jeudi, mars 5, 2026

L’Egypte veut produire et exporter les Barracuda de Naval Group

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Les négociations entre Paris et Le Caire autour de sous‑marins dérivés des Barracuda ont progressivement glissé d’un simple achat vers un débat sur la fabrication locale et la faculté de revendre des versions produites en Égypte. Initiées en 2022, elles portent sur quatre unités conventionnelles, pour un montant évoqué entre 4,5 et 6,0 milliards d’euros, avec une première mise en service envisagée entre 2032 et 2035.

Cette inflexion place la France devant une équation délicate où s’entrecroisent transferts de savoir‑faire, contrôle des configurations et protection des technologies sensibles. Dans le même temps, la capacité française demeure contrainte par des programmes nationaux et des exportations en cours, ce qui explique l’absence de signature à ce stade et éclaire l’enjeu industriel qui se dessine.

En Egypte, le programme Barracuda inclut production locale et réexportation

Le Caire a choisi d’ancrer la discussion sur des fondations industrielles ambitieuses, en demandant des droits de production élargis et de réexportation plutôt qu’une simple livraison clés en main. Cette orientation implique, au‑delà de l’assemblage final, une montée en puissance locale et une gouvernance du soutien sur la durée, ce qui a, jusqu’ici, repoussé la signature. La négociation ne porte donc plus seulement sur la fourniture de quatre navires, mais sur une architecture de responsabilité partagée et d’indépendance graduelle du tissu industriel égyptien, avec des conséquences directes sur la maîtrise technologique, la conformité export et la traçabilité des versions livrées.

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8 Commentaires

  1. C’est un peu ce qui se passe avec Dassault en Inde … Non ?
    La BITD Française fonctionne, et avec ces marchés délocalisés, elle trouve des débouchés. C’est bien. Il reste le risque de faire émerger un futur concurrent. L’inde a réellement pour projet de développer ses propres avions.

  2. bonjour, je suis un peu circonspect, sur cet article. si j’ai bien compris NV vend quatre barracuda à l’égypte qui les contruit sous license, mais ensuite il modifiera les plans et constuira sous son propre nom et vendra à des prospects ? vous n’avez pas déjà vu ce type de montage « pourri » des allemands vers la corée et qui pour finir à donné un nouveau concurrent dans le segment des soum ? qu’ils contruisent sous license, pourquoi pas , ce ne sera pas le premier, mais leur laisser le droit et la capacité à venir nous concurrencer avec nos propres matériels, DANGER … je verrai plus, mais je ne suis pas décideur, un partenariat avec la grèce, avec qui nous travaillons déjà sur les FDI. ils vont avoir besoin de remplacer leur soum, pourquoi pas leur proposer d’en faire une partie eux mêmes ? après s’il y a d’autres contrats on peut sous traiter de la fabrication, cela serait plus logique.

    • non, ils vendraient le même modele que celui produit. Effectivement, comme les Type 209 KSS-1 sud-coréens en Indonésie.
      Il faut cependant distinguer « pouvoir exporter » et « savoir faire tout seul », ce sont deux choses différentes. et l’Egypte n’est pas la Corée du Sud, il n’y a ni Daewoo, ni Hyundai… donc l’analogie a ses limites. Et comme dit dans l’article, si pas nous, ce sera le Type 212NFS, ou le S-80, voire le KSS-III. Nous serions seuls a savoir faire, ce serait une chose, mais dès qu’on est plusieurs, l’acheteur est en position de forces.

      • excusez moi si j’ai mal compris, mais vous dites dans l’article, qu’ils seraient à même de proposer des variantes adaptées aux clients. les variantes c(est nous qui les adaptons ou eux, parce que ce n’est pas la même chose , non ? s’ils ne font que trouver du prospect et construire sous license, pourquoi pas sous verrouillage strict.

        • ce n’est pas préciser. Mais tel que j’ai compris la chose, ils ne partiraient pas avec les plans sous le bras. C’est un peu comme les italiens avec le 212NFS, ils peuvent aller le proposer à la vente, il sera construit en Italie, mais la technologie et les composants clés viennent toujours de Kiel.
          Je doute que NG fasse un transfert de technologies complet à l’Egypte, comme celle de tKMS envers Séoul et Ankara. par contre, je les vois bien se dire que l’Egypte représente un vase d’expansion très pratique pour attaquer le marché marocain ou saoudien.

  3. Bonjour Mr Wolf
    Vous êtes toujours optimiste sur le volet industrialisation. Le programme P75 pour la construction de Scorpène en Inde est signé en 2005 et la 1ere mise à l’eau est en 2015.
    Sur le programme PROSUB, certes plus complexe il est signé avec le Brésil en 2008 et le 1er Scorpène sort en 2018.
    Et même à Cherbourg le 1er Barracuda a pris 3 ans de retard.

    Tout ça prend du temps.. 2032/2035 semble donc ambitieux.

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