100 m$ pour un avion de combat, 25 m$ pour un char, 1 Md$ pour une frégate… Les armements occidentaux ont atteint, ces dernières années, des prix pharaoniques, obligeant les armées à réduire leurs formats et leurs flottes, pour en être dotées.
Mais qu’en est-il, vraiment, de ce constat empirique ? Les prix des armements, aujourd’hui, sont-ils réellement plus élevés qu’ils ne l’étaient, il y a quelques décennies de cela, une fois le paramètre de l’inflation intégré ? Et cette hausse du prix des armements s’applique-t-elle uniformément aux différents équipements, et aux différents pays ?
Pour répondre à ces questions, ainsi que pour en identifier les causes, et les conséquences sur les capacités opérationnelles des armées, une analyse méthodique s’impose. Et, qui sait, peut-être fera-t-elle émerger des constats inattendus ?
Sommaire
La loi d’Augustine et les augmentations inexorables des couts des équipements de défense
En 1978, Norman R. Augustine, ancien sous-secrétaire d’État pour l’US Army de 1975 à 1977, et qui sera président de Lockheed Martin à la fin des années 1990, fit une prédiction devenue célèbre sous le nom de Loi d’Augustine.
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En même temps et plus que jamais, ce n’est pas la valeur d’un bien qui en fixe son prix mais bel et bien la capacité financière de l’acheteur.
Et malheureusement pas que pour les armements.
Article très intéressant, n’est-il pas bon de se demander si ce biais technologique des pays occidentaux n’est pas aussi une excuse des industriels pour gonfler artificiellement les prix en profitant des gros programmes sur plusieurs décénies et avec des budgets variant régulièrement ? C’est peut-être un peu « complotiste » mais je pose cette question.
bjr, belle démonstration, à nouveau, vos articles sont édifiants et interrogent… un point sur nos avions rafale et scaf. si le rafale 5 est apte à gérer des drones legers ou lourds, dès 2030, quel est l’intérêt de partir sur un avion hyperlourd (scaf), hypercher surement qui sera peut être inutile en 2040/45 au vu de la vitesse de l’obsolessence des matériels.
hum hum …
Merci ) La question se pose en effet. Vous pouvez lire ces deux articles de 2023, qui analysent le sujet. Depuis, SCAF est sorti de l’ornière à court terme, donc il faut garder à l’esprit le fait que ces deux articles ont deux ans.
https://meta-defense.fr/2023/08/30/rafale-f5-scaf-besoins-france/
https://meta-defense.fr/2023/03/07/standard-rafale-f5-evoluer-super-rafale/
Le Scaf est sorti de l’ornière, c’est certain, mais la cible technologique reste plus ou moins clairement définie. Il semble que le Rafale F5, hors l’évolution de la plateforme, aura développé toutes les technologies que l’on attend du Scaf en terme de connectivité. Donc le coût du Scaf lui même pourrait être moindre.
Par ailleurs, personne ne sait comment va évoluer la politique d’acquisition d’armement Chinoise. Ils surfent toujours sur une vague de croissance très forte, mais ils vont être confrontés aux mêmes problèmes de vieillissement que nous pouvant entraîner la même aversion au risque. À voir.
C’est bien tout le problème. Personne n’est aujourd’hui en mesure d’anticiper l’avenir opérationnel et technologique au-delà d’une dizaine d’années tant le sujet évolue rapidement. Ce d’autant que l’on risque, sans que cela soit garanti, de voir la Chine prendre l’ascendant et, prochainement, que ce soit elle, non plus les États-Unis, qui définissent le Tempo dans les années à venir.
Dans ce contexte, les programmes qui s’étalent sur 15 ou 20 ans, comme SCAF ou MGCS, ont de grandes chances de tomber à côté, et de devoir, comme NGAD aujourd’hui, en passer par une phase de redéfinition complète, ce qui engendrera retards et surcouts.
C’est précisément en raison de cette incertitude, et pas tellement du déséquilibre franco-allemand qui dépend surtout de questions de point de vue, que je suis aujourd’hui très dubitatif sur ces deux programmes.