Ascalon de 140mm+ canon téléopéré de 25mm) et une version combat d’infanterie (50% tourelle téléopérée CTA 40mm + missiles – 50% tourelle téléopérée mitrailleuse lourde et lance grenade de 40mm + roquettes) pour la percée et le combat urbain?
Et garder pour le gros des forces des 8×8 de 30 tonnes : version appui (avec une tourelle téléopérée de 120mm +.canon de 25mm) et version combat d’infanterie (50% tourelle téléopérée CTA 40mm + missiles – 50% tourelle téléopérée mitrailleuse lourde et lance grenade de 40mm + roquettes)
Garder des masses raisonnables pour la mobilité operative, (grace aux protections actives) et disposer de chassis communs pour les « tanks » et « VCI » de chaque classe permet de faire des économies d’echelle et de maitriser les coûts d’acquisition, MCO et les besoins logistiques.
Les MBT lourds sont surtout pertinents actuellement pour les pays des marches de l’OTAN, ou faute d’alternatives. Mais quelle mobilité operative et perspectives d’emploi pour ces MBT stationnés en France, en Espagne, au RU…? Et pour intervenir si nécessaire ailleurs que sur le « front de l’Est »? Arretons de preparer la guerre précédente ou actuelle et, tournons nous vers les besoins previsibles. Laissons ce marché du panzer lourd aux allemands.
Il me semble que de nombreux pays trouveraient un avantage a ce modèle (Inde notamment) pour financer le développement ou plus tard pour équiper leurs forces.
140 mm et 45 tonnes … pas sur que cela fonctionne. C’est envisageable en version chasseur de char mais la guerre en Ukraine a montré précisément que cette approche que l’on peut qualifier de conservatrice, posait de réels problèmes car les blindés n’ont pas la mobilité requise. On peut également s’interroger sur la plus value d’un tube de 140 mm lorsque l’immense majorité des engagements se font à moins de 1000 m, distance à laquelle un 105 HP est suffisant pour percer presque tout. Un 105 plus leger et plus rapide en cadence de tir comme en vitesse angulaire me semble repondre bien mieux aux enseignements de la guerre en Ukraine.
Concernant le calibre adapté pour le haut du spectre de la puissance de feu, Nexter laisse entrendre que sa solution Ascalon conviendrait pour des engins de moins de 50 tonnes à l’horizon 2025, avec des munitions telescopée pour le tir direct ou indirect. (si ça ne fonctionne pas on peut conserver le 120mm, qui doit garder une bonne efficacité jusqu’à 2000 metres.) Je suis assez réservé sur l’idée de baser notre modèle militaire des 20 prochaines années sur les observations en Ukraine, au risque d’avoir comme d’habitude une guerre de retard… J’espère que nous envisageons une approche plus dynamique pour prendre l’ascendant en debut de conflit sur un eventuel adversaire. Il existe en Europe, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient de vastes plaines où un contingent forcement restreint de blindés occidentaux serait soulagé de tirer partie d’une puissance de feu et d’une allonge supérieure pour défaire (sans supériorité aérienne) des masses de MBTs d’origine variées. Je souhaite de tout coeur que nous n’ayons jamais à intervenir contre une Russie revigorée et équipée par la Chine, ou contre l’Algerie, l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Iran ou un corps expeditionnaire chinois dans une zone d’interet majeur, mais c’est a cela qu’il faut se preparer. J’imagine qu’en combat urbain le 140mm avec des obus adaptés peut certainement rendre de grands services. A contrario, un char de 45 tonnes pour porter un simple 105mm HP me semble un peu surdimensionné par rapport à sa valeur ajoutée opérationnelle, même si cela rendrait la dotation en munitions et l’autonomie au combat plus confortable.
Comme toujours très stimulant. A compléter par une analyse économique. La France n’a pas prévu un corps de bataille massif. Tout au plus quelques centaines d’unités ce qui rend illusoire de rentabiliser un programme d’une telle ampleur. Il me semble que dans vos précédents articles, vous évoquiez la possibilité d’acheter une base (moteur, transmission, etc. ) aux allemands et de la compléter par des éléments français (tourelle, canon, électronique , etc.). A défaut de faire le même char, pourquoi ne pas partager des briques communes qui seraient amorties sur des séries plus longues et construire deux produits différents (lourd allemand, moyen français)
Le problème est que les allemands avancent très vites et tout seuls sur ce sujet. Ils n’ont aucun intérêts à developper une gamme « complémentaire » ou même à soutenir son émergence. Certains éléments, comme la transmission (Renk) et probablement le moteur (MTU), seront de toute façon allemands. Mais pour accroitre la soutenabilité budgétaire, il me semble plus pertinent de tabler sur d’autres partenaires, potentiels. Il ne faut pas oublier non plus que le but est précisément de préserver les compétences industrielles, qui aujourd’hui sont clairement menacées par l’évolution du programme MGCS.
Bravo, un article d’importance stratégique !
merci )