L’US Air Force anticipe une révolution de la guerre aérienne d’ici à 2050 (2/2)

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À quelques jours du changement d’administration à Washington, l’US Air Force est à la croisée des chemins. Alors qu’elle fait face à des arbitrages budgétaires difficiles, l’ayant amenée à suspendre le programme NGAD, elle vient de remettre au congrès, un rapport, on ne peut plus déterminant, sur l’évolution de la guerre aérienne d’ici à 2050.

Celui-ci prédit qu’à cette échéance, les progrès réalisés en matière de missiles antiaériens, permettront d’atteindre une portée de 1500 km, alors que l’utilisation conjointe de galaxies de satellites et de drones, dessinera une Kill Web sur l’ensemble de cet espace aérien adverse ou allié, l’interdisant à un grand nombre d’aéronefs, dont les avions de soutien, tankers et autre Awacs, et rendant impossible l’acquisition durable de la supériorité aérienne, offensive comme défensive.

Fort de ce constat, qui a fait l’objet de la première partie de cet article, il est possible, à présent, de tracer le portrait-robot de l’avion de combat de 2050, ainsi que des options qui s’offrent dès à présent à l’US Air Force, pour l’avenir du programme NGAD.

Un nouveau portrait robot de l’avion de combat post-2050

Le nouveau contexte anticipé par l’US Air Force, à partir de 2050, sera très différent de celui qui existe depuis la Seconde Guerre mondiale, faisant de la puissance aérienne, le pivot déterminant du rapport de force militaire, sur Terre comme sur les mers. Pour autant, l’USAF n’anticipe pas la fin de la puissance aérienne, mais sa transformation, pour mener des missions à un échelon plus élevé que précédemment, pour jouer un rôle différent, mais tout aussi décisif, dans les années à venir.

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6 Commentaires

  1. Il me semble aussi qu’un aspect non évoqué ici est celui de la destruction du kill web par le combat spatial, la guerre électronique et le cyber. Difficile d’être furtif et d’avoir des liaisons à hait débit; difficile d’avoir ces memes liaisons en ambiance de guerre électronique; et même si les constellations de satellites sont pléthoriques, il doit y avoir moyen d’y faire des trous …

    • Le problème est que si la guerre se déporte en orbite, le syndrome de Kessler semble inévitable, ce qui privera tout le monde de l’outil spatial, pendant plusieurs siècles. Il est peu probable que la Chine ou les Etats-Unis s’engagent dans ce domaine, ils dépendent tous deux déjà beaucoup trop de la force spatiale. Pour la Russie, l’Iran, la Corée du nord, en revanche, c’est une autre question. Ils pourraient voir un interet certains à déclencher ce syndrome en produisant rapidement beaucoup de débris dans les couches basses et moyennes, précisement pour priver les autres de l’outil spatial, hors de portée pour eux.

      • C’est probablement pas du tout ou rien, et on peut imaginer des manière de s’en prendre à ce « complexe reconnaissance-frappe » de manière non cynétique, sans générer trop de débris:

        1/ En tapant le segment sol (relais de transmission, Bases de lancement), avec la limite que ce segment sol risque d’être lui-même dans la bulle d’interdiction;

        2/ En utilisant des techniques de soft-kill: guerre électronique encore sur les communications (même si les communications laser risquent d’empêcher cela assez vite), ou encore en grillant les optiques à distance avec des laser de puissance pour les satellites d’observation;

        3/ Puisqu’on est à échéance 2050, on peut extrapoler un peu la technologie, et imaginer des systèmes de capture (ex. un genre de X-37 qui irait chercher les satellites en orbite, ou bien encore des engins qui aborderaient les satellites pour les pousser sur une orbite décroissante, ou bien encore des satellites tueurs qui pourraient griller l’électronique via des impulsions electromagnétiques de puissance … )

        4/ Et évidemment, il y a là dedans une dimension cyber à prendre en compte.

        Cela étant, ne nous leurrons pas: ce kill web sera hautement redondant (les constellations de type Star link donnent une idée des ordres de grandeur à attendre), capable de se regénérer par l’envoi de satellites de remplacement en grappes, donc ces moyens d’action ne pourraient vraisemblablement que permettre une suppression limitée dans le temps et l’espace (pun intended), et ouvrant une fenêtre d’opportunité opérationnelle.

  2. Ce que je comprend de l’article est l’absence totale d’évocation de l’Europe ne tant que possible compétiteur sur ces domaines.
    Il est vrai que la politique de mainmise sur les industries et les technologies imposée par l’Allemagne en Europe pose problème à l’ensemble des membres de la communauté.
    Ce n’est cependant pas une raison pour abdiquer et la construction d’une véritable politique de défense commune devient un nécessité vitale.

  3. On est dans une période transitoire , les jets sont toujours pertinents .
    Toutefois la menace des missiles de plus en plus performants et l émergence des drones va modifier certaines doctrines .
    L Ukraine a montré que l on pouvait neutraliser une force aérienne ,même supérieur en nombre, ça n’empêche pas les jets de remplir certaines missions spécifiques .
    De plus l’ interception d’éventuel intrus aérien réclame une certaine réflexion des pilotes , les drones ne sont pas adaptés pour ça, on abat pas automatiquement un appareil civil égaré qui ne répond pas à la radio.
    Le changement se fera progressivement .

  4. Dans un environnement aussi complexe, pourquoi ne pas déployer une importante force de missile? Je ne vois plus l’intérêt des avions de combat. C’est très complexe, pour quel gain. Les systèmes décrits sont trop chers. J’ai l’impression de revivre la navette spatiale face à Ariane. La navette était super, mais pas n’a jamais fait sont service de satellite moins cher qu’Ariane. Entre les bases aériennes, les pilotes, les mécaniciens, le MCO, l’avion de combat est il encore l’arme dominante? Dans un tel environnement, pourquoi continuer à faire des jets?

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