Dévoilée à Mar‑a‑Lago, la Trump class a été présentée comme le cœur d’une relance navale, avec des bâtiments compris entre 30 000 et 40 000 tonnes, embarquant des missiles hypersoniques, des canons électromagnétiques et des armes à énergie dirigée, tout en assumant un rôle de commandement avancé. L’annonce a promis deux premières coques, dont l’USS Defiant, avec une trajectoire affichée vers 10 unités puis un possible élargissement vers 20 à 25 navires, dans le cadre du programme Golden Fleet. La charge symbolique a été pleinement assumée, de l’esthétique du navire au choix du nom de classe, et le message a visé autant l’opinion que les partenaires industriels.
Ce cadrage ambitieux a toutefois rouvert une question ancienne qui dépasse la seule architecture des systèmes d’armes et la silhouette des coques. La United States Navy US Navy a besoin de masse, de régularité de commandes et de maturité technique, alors que la séquence politique actuelle privilégie des jalons visibles et des navires‑vitrine. Le défi central est donc de savoir si la Trump class corrige ou reproduit les mécanismes qui ont déjà désorganisé la construction navale américaine, avec à la clé des coûts en hausse, des retards et un affaiblissement industriel qui pèseraient directement sur la crédibilité en Indo‑Pacifique.
Sommaire
Les annulations en série et l’abandon de Constellation ont fragilisé la chaîne navale américaine
Les années passées ont enchaîné des épisodes d’annulations, de reconfigurations et de séries raccourcies qui ont abîmé la planification et la mémoire industrielle, et cette dynamique pèse encore sur les choix actuels. Les programmes emblématiques comme les destroyers furtifs et les bâtiments littoraux ont été revus ou tronqués, et leur héritage se lit dans des chantiers en retard, des révisions coûteuses et une chaîne de sous‑traitance fragilisée par les à‑coups, ce que résume la séquence d’annulations et reconfigurations répétées. Cette instabilité a brouillé la visibilité des industriels, qui ont alterné périodes de surchauffe et creux, avec une érosion progressive des compétences rares.
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La classe Trump a été conçue d’abord pour flatter l’ego démesuré du Président américain, et son amour affiché pour les « gros bateaux ». Les questions opérationnelles et de stratégie militaire sont hélas passées au second plan… l’US Navy devra donc faire avec ! Le coût s’annonce par ailleurs stratosphérique, ce qui devrait conduire tout naturellement ce programme sur une voie de garage en 2029, aux côtés des DDG Zumwalt. Encore une occasion manquée pour l’US Navy, dans un contexte où le temps perdu pourra désormais difficilement être rattrapé face à la Chine.
Plutôt que de concentrer ses moyens sur un faible nombre de « gros bateaux » surarmés, il aurait vraisemblablement été plus pertinent de distribuer cette force de frappe sur un réseau de grands drones de surface (environ 1000 tonnes, à titre indicatif), peu coûteux mais très nombreux, agissant en coordination avec des frégates/destroyers.
Côté français et européen, c’est vers ce schéma que nous devrions tendre pour remonter rapidement en puissance.
Pour corser le tout, Trump fustige le design actuel des navires de surface, alors s’il se met à la planche à dessin les ennuis de la Navy ne sont pas finis…
J’avais entendu dire que les américains avaient abandonné l’étude des Railgun, personnes n’a mis Donald au courant ?
Après la classe TROMP aux pays bas dans les années 80, la classe TRUMP aux US maintenant…
Sauf que le hollandais n’était pas un Amiral de pacotille lui !
Avec cette dichotomie entre Trump battleship trop couteux et ambitieux, et FF(X) pas assez armées, l’US Navy a déjà perdu la confrontation avec la Chine. En admettant même que les unités soient construites.
Il y a des fortes chances que la Trump class se terminera a 2 exemplaires en 2029. Il serait interessant de connaitre les conseils qui ont amené ce projet a Trump?
Pour répondre à votre question : son ego.