L’arrêté publié le 23 décembre 2025 a entériné le désarmement prochain du sous-marin nucléaire d’attaque Perle, ultime sous-marin de la classe Rubis, et provoqué un réajustement immédiat du parc opérationnel. Cette décision ouvre une phase durant laquelle seulement cinq sous-marins nucléaires d’attaque seront disponibles, tandis que la Marine nationale mise sur la montée en puissance de la classe Suffren pour préserver ses effets stratégiques.
L’enjeu ne tient pas seulement aux performances intrinsèques des nouvelles unités, mais aussi à la réalité des livraisons, à la tenue de la disponibilité opérationnelle et aux marges de manœuvre industrielles. C’est cette articulation entre qualité, cadence et soutien, déterminante à moyen terme, qu’il convient d’examiner.
Sommaire
La mise hors service de la Perle ramène la flotte à cinq SNA
Le retrait anticipé de la Perle abaisse le parc à cinq sous-marins nucléaires d’attaque, ce qui reconfigure sans délai la couverture des zones d’intérêt et les cycles de déploiement. L’information figure dans l’arrêté du 23 décembre 2025, qui prévoit en outre la dissolution des équipages sur 2026 à 2028. Avec une unité en moins, les missions d’escorte, de renseignement et de lutte anti-sous-marine doivent être redistribuées, et la redondance d’effort se réduit. Les implications sont concrètes pour la protection du groupe aéronaval, la couverture des approches de la dissuasion et la présence sur des théâtres éloignés, où les relèves deviennent mécaniquement plus tendues.
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Bonjour,
Il est probable que l’usage de la Perle suite à ces modifications structurelles s’accompagne de limitation d’usage, dans ces condition un retrait anticipé peut s’expliquer.
Par ailleurs Naval Group annoncé le 20/03/2024 la découpe de la 1er tole du SNLE 3G mais également que la production des éléments principaux de la chaufferie avait déjà commencé à cette date. ça donne un ordre d’idée des délais de productions .
par conséquent je pense qu’il est trop tard pour se poser la question de prolonger la série et je doute que NG et TechnicAtome disposent des infrastructures pour mener en parallèle les programmes SNLE 3G et SUFFREN.
Il y a 5/6 ans, la saturation de NG Cherbourg etait largement avancé pour expliqué qu’il était « impossible » de construire plus de 6 Suffren. Depuis, ils ont trouvé la place pour 4 Barracuda néerlandais. Je dirai que cette histoire de saturation industrielle est un argument bien pratique pour clore un débat qu’on n’a pas envie d’ouvrir budgetairement.
bonsoir fabrice et meilleurs voeux pour cette année 2026 qui débute et qui j’espère vous apportera tout le bonheur et toutes les satisfactions que , peut être vous attendez. je n’ai pas écrit depuis plusieurs mois, même si j’essaye de vous lire parfois, mais je dois me faire vieux et je ne retrouve plus votre plume que je me plaisais à lire et relire. vous avez cédé à cette facilité de ces « negres » qui travaillent à votre place, qui produisent beaucoup avec pas grand chose à lire, sauf de grands mots et de la redondance. au bout du compte des idées mais pas d’analyse comme celles que vous faisiez et qui nous galvanisaient et nous donnaient envie de monter au combat. je m’emporte le vieux soldat se réveille, ce n’est plus de mon âge … je vous avais un peu malmené sur un coup de contrariété et je m’en excuse auprès de vous. de la déception , surement, car je ne vous retrouve plus dans vos « nouveautés », c’est le problème de l’âge, il y a un moment ou l’on lache la rampe. je ne sais pas bien ou vous voulez aller et cela vous regarde, votre revue est à vous et vous en faites ce que vous voulez, bien sûr ! vous aurez surment compris que je préférai qaund c’est vous qui écriviez, car cela était plaisant et donnait envie de réagir, même si cela ne vous palit pas toujours. l’on arrive à un âge ou notre esprit ne tolère plus vraiment de carcans. j’espère que vous réussirez dans vos projets , même si je n’arrive pas bien à tout suivre, mais bon je me fais vieux et je radote surement. bonne année à vous et à ceux que vous aimez et qui vous tiennent à coeur, je vous souhaite de mener à bien vos projets et peut être un jour de ferailler sur des idées , mais avec toujours dans le coeur l’amour de notre pays. bonne anne donc à vous et à votre famille. PS : ce commentaire vous est adressé et n’est pas fait pour être publié.
bonjour Morlais
ce n’est pas que j’ai cédé, c’est que je n’avais pas d’autres choix. Je garde la main sur le fonds, puisque c’est moi qui le construit, et notamment les angles d’analyse et ce genre de chose, ce qui me fait dire que vous le nouveau style vous a fait décrocher avant d’arriver sur l’analyse de fonds. Toutefois, j’arrivais à saturation sur plusieurs domaines :
– d’une part, je n’ai plus vraiment de nouveaux angles d’analyse a produire -> pour faire simple, tout ce que je pouvais dire d’original, d’innovant, a deja été ecrit. Franchement, refaire le meme article tous les deux ans, c’est au delà de mes forces.
– d’autre part, je me suis rendu compte ces dernières semaines, de ce qui faisait la spécificité propre de meta-defense, de « ma plume » comme vous dites : je présentais des concepts très abstraits de manière a ce qu’ils soient accessibles au plus grand nombre. Mais c’est un exercice excessivement complexe, raison pour laquelle, pour y parvenir, je ne produisais que un ou deux articles par jour. Ce n’est pas assez pour faire vivre le site, et renouveler dynamiquement le nombre d’abonnés et de visiteurs. Surtout, ca consommait 12 heures par jour, ce qui me menait droit dans le mur.
De fait, j’ai du arbitrer : j’ai renoncé au style en déléguant la rédaction à un IA, mais je garde la main sur l’analyse. Je produis d’importants efforts pour amener l’IA a « baisser en abstraction », mais c’est très difficile parce qu’elle dérive systématiquement vers un style note de synthèse ou think tank, étant donné les analyses produites. D’un autre coté, en produisant 6 à 7 articles par jour, j’ai rétabli les flux, tout en ramenant le temps de travail à un niveau soutenable.
Je suis conscient que cela constitue une régression par rapport a la production passée, essentiellement celle de 2024 d’ailleurs, mais comme évoqué, je n’ai guère le choix. Je vais continué a affiner les réglages de l’IA pour « alléger » le style, et le rendre plus accessible. En revanche, je ne reviendrai pas à de la redaction « full manuelle », ce n’est plus économiquement/physiquement viable aujourd’hui.
je comprends votre approche, il faut bien vivre et tout le monde n’est pas à la retraite, hein vilains profiteurs, mais je n’arrive pas à accrocher à ce style et souvent j’arrête à la moitié ou avant, trop alambiqué. comme je vous l’ai dit je ne vous reproche rien, c’est juste que quand on a eu le top avant, revenir à beaucoup plus bas est très difficile, mais bon c’est la vie. prenez soin de vous la vie est courte
je comprend parfaitement. Et vous n’êtes pas le seul, il faut le reconnaitre, a être rebuté par ce nouveau style. C’est bien pour cela que je fait d’importants efforts dans ce domaine : avez vous lu les 3 derniers articles ? c’est avec la nouvelle directive, précisément pour les rendre plus accessibles… comme en dit, c’est un chantier en développement)
je ne sais pas exactement j’essaye de lire ceux qui m’intéressent le plus (liés à mon arme de coeur, la marine bien sur), mais comme je vous disais je décroche souvent. déjà si « votre negre » pouvait parler au présent, il emploie toujours l’imparfait, bizarre, est ce du a la contruction anglosaxonne ? pour être franc sur certaines analyses j’ai eu l’impression que c’était vous qui écriviez à nouveau, peut être était ce un rêve, mais cela pourrait être un voeux de nouvel an ? en tout cas je vous souhaite de « dompter la bête » et d’essayer de la rendre intelligente, il va y avoir du boulot. mais bon c’est un peu comme les nouvelles recrues, au départ, c’est brut de décoffrage, et puis avec les semaines et les mois de soufrances (et de pertes) on voit naitre de grands professionnels qui viendront enrichir le vivier . bon courage , au fait le scaf est mort, non, tant mieux vous dirais je. j’ai vu ce matin un article disant que airbus DS s’était raproché de SAAB et que ceux étaient ouverts à une coolaboration , à condition que les droits de chacun soient bien précisés et définis au départ ! dommage que ce n’ai pas été le cas chez nous, on aurait évité 7 années de disputes pour rien. bon il ne reste plus qu’à reprendre nos études tout seuls. on va bien trouver le pognon, il n’y a qu’à remettre les fainéants au travail, cela coutera moins cher .
Je suis assez étonné (en fait pas tant que cela, c’est très français) du ton plutôt négatif de cet article et de certains des commentaires faits sur le sujet.
Pourtant, le retrait du SNA Perle est annoncé en même temps que la livraison plus rapide (mais non mentironnée) des deux derniers SNA de la classe Suffren, 2029 au plus tard alors que jusqu’à maintenant la dernière livraison était annoncée pour 2030. On retire un vieux-sous marin dont l’entretien est de plus en plus onéreux plus tôt parce que les nouveaux plus performants arrivent plus tôt.
C’est plutôt une bonne nouvelle non ?
Naval Group et l’amiral commandant les sous-marins français (interview récente et très intéressante sur You Tube) annoncent un programme achevé à plus de 90%, désormais bien rodé qui fait que si la construction de la tête de série (le Suffren) a duré plus de 13 ans, les deus derniers seront achevés en un plus plus de 7 ans, et donc en avance sur les prévisions. Où est le risque de retard à ce stade ?
Alors, oui temporairement on n’aura plus que 5 SNA en activité (c’est en fait déjà le cas) mais dont quatre vont être neufs, réceptionnés après de récents essais en mer poussés, et qui ne devraient subir dans les années à venir que des arrêts pour entretien peu nombreux et rapides (par rapport à la MCO de SNA construits il y a plus de trente ans).
Par ailleurs, si ni le site du ministère, ni celui de Naval Group n’indique le nombre d’armes emportées par les Suffren, mais sur Wikipedia c’est 24 armes (dont 4 déjà dans les tubes lance-torpilles) qui sont indiquées et non 20…
Et on peut se demander si l’abri qui peut être ajouté sur les Suffren et destiné à transporter un petit sous-marin des forces spéciales ne pourrait pas abriter également quelques mines, si besoin est…
Je serais d’ailleurs intéressé par une réponse sur le sujet…
Par rapport aux SNAs de la classe Rubis, les Suffren sont nettement plus longs (près de 100 m contre 73,5), près de deux fois plus lourds, et pourtant opérés par un équipage de 65 sous-mariniers contre 70 pour les Rubis.
A ce sujet il serait étonnant que les équipages « bleu » et « rouge » dissouts du Perle (en 2026 et 2028) disparaissent dans la nature: leurs marins vont plus certainement, pour la majorité d’entre-eux non touchés par une limite d’âge ou de contrat, être transformés pour servir sur les nouveaux Suffren.
Dans cette interview très récente, l’amiral commandant les forces sous-marines n’exprime d’ailleurs aucune inquiétude sur la disponibilité et le recrutement de nouveaux sous-mariniers en France (alors que l’exemple de pays alliés rencontrant des difficultés lui était donné), insistant plutôt sur la nécessité de recruter parmi les nouveaux sous-mariniers de plus en plus de spécialistes à même de gérer les nouveaux systèmes de plus en plus pointus équipant les nouveaux SNA.
Nous avons donc un programme crucial et de haute technologie mené à bien, de manière performante et maîtrisée budgétairement, ce dont la plupart de nos alliées, à commencer par les USA et le Royaume-uni, ne peuvent se vanter (v. les articles de ces derniers mois et années sur ce site).
Vraiment pas de quoi se lamenter…
Quant aux annonces (assez fréquentes) de nos amis britanniques sur l’augmentation de leur dotation en matériel militaire (dans le contexte de pénurie de personnel que l’on connaît), je pense qu’il vaut mieux attendre pour voir. Des sous-marins supplémentaires voire nouveaux (programme avec l’Australie), de nouveaux navires, un nouvel avion de combat, de nouveaux véhicules (dont ceux rendus nécessaires pour remplacer le désormais célèbre et calamiteux Ajax), etc. N’en jetez plus, la coupe est pleine.
Beaucoup d’effets d’annonces de politiciens qui se font plaisir et ont besoin de dissimuler les ratés de ces dernières années (dotation en F35 famélique pour deux porte-aéronefs qui sont eux-mêmes assez critiqués, absence d’artillerie performante, problèmes avec l’Ajax et sort du Challenger 3, etc.), et puis il y a la réalité…
Je préfère alors une attitude plus discrète (les fanfarons ne sont pas ceux qui ont la réputation de l’être) et des programmes performants (Rafale, Suffren, FDI, etc.) bien menés, dans les temps et en termes de budget.
Tout n’est pas parfait en France (et on peut effectivement se poser la question de SNA/SNLE supplémentaires, d’un second porte-avions, du nombre de Rafale), et je ne sais pas vous, mais moi, quand je nous compare, je me console.
Très bon Réveillon et belle et heureuse année 2026 à toutes et tous
l’article n’est pas critique. il remarque juste qu’il va falloir tourner encore 2 ans à 5 SNA, mais que comme ce sont des SNA neufs, la contrainte sur le contrat opérationnel sera probablement absorbable. En revanche, la marine n’explique pas pourquoi la perle est retirée avant l’améthyste.
Bonjour
N’y a t’il plus de place dans la marine Nationale pour les SS conventionnel ?
Je pense qu’il y a une belle opportunité en profitant du programme Néerlandais Barracuda.
Ces sous-marins compactes de 80m de long profitent de batteries lithium permettant des plongées de plusieurs semaines. Ils sont aussi mieux armés avec une trentaine d’armes et 6 tubes…
Ainsi on pourrait garder les SNA pour les missions au long court…
Why not ?
Les Suffren sont des navires de qualité mais trop faiblement armés : 20 armes! C’était ok dans les années 80, 90 voire 2000, pour faire la chasse aux sous-marins « soviétiques » et assurer une domination opérationnelle face aux divers pays peu avancés. Et cela suffit encore pour l’escorte d’un groupe de surface, la lutte anti-sous-marine et le renseignement.
Mais en 2026, dans l’hypothèse. d’un conflit majeur à l’autre bout de la méditerranée, au milieu de l’Atlantique, dans l’ocean indien ou le Pacifique le bâtiment sera vite à court de munitions, avec un impact opérationnel limité.
Admettons que l’on conserve 2 torpilles et 1 Exocet pour le voyage retour, il reste 17 armes…
– 1 modeste salve de 4 Exocets contre un groupe de surface ou la navigation ennemie ?
– 10 torpilles permettant quelques engagements contre des sous-marins ou groupes de surface adverses.
– restent 3 missiles de croisière, autant dire pas grand chose. On peut se demander quel est le véritable intérêt de cette capacité compte tenu du volume potentiel des salves, limitées en pratique par l’usage des tubes lance-torpilles.
Et avec cette dotation « standard » pas de mines, drones ou missiles anti-aériens… Ou alors il faut gréer le bâtiment pour une mission précise = pas de polyvalence et flexibilité, perte de temps, de discrétion et potentielle vulnérabilité pour gagner un port et charger les arme nécessaires à la mission.
Revendons les à des pays qui ont des ambitions maritimes plus limitées au fur et à mesure que nous produirons au moins 7 SNA un peu plus imposants avec 18 lanceurs verticaux et des berceaux pour 32 armes (6 tubes à la place de 4 seraient les bienvenus)
Vu le coût d’entretien, des équipages et des réacteurs sur la durée de vie des bâtiments, et le prix minimal d’un bon SNA autant investir un peu plus et disposer dé bâtiments polyvalents avec un fort impact opérationnel…
Évidemment dans l’absolu plus on a de SNA mieux c’est, mais il faut faire des arbitrages avec les autres besoins de la flotte. Avec 7 bâtiments il serait possible d’en baser un dans le Pacifique.
Les Suffren ne sont pas des SSGN, ce sont des hunter killer, conçus par detecter, traquer et détruire les sous-marins et navires adverses venant menacer les groupes navals et les infrastructures de la Marine nationale. Par ailleurs, la saturation n’est pas la seule alternative pour mettre au bout. Intercepter un SM40 est tout sauf aisé, car le missile évolue très bas, il manoeuvre et dispose de plusieurs modes de guidage complémentaires. C’est le meme débat que concernant les SM2/ESSM vis à vis des Aster 30/CAMM. Avec 64 silos SM2, on a peu ou prou la meme capacité d’interception que 32 silos Aster 30 : non pas que l’Aster 30 soit deux fois plus performant, mais il offre un taux d’interception antiaérien, antimissile et antibalistique suffisant pour du shoot-see-shoot. Mécaniquement, on utilise deux fois moins de missiles que pour le SM2, qui repose sur du Shoot-Shoot-See.
il faut donc être prudent avec les jugements « évidents », dans ce type de domaine.
Autre exemple parlant : longtemps, britanniques, allemands et italiens vantaient la supériorité supposée du Typhoon sur le Rafale, en raison de ses moteurs plus puissants. Et il est vrai que le EJ200 pousse plus que le M88. Pourtant, le moteur français régule mieux, consomme moins et au final, convient bien au Rafale, faisant de l’avion français un champion des exportations mais aussi des théâtres d »opération. Pourtant, « sur le papier », le typhoon semble effectivement meilleur : plus puissants moteurs, radar plus puissant, plus de carburant interne….
Investir « un peu plus » pour faire un SSGN, c’est effectivement pouvoir emporter « plus de missile », c’est aussi avoir un soum plus gros, moins agile, qui accélère moins vite, qui a besoin de deux réacteurs, et donc, plus un hunter killer. Faut il avoir des SSGN en france ? peut être, la question se pose en effet. Est ce qu’il aurait mieux valu faire des SSGN plutot que des SNA Suffren, c’est beaucoup beaucoup plus discutable…
Réclamer plus d’armes c’est aussi ignorer la réalité du combat sous-marin moderne, où les rares opportunités de tir sont coupées de longues périodes d’approche, d’attente, de dérobade. Par ailleurs, cela veut dire des bateaux plus gros, ce qui se paye en maniabilité dans le combat par petits fonds. Et ne parlons pas du coût supérieur. Les Suffren constituent en réalité un compromis coût/capacité très interessant. On peut juste regretter de ne pas en avoir davantage, malgré les difficultés industrielles et RH.
Cher Fabrice,
Vous m’avez déjà répondu par le passé que les Suffren étaient conformes à la « doctrine » de la Marine (hunter killer), mais c’est bien cela que nous remettons en question : avec l’évolution du monde celle-ci est dépassée et nous prive d’une opportunité de projection de puissance efficace dans les 20 ans à venir : le SNA avec une capacité de lancement vertical pour missiles anti-navires hypersoniques et missiles de croisière, et un stock d’armes permettant d’opérer des croisières prolongées. J’ai noté avec un sourire que dans un de vos articules suivants vous mentionniez (en parfait accord avec mon constat) l’intérêt d’équiper les Suffren de VLS.
Les classe Los Angeles de 6-7000 tonnes ont 12 VLS depuis longtemps (le minimum pour réaliser des frappes sérieuses contre la terre) et environs 26 armes, les Astute de 7-8000 tonnes 32 armes (dont des tomahawks, qui ne sont pas en silos mais peuvent être tirés en salves plus sérieuses depuis les 6 tubes lance-torpilles), les Virginia de 7-8000 tonnes 12 VLS et 26 armes, les dernier Virginia sont de vrais SSGN avec un total de 40 VLS. Quant aux russes ils sont un peu dans la démesure… Avec la technologie de 2026 et le savoir-faire français je pense que l’on peut trouver le compromis idéal pour un navire polyvalent de peut-être 8000 tonnes.
La proposition était le format maximum, mais on peut très bien s’ajuster légèrement à la baisse :
Seulement 16 VLS pour une salve de 6 missiles antinavires hypersoniques et 10 missiles de croisière (avec ce volume nous sommes dissuasifs et pouvons générer un impact)
6 tubes lance-torpilles dont 4 chargés de torpilles et 26 berceaux d’armes en salle des torpilles, apportant une flexibilité et une capacité à opérer longtemps et en toute discrétion. Visons 30 armes au total avec une dotation « standard » de 18 torpilles F21, 4 Exocet pour l’auto-défense, l’attaque d’escorteurs ou contribuer à saturer les défenses adverses au profit des missiles hypersoniques, 2 missiles anti-aériens encapsulés pour se protéger des appareils de patrouille maritime, 2 drones de reconnaissance et 4 mines « torpilles » intelligentes pour procéder à des minages ponctuels à forte valeur ajoutée (mine réglée sur la signature sonore des porte-avions chinois par exemple?). On peut ne garder que 2 mines et les remplacer par des drones ou des Exocets… L’adversaire n’en saura rien.
La dotation en armes peut évoluer selon la mission : frappe contre la terre (16 missiles de croisière + 4 en soute), frappe anti-surface (16 missiles hypersoniques et complément d’Exocet), opération de minage des côtes (16 mines, 8 torpilles, 3 missiles anti-aériens, 3 Exocet)…
Les drones sous-marins permettront d’évoluer en avant du SNA pour repérer l’adversaire ou d’éventuels champs de mines, et en se projetant on peut imaginer que les VLS pourront lancer des drones de reconnaissance pour repérer et frapper des groupes de surface au moyen de missiles hypersoniques.
La présence effective voir seulement soupçonnée d’un seul SNA de ce type sur une zone serait de nature à peser sur le cours de évènements, en limitant la liberté d’action de n’importe quel adversaire.
Oublions les convenances, soyons un peu visionnaires et ouvert d’esprit, et orientés effets / efficacité opérationnelle si l’on veut garder une prise sur notre avenir.
oui mais comme un Suffren coute un peu plus de la moitié d’un Astute et du quart d’un virginia, faites le compte …. C’est loin d’être aussi tranché que ca. Perso, je préfère avoir 12 Suffren que 7 Astute, ou que 3 Virginia…. Ils faut tout mettre en perspective : c’est comme les FDI vs les burke : le Burke emporte 90 VLS contre seulement 32 pour la FDi, mais coute le prix de 3 FDI… avec trois FDI, vous avez donc la meme de puissance de feu théorique qu’avec 3 Burke, mais vous êtes plus present, plus résilient, vous avez une couverture de l’espace plus étendue, etc…
Dire « avec plus de munitions c’est mieux », c’est presque un pléonasme. Maintenant, votre armement ne vaut qu’avec votre position, votre capacité a etre sur place, et à etre en bonne position…
Cela reste une question de doctrine, mais aussi de ressources humaines : par évident de maintenir des équipages doubles pour 12 Suffren… Je pense aussi que Naval Group fera proportionnellement moins cher que nos amis américains et anglais.
De mon côté je préfère 7 « Suffren NG » capables de sérieuses frappes anti-navires et contre la terre avec quelques équipements différentiants (missiles antiaériens, drones, mines), avec 6 sous-marins classiques pour l’export, la protection des approches maritimes et une présence en mer rouge, et 8 frégates submersibles type Smx 25 qui peuvent naviguer à haute vitesse en surface, tirer des missiles divers y compris anti-aeriens et plonger pour s’abriter…
Nous pouvons vendre les Suffren à des pays européens (Italie, Espagne, autre?), ils ne seront pas perdus…
Allez, pour limiter le prix d’achat on limite à un bâtiment homogène de 7000t maximiser, 12 VLS, 6 tubes dont 4 chargés et 24 berceaux pour un total de 28 armes. C’est un peu juste mais ça fera l’affaire. Mais c’est mon dernier prix!😉
Naval group sait faire moins cher non pas par magie, ou parce qu’il a des couts de production plus bas, mais parce qu’il arrive à faire dans une coque de x tonnes, ce qui nécessite une coque de 1,5x tonnes à BAe ou 2x pour HII. Il n’y a aucune raison de penser qu’un SSGN produit par NG pour emporter X missiles en silo, coutera moins cher qu’un SSGN équivalent produit par les britanniques ou les américains.
Quand au SMX 25 …. il a été présenté il y a 15 ans au salon euronaval comme une étude conceptuelle… depuis, NG n’en a plus parlé : ce n’est certainement pas pour rien.
Tout a fait d’accord Fabrice et on peut ajouter que depuis le dernier exercice de l’OTAN auquel a participer le Suffren ……bin il le cherche toujours 🙂
Fabrice avait aussi écrit que les Suffren méritaient des VLS pour des frappes à impact (je crois que je n’ai plus accès à l’article), qu’en avoir plus de 7 serait difficile et qu’il serait utile de disposer de sous-marins : « Or, la Marine nationale estime que, dans le meilleur des cas, elle pourra disposer, au mieux, de 25 à 26 équipages nucléaires, ce qui limite sensiblement ses options de croissance, ce d’autant que la flotte de SNLE pourrait devoir augmenter dans les années à venir, et que l’hypothèse d’un second porte-avions devient bien plus précise, maintenant que le budget des armées françaises est augmenté à la hausse pour atteindre, selon les dires du ministre Sébastien Lecornu, 90 à 100 Md€, d’ici à 2030.
Dès lors, si ces capacités budgétaires permettraient d’accroitre la flotte de SNA français de plusieurs unités, les contraintes humaines semblent s’y opposer, au-delà d’un unique navire. C’est dans ce contexte qu’un Barracuda électrique-nucléaire pourrait apporter une solution évidente, pour la Marine française.
En effet, un tel navire serait en mesure d’assurer de nombreuses missions aujourd’hui confiées aux SNA français, comme la protection de la dilution des SNLE, des missions de surveillance de détroits et des espaces maritimes français, ou encore, des missions de renseignement. Ce qui, dans le même temps, libèrerait les SNA pour des missions pour lesquels ils sont dimensionnés, comme la chasse aux SNLE adverses, ou la protection des groupes aéronavals et amphibies ». (il oublie de mentionner la frappe contre la terre ou destruction de groupes aéronavals adverses)
J’étais et je reste parfaitement aligné avec le Fabrice de ce moment là et je ne serais pas surpris qu’il change à nouveau d’avis en courant d’année prochaine… 😉 Quant au concept SMX-25 je pense qu’il était en avance sur son temps et que c’est une solution d’avenir pour conjuguer vitesse en surface, capacité anti-aériennes, exploitation de drones aériens, avec la discrétion en plongée et l’emport d’un petit volume de torpilles lourdes pour la lutte ASM…
vous partez du principe que le double équipage s’impose pour tous les navires à propulsion nucléaire, mais c’est hautement discutable. Avec 12 SNA, on peut très bien se satisfaire d’une structure a simple équipage, en optimisant les prises d’alerte. Le double équipage est une posture « temp de paix », pour permettre de faire plus avec moins de coque. En temps de guerre, moins de coque est un handicap évident.
Donc si le format « devait » rester à 6 coques, effectivement, avoir davantage de puissance de feu aurait été un avantage, en temps de paix. En temps de crise aigue ou de guerre, c’est le nombre de coque armées d’un équipage qui prime. Nous sommes en temps de crise aigue.
Bon, on s’inquiète des stocks de MdCN, moi je m’inquiète surtout de l’absence des MdCT qui permettrait à l’Ukraine de détruire le complexe militaro-industriel de la Russie. Ça avance de ce côté là ? Toujours pour 2028 le premier tir, pas avant ?
Accessoirement, il ne faut pas oublier l’attrition inhérente à la guerre : si un SNA devait malheureusement être coulé ou endommagé, les capacités seraient rapidement réduites à 4 coques, soit une permanence d’une seule coque à la mer !