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Avec le retour des risques de conflit majeur, y compris en Europe, les forces aériennes de l’OTAN renouent avec les exercices de dispersion de leur flotte de chasse, afin de répondre à menace des missiles balistiques, missiles de croisière et drones d’attaque à longue portée, sur les aérodromes militaires dans le cadre de frappes préventives. C’est dans ce contexte que s’est déroulé l’exercice Baana 2023 en Finlande, qui aura permis à plusieurs forces aériennes de s’exercer à l’utilisation de portion d’autoroute pour mettre en œuvre leur aviation de chasse.
Les exercices de dispersion des flottes de chasse étaient communs tout au long de la guerre froide. En effet, toutes les forces aériennes savaient que leurs aérodromes militaires seraient la cible des bombardements adverses, probablement en employant des armes nucléaires, de sorte à éliminer les flottes de chasse de l’OTAN qui représentaient alors le principal atout de l’alliance sur le Pacte de Varsovie.
Certains appareils, comme le JAS 37 Viggen suédois, le A-10 Thunderbolt II américain, et surtout le Harrier britannique, avaient été conçus précisément dans le but de pouvoir être mis en œuvre à partir de terrains de fortune, comme de petits aérodromes civils ou des portions d’autoroute.
Le retour des exercices de dispersion des avions de chasse lié au contexte international
Avec la fin de la guerre froide, ce besoin d’une certaine rusticité des avions de combat, s’étiola alors que les menaces sur les bases aériennes devenaient négligeables, en particulier lors des conflits asymétriques.
Et seuls quelques pays, dont la Suède et la Finlande alors attachées à leur neutralité, ou Taïwan menacé par Pékin, continuaient d’exercer leurs JAS 39 Gripen, F/A-18 Hornet, F-16 et Mirage 2000, à employer des pistes improvisées pour assurer leur dispersion.
La montée des tensions face à la Chine, l’arrivée massive d’armes à longue portée comme les missiles de croisière ou les drones d’attaque, et surtout les enseignements de la guerre en Ukraine, ont amené les forces aériennes à reconsidérer cette tactique pour garantir leur efficacité opérationnelle, y compris au-delà d’une frappe préventive adverse.
L’Exercice Baana 2023 en Finlande
Dans ce domaine, plusieurs forces aériennes sont allées exercer leurs talents et apprendre des plus expérimentés, lors d’un récent exercice qui s’est tenu en Finlande il y a quelques jours.
Désigné Baana, cet exercice a lieu chaque année, et permet aux forces aériennes finlandaises d’utiliser temporairement des portions d’autoroutes pour s’exercer à faire décoller, atterrir et à mettre en œuvre leurs Hornet à partir de cet environnement dégradé.
Cette année, toutefois, d’autres appareils se sont joints aux chasseurs finlandais, dont des Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force, ainsi que des F-35A norvégiens.
L’objectif était de valider les capacités de l’appareil à employer ce type de terrains de fortune, mais aussi des forces aériennes à assurer la mise en œuvre des chasseurs en environnement dégradé.
Eurofighter Typhoon de la RAF et F-35A Norvégiens sur les autoroutes finlandaises
La participation des F-35A norvégiens intéressait particulièrement les Finlandais, qui se sont déclarés en faveur du chasseur de Lockheed-Martin pour remplacer ses Hornet dans les années à venir.
À ce titre, l’expérience a montré que le F-35A norvégien, l’un des seuls à être doté d’un parachute de freinage, pouvait effectivement atterrir et décoller à partir d’une portion d’autoroute.
Il a aussi montré sa capacité à être ravitaillé en carburant et en armement moteur tournant, une procédure appelée Hot Pit en référence aux arrêts aux stands lors des courses automobiles.
On notera cependant que si le Lightning II a montré qu’il pouvait effectuer ces manœuvres efficacement et de manière sécurisée, il n’a en revanche pas pris le risque de couper le moteur, et encore moins d’effectuer des manœuvres de maintenance de base.
De fait, et contrairement à ce qui avancé sur certains sites, le F-35A est encore loin d’avoir démontré certaines des qualités de rusticités requises pour ce type de tactique, qui nécessitent bien davantage qu’un simple plein de carburant Hot Pit pour s’avérer efficace.
Les JAS 39 Gripen et les chasseurs embarqués sont plus adaptés à la dispersion
Dans ce domaine, certains appareils sont, en effet, mieux dotés que d’autres. C’est notamment le cas du JAS 39 Gripen suédois qui a été conçu avec cette contrainte de dispersion ancrée dans son propre ADN. C’est certainement l’une des raisons qui en font le préférer des autorités ukrainiennes aujourd’hui.
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